Le département coupe toute subvention à une association de soutien scolaire des Flamants

Enquête
le 18 Jan 2017
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Une association du quartier des Flamants, Progressons ensemble, aide depuis 15 ans des dizaines d’enfants à faire leurs devoirs. Peut-être plus pour très longtemps : le conseil départemental a décidé de ne plus lui verser de subvention. Des raisons financières sont invoquées, mais la directrice de l’association se demande si le voile qu’elle et ses salariées portent n’est pas aussi en cause.

Un soir de soutien scolaire avec une des intervenantes de Progressons ensemble. Photo : Nina hubinet.

Un soir de soutien scolaire avec une des intervenantes de Progressons ensemble. Photo : Nina hubinet.

L’ambiance est polyglotte, ce lundi soir, dans les locaux de Progressons ensemble, aux Flamants (14e) : Naïma révise son espagnol, Sofiane relit un cours d’italien, et Mohamed fait ses devoirs d’anglais. Tous les trois sont en cinquième. « Tu as compris ? On utilise l’article « an » quand le mot commence par une voyelle, et « a » quand il commence par une consonne », explique Marie-Pascale, la bénévole qui les encadre, à un Mohamed incrédule. « Je suis plus compétente en anglais et espagnol qu’en italien et allemand, mais je fais de mon mieux ! », sourit cette mère de quatre enfants, dont les cheveux sont couverts par un petit chapeau noir.

Prothésiste dentaire de formation, elle a rejoint Progressons ensemble il y a dix ans et y est restée fidèle. Comme beaucoup d’enfants présents ce soir-là. Eux aussi y viennent souvent depuis le CP. « C’est mieux de faire nos devoirs ici plutôt que chez nous, parce qu’il y a des personnes qui peuvent nous aider, donc on apprend mieux. Et après on a des bonnes notes ! », assure Aymen, qui est en CM2. « Moi j’ai appris mes tables de multiplication ici, avant je ne les savais pas », ajoute Marjane avec fierté.

« Nous allons probablement devoir fermer »

Ces enfants, scolarisés pour la plupart dans les écoles alentour (Flamants, Vayssière, Busserine…), et au collège Edouard-Manet, à 200 mètres de là, trouveront peut-être bientôt porte close. Progressons ensemble n’a pas reçu de subvention du département pour l’année 2016. « Nous recevions 20 000 euros au début, puis 18 000, puis 14 000 », retrace Ourida Messaoudène, la directrice de l’association. « Là, nous sommes passés à zéro. Nous allons probablement devoir fermer », se désole-t-elle. Sur un budget annuel d’environ 65 000 euros, le trou causé par la perte de cette subvention risque en effet d’être fatal pour l’association, qui accompagne chaque année entre 60 et 75 élèves de primaire et collèges.

Ils viennent faire leurs devoirs dans ses locaux tous les soirs de la semaine, de 17h30 et 19h15. « Nous recevons 8000 euros du « Contrat de ville » [l’ancien Cucs, un financement conjoint de l’Etat et de la ville de Marseille pour les quartiers prioritaires, ndlr]. Et chaque famille donne 25 euros par mois, 20 euros pour le deuxième enfant de la même fratrie », détaille Ourida Messaoudène. «  Je ne peux pas leur demander plus. Plusieurs parents ont déjà retiré leurs enfants quand nous avons dû augmenter nos tarifs suite à d’autres baisses de subvention. »

Soutien des acteurs associatifs du quartier

Le 6 janvier dernier, la directrice de Progressons ensemble avait un rendez-vous au conseil départemental. Cela faisait des semaines qu’elle demandait à voir Sylvia Barthélémy, la vice-présidente du Conseil départemental déléguée à la politique de la ville. Elle a finalement été reçue par deux techniciens, qu’elle est allée rencontrer accompagnée d’autres acteurs associatifs du secteur, venus la soutenir : Daniel Linon, le directeur du centre social des Flamants, Fatima Mostefaoui, présidente de la Confédération syndicale des familles (CSF) aux Flamants, Pierre Lezeau du Collectif du grand Saint-Barthélémy, Thierry Dargent de l’association Média 2 et Vincent Rabayrol, maître formateur de l’Éducation nationale et ancien instituteur à l’école des Flamants.

Face à cette large délégation, les techniciens du département ont avancé les mêmes arguments que Sylvia Barthélémy, interrogée par Marsactu. « Le problème c’est que cette association est en déficit, pour la deuxième année consécutive… Nous ne sommes pas là pour combler des déficits. » Pour appuyer ses propos, l’élue d’Aubagne cite un rapport de la Cour des comptes de 2014, disant que les collectivités peuvent être mises en cause lorsqu’elles soutiennent des structures qui traversent des difficultés financières. « Il y a d’ailleurs eu un audit de nos services l’an dernier, et cette association est passée d’un indicateur orange au rouge. »

Ces problèmes financiers, Ourida Messaoudène ne les nie pas. Mais ils n’ont pas entraîné son passage au « rouge », comme l’affirme Sylvia Barthélémy. De légers dysfonctionnements administratifs justifient un indicateur « orange », peut-on lire dans le rapport d’audit, que Marsactu a pu consulter. Mais suite à la mise en place des recommandations formulées par le conseil départemental, Progressons ensemble est repassée en « vert » en octobre dernier, comme l’atteste le contrôleur de gestion qui a réalisé l’audit. « Et notre déficit actuel, de 14 000 euros, n’est pas dû à une mauvaise gestion », souligne la directrice de l’association. »Il date de 2014, lorsque la région s’est désengagée, nous privant d’une subvention de 18 000 euros. Avant cela, nos comptes ont toujours été à l’équilibre. »

Discussions sur le voile

Selon elle, le retrait des deux institutions, à deux ans d’intervalle, ont une même cause : le voile qu’elle et ses six intervenantes (trois salariées en contrats aidés et trois bénévoles) portent sur la tête. « J’ai eu des salariées qui n’étaient pas voilées auparavant. Il se trouve qu’en ce moment elles le sont toutes, mais je ne les ai pas choisies pour ça », précise-t-elle. Or la chargée de mission du conseil départemental, nommée après les élections de 2015, aurait eu, selon la directrice, plusieurs discussions avec elle sur le sujet, lors de ses visites à l’association. « Elle m’a dit notamment qu’elle ne supportait plus de voir « ces femmes voilées, avec leurs longues robes, et ces hommes barbus » dans la rue… » Un autre acteur de la politique de la ville confirme le malaise de la chargée de mission du département.

Marsactu a tenté d’interroger cette chargée de mission, mais s’est vu opposer le refus de Sylvia Barthélémy. « On ne fait pas la chasse aux femmes voilées ! Ça n’a rien à voir », rétorque l’élue, qui insiste surtout sur la situation financière de l’association. « Nous devons réduire tous nos budgets, donc nous sommes obligés d’être plus rigoureux. Et notre mission est de financer des projets, pas du fonctionnement. »

Du côté de la région, l’ancienne conseillère régionale qui était en charge de la politique de la Ville en 2014, Fatima Orsatelli (divers gauche), confirme que le voile de la directrice et des intervenantes posait problème : « Cette association était effectivement cataloguée comme intégriste par les institutions. Mais lorsque je suis allée les voir, j’ai pu constater qu’elles faisaient un travail très sérieux auprès des enfants. Je les ai donc prévenues sur les incompréhensions que le voile pouvait générer. »

Elle dit avoir ensuite proposé à Ourida Messaoudène de mettre en place un contrat d’objectifs sur trois ans, proposition à laquelle cette dernière n’aurait pas donné suite : c’est principalement pour cette raison que le financement de la région s’est arrêté selon l’ancienne élue. « Elle ne m’a jamais parlé de ce contrat d’objectifs, s’étonne la directrice de Progressons Ensemble. Hormis nos discussions sur le voile, elle m’a simplement dit que notre action ne rentrait plus dans les prérogatives de la Région, parce que nous n’avions pas assez de lycéens ».

« Totalement laïque » selon la préfecture

Quant aux soupçons de prosélytisme, ils existent depuis la création de l’association. L’Éducation nationale avait d’ailleurs diligenté une enquête dès 2003 sur ce point. Et avait conclu que les intervenantes, voilées ou pas, ne faisaient pas de prosélytisme auprès des enfants. « Je suis allé plusieurs fois visiter cette association que nous finançons : ils font un très bon travail, et de manière totalement laïque », confirme Marc Lasserre, le délégué du préfet en charge des quartiers Nord.

Même incompréhension à l’école des Flamants. « Le suivi est très sérieux, les enfants qui y vont progressent… C’est un bon palliatif quand les parents ne peuvent pas faire faire les devoirs », estime Stéphane Montbrun, instituteur d’une classe de CM2 de 24 élèves, dont un quart fait ses devoirs à Progressons ensemble. Plusieurs enseignants ou anciens enseignants de l’école ont d’ailleurs écrit une lettre déplorant le retrait du conseil départemental, qu’ils comptent remettre à Martine Vassal.

« Nous faisons de l’accompagnement scolaire au centre social, de la dernière section de maternelle à la troisième. L’association culturelle, éducative et sportive des Flamants fait aussi du soutien scolaire, mais à une plus petite échelle que Progressons ensemble », précise Daniel Linon, directeur du centre social. « Le seul objectif de cette association est de faire réussir les enfants. Si elle fermait ses portes, cela risque d’être un problème supplémentaire pour les Flamants. Le centre social ne peut pas tout faire, et c’est la diversité des acteurs qui fait la richesse associative du quartier. » Pour faire passer ce message aux financeurs publics, des habitants des Flamants envisagent désormais d’investir la rue.

 

Actualisation à 12 h 39 : Correction d’une citation de Daniel Linon à la demande de l’intéressé.

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Commentaires

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  1. marseillais marseillais

    Un article bien écrit, argumenté, qui pose indirectement et avec objectivité la problématique du voile porté par des responsables associatifs dans les quartiers, et du positionnement des collectivités locales.

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  2. barbapapa barbapapa

    Que des enseignantes voilées de noir, quel déplorable exemple et quelle pression malsaine sur des enfants !

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  3. Renardsauvage Renardsauvage

    Le problème est-il le port du voile ou l’aide aux devoirs d’enfants issus de l’immigration et bien souvent français. Pourquoi cette association a-t-elle des difficultés financières ? Y a-t-il des permanents salariés ? J’aimerais en savoir plus pour savoir s’il s’agit de discrimination ou bien d’autre chose. Les ėlus ne peuvent ignorer que l’ėcole permet å ces enfants de s’intégrer par le savoir. S’il s’agit de politique au faciès, alors il s’agit d’une volonté de creuser la différence. Les associations prennent souvent la place laissée vide par les institutions. Je suis quand même interpellé par cette décision non motivée. Un recours doit être fait pour connaître les véritables raisonsur. Le Front National ne se comporterait pas différemment. A suivre.

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  4. Happy Happy

    Je suis consterné par les arguments du Département et attristé par les premières réactions de lecteurs qui se focalisent sur le morceau de tissu sur la tête de ces dames qui aident des enfants à apprendre des tables de multiplication (prosélytisme pour l’algèbre arabe ?).
    De mon point de vue, si on prend le juste recul à la fois vis-à-vis des réactions épidermiques au foulard et des arguments comptables poussés à l’absurde, je vois dans cette histoire qu’une action valorisante pour ces femmes et pour les enfants qu’elles aident, avec de résultats concrets très précieux pour leur scolarité, est menacée pour une économie de… 16 000 euros par an ? Le budget annuel du Département, c’est combien de millions ? Et la célèbre « aide aux communes » pour financer à coût de millions des salles des fêtes ou des rond-points et accessoirement faire le plein de votes aux sénatoriales ? Et le budget communication du Département pour vanter son aide à Marseille ou asseoir la notoriété de sa Présidente ?
    La vraie bonne gestion publique, à mon avis, c’est de mesurer, avec 16 000 euros annuels investis, quels bénéfices retire la collectivité par l’éducation des enfants, leur scolarité, le lien social dans ce quartier.
    Merci à Marsactu de mettre la lumière sur cet exemple et j’espère que cela aidera cette association dans sa légitime demande d’aide publique. Et au passage, bienvenue à Nina Hubinet dans les colonnes de Marsactu.

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  5. julijo julijo

    Il est certain que l’aide apportée à ces jeunes élèves est importante. Il est certain que dans ces quartiers où certaines familles sont démunies ce soutien scolaire est important.
    Mais pourquoi ces femmes, qui se chargent de ce soutien ressentent elles la « nécessité » de porter leur foulard. Dans un endroit où de jeunes enfants viennent faire leurs devoirs….il ne semble pas possible que leur féminité agresse qui que ce soit…au milieu d’enfants, le foulard les protégerait de quoi ??

    Je ne voudrais pas réduire ce problème de suppression de subvention au fait que ces femmes soient foulardées, mais quelque part, elles m’y obligent. On ne vit pas en vase clos, on ne veut pas faire vivre les enfants en vase clos non plus…notre société est une société laïque et par les temps qui courent et les nuages noirs qui s’amoncèlent on a intérêt à s’y accrocher à notre société laïque. Bien fort. Pour assurer la liberté de tous.
    Je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces femmes qui au sortir de l’emprise des frères musulmans ou de daech s’arrachent leurs voiles –déguisement imposé disent-elles- à tous ces hommes qui se rasent rapidement….et dans nos quartiers aux Flamands elles s’imposent avec leurs tissus….et ce qui me gène le plus, sentant, elles le disent elles même, que le port du foulard peut poser problème, elles n’ont pas eu l’idée de l’enlever ??? Qui peut leur expliquer que la liberté d’expression, la liberté de religion, la liberté tout court, ce n’est pas ça.

    La priorité, c’est le soutien scolaire pour des élèves qui en ont besoin, ou bien le port du foulard, signe religieux ostentatoire ????

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  6. Manipulite Manipulite

    Les subventions publiques sont incompatibles avec ces horribles voiles, signes religieux ostentatoires et symboles d’asservissement des femmes. Les collectivités font signer désormais aux associations une charte de laïcité. Les enfants de ces quartiers n’ont pas besoin de ces modèles. Que les dirigeant(e)s de cette association fassent un pas en ôtant les voiles et en rasant les barbes salafistes.
    Ne rien concéder à l’intégrisme rampant. Trop c’est trop !

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  7. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Tiens, revoilà la polémique sur le burkini dans sa version hivernale. Pendant ce temps, à droite, un candidat à la présidence de la République s’affirme « chrétien » sans que personne ne lui demande rien à ce sujet qui le regarde, tandis qu’une de ses proches porterait autour du cou une croix d’un mètre de long si elle le pouvait. La même, connue pour faire dans la nuance, s’est lâchée dans un tweet resté célèbre : https://twitter.com/valerieboyer13/status/774908438417670144

    Y aurait-il des revendications identitaires plus respectables que d’autres ?

    Et en plus, ces femmes apprennent aux enfants à travailler avec des chiffres arabes !

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    • julijo julijo

      Polémique ??? non, pas négociable.
      Que ce soit le burkini, le foulard, la cornette, la kippa, la burka, le pantalon cague braille et une espèce de soutane ou la croix de boyer ……je trouve qu’il y en a assez, des signes religieux, dans « MON » espace public.
      Depuis quelques années on est envahi, à croire que c’est un concours de qui montrera le mieux son appartenance religieuse ! si peu d’identités que ces individus soient obligés de les revendiquer de la sorte ?

      Alors ça crée évidemment des manifestations plus ou moins hostiles ou pas….le racisme et la stigmatisation, le rejet de l’autre sont des défauts déjà bien implantés dans la société française, on en a eu des preuves pénibles dans le passé.

      Alors il faut arrêter. Moi, je suis athée, et personne ne me respecte…je suis très choqué quand je vois une kippa ou un foulard….et tout le monde s’en fout de la sensibilité très particulière des athées !

      Je crois complètement que la religion est l’opium du peuple. Tout le monde a le choix et je le respecte tant qu’on me respecte aussi. Je trouve triste que les gens aient besoin d’un dieu….il vaut mieux croire en l’homme, et vivre et espérer pendant qu’on est sur terre c’est plus sûr !!

      Pour en re-venir au sujet, mon interrogation était : Aujourd’hui, au Flamants, la PRIORITÉ c’est quoi, porter le burkini, le foulard, ou la croix de boyer ???? ou faire en sorte que ces mouflets puissent apprendre leurs leçons dans des conditions normales et « républicaines », puisqu’il s’agit d’argent public.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Moi aussi, je suis gêné par les signes religieux ostentatoires. Mais je constate qu’en France, il n’y a que deux tenues vestimentaires interdites dans l’espace public : on n’a le droit de se balader ni à poil, ni avec le visage masqué.

      Entre les deux, tout est possible. Sauf à vouloir régenter la façon de s’habiller de tout un chacun (tiens, c’est ce que font certains extrémistes qu’on voudrait combattre…), je ne vois pas comment interdire quoi que ce soit en la matière.

      Ce « concours » de démonstrations d’appartenance à telle ou telle sensibilité religieuse devrait surtout nous interroger sur les causes de ce retour en force, dans la sphère publique, d’un domaine qui devrait relever de la stricte vie privée.

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  8. Pitxitxi Pitxitxi

    Les fameuses « économies » du CG ont bon dos, quand on voit encore la dernière opé de com’ de Vassal, qui se prend décidément pour un seigneur : distribuer par milliers lors de l’ouverture de la Capitale du sport des brochures de plusieurs pages, imprimées en couleurs, vantant les mérites du département – et que sais-je encore – qui finiront au mieux dans une poubelle (pleine à en dégueuler sur la chaussée), au pire dans le port avec le mistral qui y soufflait.

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  9. leravidemilo leravidemilo

    La chasse est ouverte. Sur les flamants/Busserine… on tire à vue. -Le conseil régional supprime une subvention parce que il n’y a pas assez de lycéens : c’est le seul argument qui tienne la route, légalement, dans tout ça : Eh oui, une collectivité ne peux pas toujours sortir de ses attributions; Eh oui on a découpé, grâce à la décentralisation que tout le monde (à tort) approuve, bien des choses dont l’éducation nationale, une paille(!) et cela donne « droit » à chacun de retirer le tabouret. (rien qu’avec ça, des milliers d’assos ont fermées. Encore un coup de defferre, au passage!).
    – Le maire de secteur, FN, ne cache pas son intention d’asphyxier les centres sociaux, ferme l’espace culturel lBusserine, où ces mêmes enfants pouvaient accéder à des découvertes artistiques. (et gaudin ne fait rien, laisse filer…) – La politique de la ville distribue ses aumônes, qui permettent juste aux assos de tenir juste la tête hors de l’eau. – Arrive la vague vassal et la droite gaudino estrosienne, qui a vu un voile, alors on réduit puis on supprime…. Dans la foulée la CAF, d’une façon ou d’une autre, réduira ses financements aux assos du quartier, ses règles d’engagement nécessitant, pour certains programmes la complémentarité avec les collectivités (c’est pas grave, ça donnera plus d’argent sur les villes voisines qui elles, respectent leurs centre sociaux (sur Aix par exemple, il y en a 6 et un 7e en préfiguration, plus une MJC et 4 ou 5 autres équipements de proximité, pour 150 000 habitants environ…soit moins que sur le 7è secteur et avec des ressources culturelles et financières incomparables, sur martigues 4 ou 5 en plus de la M.J.C…)
    – Bien sur, avec tout ça, marseille ira bien mieux dans quelques années, avec de l’analphabétisme, de l’échec et du décrochage scolaire en progression, on créera plus d’emploi, une ville intelligente and Co…Notre société crève du développement accéléré des inégalités, la france est en pointe dans toutes les statistiques. Marseille est la ville la plus inégalitaire de france, et celle où les inégalités se développent le plus rapidement, et les inégalités de formation sont les plus durables et les plus coûteuses pour tout le corps social. Et pendant c’temps là, gaudin se goberge, avec les grandes entreprises à la CCI (on est chez nous et les planètes sont alignées…), s’occupe de « son troisième tunnel », des parking vinci, des naming orange sur le stade bouygue…fait le job quoi!
    En réalité, on va dans le gouffre, de plus en plus vite, et en sifflotant…. Bon tout ça c’est bien vrai, mais il n’empêche, y’avait un voile, et même deux…alors ça,non!
    Ah oui,marre aussi de l’inculture marseillaise concernant les associations; nombre d’entre nous sont totalement formatés par les pratiques de leurs élus, enquistés dans 70 ans de defferrisme.: Les assos c’est suspect, c’est les croisières de 3è age de jibrayel, les stages de formation de K Zéribi, les colleurs d’affiches d’andrieux… Non, c’est rien qu’à marseille ça, il faut sortir un peu, voyager…Bien sur que ça se passe aussi ailleurs, pas comme un épiphénomène mais comme des à côté dommageables mais mineurs, rien à voir ni avec le degré, ni avec l’échelle,ni avec la durée que nous connaissons ici.
    Alors le genre « les associations remplissent les vides laissés par les pouvoirs publics », et ben non; bien sur que ça existe, mais c’est un phénomène récent, lié au retrait de l’état et des responsabilités. Dans le domaine socio éducatif ça fait bien plus d’un siècle que les assos font, créent inventent en dehors et à coté des pouvoirs publics, avec une réactivité incomparable, puis se battent pour faire reconnaitre l’utilité sociale et la validité de leurs actions… L’aide au devoir, puis le soutien scolaire, puis l’accompagnement à la scolarité… qui croyez vous qui a inventé, expérimenté, développé ces belles et bienvenues choses là? Les ministres? L’administration publique? Le Mamouth? Vous me la copierez!!!

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  10. leravidemilo leravidemilo

    Par ailleurs et en dernier lieu, il est pour le moins préoccupant de trouver, sur ce forum, des commentaires relatifs à la laïcité qui ne font qu’aggraver les problèmes en la matière. Il y faudrait toute une brochure (les bras m’en tombe comme dit ma copine) mais… On ne peut pas passer alternativement comme ça, d’un regard seulement sous l’angle de la loi, à une opinion et aller-retour. On fait déjà croire , à toute une génération, que la laicité c’est une loi et seulement une loi, que la france n’était pas laïque en 1904 et s’est retrouvée laïque un beau matin de 1905, alors que c’est un combat, sur plusieurs siècles et qui est loin d’être fini. On passe ensuite, selon les cas, sur l’opinion perso, en oubliant de se demander ce que dit la loi (ou ce qu’elle dit pas) sur la manière de s’habiller, sur la manière de s’habiller dans les associations, et dans celle recevant de l’argent public. On ne doit pas mélanger ces choses là, en tous cas en terme d’approches. Si cela avait été le cas, on aurait fait, dans les années 70, des codes entiers sur la longueur des jupes ou des cheveux, sur les chemises à fleurs ou autres joyeusetées…
    La loi sert, on le sait, à organiser la vie en société. Elle est un moyen, dans certaines situations, de lutter contre certaines choses, mais on ne lutte efficacement contre des croyances, des coutumes, des attitudes, des opinions… qu’avec des idées, des arguments, des savoirs, des opinions…. Ce ne sont pas avec des lois qu’on gagne ces batailles là, en tous cas qu’avec des lois, même s’il en faut. Ce qui importe c’est d’appliquer les lois, pas de tout en attendre. Concernant les religions, les exemples ne manquent pas de pays qui ont voulu les combattre à coup de lois, et on en a vu les coûts, les résultats, et en prime les échecs, parmi lesquels, invariablement, le renforcement du fait religieux.
    Moi même très clairement athée, je subis désagréablement ce retour du religieux dans NOTRE espace public, mais ce n’est que mon opinion et mon vécu, pas une justification suffisante d’une croisade, ni même d’un combat qui, s’il n’est pas seulement d’idées, serait par nature antidémocratique. Avant d’être une loi la laïcité c’est l’acceptation, strictement réciproque (sinon ça le fait pas, et là du coup, de la loi il en faut!) de toutes les croyances ET incroyances.
    Finissons avec Marx, dont on retient toujours l’opium du peuple, alors que ce n’est que la conclusion, et la chute, d’un très beau texte qui définit la religion comme « le soupir de la créature opprimée » et qui est avant tout une invite et un appel pressant à lutter , non pas contre la religion, mais bien contre les différentes formes d’oppression, d’aliénation et de domination qui la produisent. En la matière, les enfants des flamants ont bien plus que leur quote part. L’acquisition de savoir, un bon parcours scolaire, sont bien le premier moyen, et le plus efficace, de lutter contre cela; Commençons donc par les aider à conserver leur accompagnement scolaire, quitte pour se faire à renvoyer, politiquement s’entend, vassal, ravier et autres gaudin… au diable!

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    • julijo julijo

      Et en plus eux, au diable, ils y croient !!

      C’est bien ce qui me met en colère, et ce qui m’a forcé à réagir : la priorité reste les enfants et ce soutien scolaire dont ils ont cruellement besoin, avant toute autre affirmation religieuse….

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    • leravidemilo leravidemilo

      Oui, je crois qu’on s’est bien compris, on est bien d’accord sur l’essentiel, sur la sauvegarde, et même le développement de ces actions socio-éducatives conduites par des assos de terrain.
      Je suis d’accord itou qu’un certain « affichage », parfois systématique et souvent « territorialisé » de signes religieux ou communautaires peut entrainer des incompréhensions et susciter, chez certaines personnes (souvent fragilisées) un basculement vers la xénophobie et même du racisme. Mais il faudrait prendre le temps d’en débattre, notamment pour ce qui concerne la comparaison avec d’autres « territoires », genre la croisette ou la rue de rivoli…
      Quoi qu’il en soit, il vaut mieux dans tous les cas, se départir et se démarquer du discours de nombre de nos « responsables » politiques qui instrumentalisent cet état de fait, crient à la loi comme on crie « au loup », s’invente des lois inexistantes pour mieux les créer par la suite, écrivent des décrets illégaux pour faire du buzz…. Être très vigilant , afin de ne pas, dans un autre registre, faire écho dans la société civile à ces discours…
      Pour ce qui les concernent « eux », qui croient au diable (outre qu’ils n’hésitent pas à diaboliser à tout va…moi, perso,je crois que lorsqu’ils croiseront St Pierre, y’aura à sa droite un petit enfant des flamants (« laisser venir à moi les petits enfants ») pour leur indiquer le passage… à gauche!
      Bien à vous.

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