Dialogue croisé sur les mineurs isolés étrangers : « Tout le monde s’en fout ! »
"J'ai marché jusqu'à vous : récits d'une jeunesse exilée" est un documentaire de Rachid Oujdi, diffusé ce vendredi soir sur LCP. Un film poignant qui a pour sujet le sort des dizaines de mineurs étrangers isolés. Nous avons proposé au réalisateur, qui a notamment suivi des équipes de travailleurs sociaux marseillais, de rencontrer une militante de Réseau éducation sans frontières pour débattre ensemble des enjeux locaux du problème.
Ils sont un peu l'impensé de l'immigration. Les "MIE", mineurs isolés étrangers, autrement dit des jeunes, des enfants de moins de 18 ans arrivés seuls de pays étrangers - Algérie, Afrique sub-saharienne mais aussi désormais du moyen-orient. Réalisateur de Perdus entre deux rives, les Chibanis oubliés, Rachid Oujdi en a fait le sujet de son nouveau documentaire. Il y suit ces jeunes, notamment à travers deux structures : le Saamena (service d'accueil et d'accompagnement des mineurs étrangers non accompagnés), géré par l'Addap 13, qui les accueille trois fois par semaine sans pouvoir les loger, et l'Espace dédié à la santé des jeunes de l'association Imaje Santé. Ces acteurs gèrent l'urgence dans l'attente de solutions pérennes, pour le compte du département, institution qui a notamment en charge la protection des mineurs. Le constat est alarmant : des mois d'attente avant d'être mis à l'abri et des éducateurs qui ferment les portes du local après les permanences sans trop savoir où dormiront les jeunes. Quand ils sont finalement mis à l'abri, ces jeunes vivent dans un répit de durée limitée, puisque leur protection prend fin à leurs 18 ans.
Pour évoquer le film et, au-delà, le sujet des mineurs isolés à Marseille, nous avons souhaité créer un dialogue entre le réalisateur et Anne Gautier, impliquée dans la lutte pour la protection des mineurs étrangers, militante historique du Réseau éducation sans frontières et membre du collectif El Manba (ex-Migrants 13). Leurs échanges mettent en lumière un sujet complexe, où les travailleurs sociaux sont réduits, par le manque de moyens alloués, à une action robotique, contraints parfois à se reposer sur les collectifs informels qui agissent dans l'illégalité.
Rachid Oujdi, qu'est-ce qui a déterminé votre choix du sujet des mineurs isolés comme sujet de ce nouveau film ?
Rachid Oujdi : Forcément, contrairement à une commande, quand on choisit son sujet, le processus de décision est plus compliqué. Il y a des gens autour de moi qui travaillent avec des mineurs isolés étrangers (MIE), dont mon épouse, et c'est un sujet que je connaissais. Pendant le tournage de mon précédent film sur les Chibanis, il y a eu ce terrible fait-divers, ces deux migrants qui avait sauté dans le port pour éviter d'être ramenés dans leur pays, et la noyade de l'un des deux. Je me souviens que la police aux frontières avait dit "ce sont des adultes", pour justifier la fa . . .
Le squatt de la rue Sainte qui hébergeait des mineurs (voir l’article) a été évacué cette nuit (20 au 21) par la police. Pour exiger le relogement des personnes évacuées, rassemblement à 14h devant l’OFFI, 61 bd Rabateau, métro Prado
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Prochaine diffusion
Samedi 29 octobre à 00h30 sur La Chaîne parlementaire https://tv-programme.com/recits-d-une-jeunesse-exilee_documentaire/
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