Dans le centre de Marseille, on va "finir par ouvrir une école clandestine"

À la une
le 3 Juil 2012
1

Alix Richard Le Deuil habite dans le 1er arrondissement, normalement elle dépend de l'école maternelle des Abeilles. Au mois de février elle s'est rendue à la mairie pour y pré-inscrire sa fille. Une réponse devait lui être donnée autour des mois d'avril/mai. Avril passe, mai passe, pas de nouvelle. Elle se déplace à l'école. On l'informe alors que sa fille est sur une liste d'attente : comme elle n'aura trois ans qu'en octobre, elle n'est pas prioritaire.

Nous sommes au début du mois de juillet et Alix Richard Le Deuil ne sait toujours pas quel sort attend sa fille en septembre. Ce cas n'est pas isolé. Il est symptomatique du problème de surpopulation qui concerne toutes les écoles maternelles de l'hyper-centre et particulièrement le 1er arrondissement qui n'en compte que trois.

"La mairie n'arrive pas à gérer les inscriptions sur les trois arrondissements qu'elle prend en charge, pointe Morgane Turc, adjointe PS aux écoles dans le 1/7, qui a organisé une conférence de presse mardi. Déjà il y a un souci d'information : la lettre de confirmation qui fait suite à la pré-inscription n'arrive qu'une fois sur trois et si des solutions sont trouvées elles sont communiquées très tardivement. Mais surtout la situation est telle que la plupart des enfants entre à l'école à quatre ans."

La faute aux "quartiers populaires"

"C'est faux"​, rétorque Danièle Casanova, "il y a bien un manque de places dans le centre qui fait qu'on ne peut pas accueillir les enfants de deux ans, mais on trouve une école pour tous les enfants dès trois ans, même si ce n'est pas l'école en bas de chez eux." Étonnamment, l'adjointe au maire en charge de l'éducation attribue le problème au caractère populaire des populations du centre-ville.

Quand on lui demande des précisions, elle ajoute : ​"Dans les autres villes les quartiers populaires sont en banlieue, pas au centre. Or, en banlieue il y a toujours la place de construire des écoles, pas au centre." ​​ On n'a pas encore compris en quoi un quartier populaire renforce les effectifs scolaires. Ou on sait trop bien venant de celle qui avait assimilé immigrés, "fratries cousinales" (sic), musulmans et polygames lors d'un conseil municipal en octobre 2009 filmé par La Provence : 

 

​D'après l'association de parents d'élèves la FCPE, 300 enfants se retrouvent sur le carreau, ne sachant pas s'ils auront ou non une place en septembre. Là encore Danièle Casanova conteste : "Le problème ne concerne que 48 élèves, qui auront tous une place. L'école où ils seront affectés sera communiquée aux parents au plus tard le lendemain de la rentrée." ​A l'aise…

Ouvrir des écoles 

"Moi je vais finir par monter une école clandestine, en plus je me ferai des sous", plaisante (à moitié) une maman présente lors de la conférence de presse de Morgane Turc. Cette mère de deux enfants met en avant les problèmes idiots que provoquent la rigueur des découpages administratifs : "j'habite dans le 1er et l'école la plus proche est Consolat. Mais je suis très proche du 4e et du 5e où les écoles auraient la place d'accueillir plus de monde. Mais on ne transfère pas les listes d'attente."

Pour Morgane Turc et pour la FCPE, il faut ouvrir des classes et construire des écoles. La mairie le fait "chaque fois qu'elle en a la possibilité, rétorque Danièle Casanova qui les rejoint sur ce point. D'ailleurs, deux classes vont être ouvertes à Saint-Vincent de Paul et à Strasbourg. Mais tout ne dépend pas de notre volonté : on ne nous vend pas forcément les terrains disponibles et notre budget ne nous permet pas tout."

Des excuses inacceptables pour Dalila Douhou, administratrice à la FCPE, qui dénonce les fermetures de classes et affirme que des terrains de la mairie sont disponibles : "Rue  Massena, dans le 3e, il y a un terrain qui appartient à la mairie et qui n'est pas exploité. On a monté un projet d'école à cette endroit." D'après l'UNSA, en 2012 les écoles maternelles sur Marseille ont connu 15 fermetures contre trois ouvertures de classes. 

Un nouveau système en 2013

D'une même voix Morgane Turc et Dalila Douhou s'inquiètent pour 2013 : dès janvier la mairie est censée prendre la charge de l'ensemble des inscriptions dans les écoles, comme il est prévu dans la loi. À l'heure actuelle, elle ne gère que les 1er, 2e et 3e arrondissements, le reste étant à la charge des directeurs. "Comment voulez-vous qu'elle fasse ce travail correctement alors qu'elle est déjà déjà dépassée par trois arrondissements ?", soulignent-elles.

"C'est difficile, surtout quand les parents ne parlent pas français", se défend Danièle Casanova, qui regrette leur pessimisme : "Qui ne tente rien n'a rien ! On va mettre en place un système d'inscription par internet qui va faciliter le travail : on pourra voir où il reste des places disponibles pour les élèves sur liste d'attente." Espérons que toutes les Alix Richard Le Deuil soient des maman 2.0…

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Missetik Missetik

    Quelle honte, cette élue raciste et bête comme ses pieds! Pendant plus de 10 ans Lota, l’ex élue à l’éducation a répété à l’envi que les directeurs inscrivaient de faux élèves, pour dégonfler leurs effectifs. Ils les voient, maintenant, les fantômes?! Et les espaces non préemptés par la mairie là où c’était possible pour bâtir des écoles? La petite enfance et l’éducation sont des secteurs ravagés par l’incompétence et la stupidité des petits copains placés là par clientélisme, servant une vision raciste et étriquée de la société. Qu’ils dégagent, avec leurs blondasses clonées qui vantent les mérites du privé!

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire