Deux ans après la visite de Macron, « rien n’a changé » pour les jeunes de Bassens
En septembre 2021, le président effectuait une visite marquante à la cité Bassens, dans le 15e arrondissement de Marseille. La séquence, surmédiatisée, n'a rien changé aux difficultés des jeunes du quartier.
Nasser, 24 ans, devant le local de l'alimentation à Bassens. (Photo : CMB)
Jamais Bassens n'a été aussi propre. Il a fallu faire un grand nettoyage, sortir les canapés, préparer le buffet, avant d'être submergé par la foule. La foule : des journalistes du monde entier, des Marseillais de toutes les générations, parfois venus de loin pour offrir au président un accueil triomphal. Les trafiquants ont été mis dehors, remplacés par des dizaines de SUV aux vitres teintées et des policiers à toutes les entrées. Une armée de médiateurs en gilets orange font l'animation avec les jeunes. Les habitants ne les avaient jamais vus avant dans la cité. C'était le 1er septembre 2021, et Bassens découvrait Emmanuel Macron.
Quasiment deux ans plus tard, les mauvaises herbes rasées pour la visite présidentielle ont eu le temps de repousser partout. Les trottoirs qui longent la petite résidence rose saumon sont couverts d'encombrants. Des chaises, des meubles fracassés, des poubelles renversées. Il faut marcher sur la route, esquiver les voitures garées à cheval ici parce que sur le parking, le vrai, les racines des arbres ont soulevé le goudron. Dans quelques années, Bassens sera rasée pour laisser passer la voie ferroviaire de la Ligne nouvelle Provence Côte d'Azur.
Ce vendredi midi, Tahar tire le rideau pour rejoindre la mosquée. Il tient depuis 20 ans la seule alimentation du quartier. On y trouve des produits d'épicerie, des viennoiseries, du pain frais et des sandwiches au thon à trois euros. Il nous dit : "quand Macron est venu, un journaliste nous avait prévenus qu'une fois rentré dans sa grosse voiture, il nous oublierait. C'est exactement ce qu'il s'est passé." Les jeunes d'ici ? "Ils demandent pas grand-chose, juste du boulot ! Un responsable du président avait pris quelques 06. Les jeunes ont vraiment cru qu'on allait les rappeler, mais rien. C'était de la poudre aux yeux. C'est mal . . .
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La comm’ politique fait des dégâts. Profonds.
On ne le dira jamais assez.
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