Dans la majorité Gaudin, Robert Assante n'a pas fini de payer sa dissidence

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le 24 Juin 2014
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Il avait déjà capitulé une première fois au lendemain des municipales face à Valérie Boyer qui ambitionnait de devenir maire de secteur, vendant – chèrement – sa peau pour une vice-présidence de la communauté urbaine et un poste d'adjoint au maire. Mercredi 17 juin, Robert Assante a une nouvelle fois vu un des éléments de son accord d'entre-deux tours avec Jean-Claude Gaudin lui filer sous le nez. Il ne présidera pas l'agence d'urbanisme de l'agglomération marseillaise l'AGAM, devancé par l'adjointe au maire à l'urbanisme, Laure-Agnès Caradec. Juste après avoir conclu son accord avec le maire de Marseille, il confiait justement que ce poste promis l'enthousiasmait particulièrement.

Les plus courageux des administrateurs de l'agence jouent les innocents face à ce nouveau camouflet infligé à l'ancien maire des 11e et 12e arrondissements. "Il n'est pas venu à la réunion du conseil d'administration où devait avoir lieu le vote, il a dû oublier, c'est dommage. Et comme la nature a horreur du vide, il a bien fallu, au pied levé, que Laure-Agnès Caradec le remplace", sourit-on au cabinet du maire de Marseille. La nouvelle présidente ne veut pas s'étendre sur le sujet : "Il ne s'est rien passé, je n'ai rien à déclarer", se contente-t-elle de répondre.

Pourtant, le deal existait bien, confirme Yves Moraine, président du groupe UMP au conseil municipal. "Dans l'accord avec Assante, l'AGAM, c'était quand même la dernière roue du carrosse, souffle-t-il. L'AGAM, vous savez, ce n'est que du travail, ce n'est pas vraiment honorifique et il n'y a pas de rémunération, rien." Celui qui était porte-parole de Jean-Claude Gaudin durant la campagne explique le changement de plan : "Laure-Agnès Caradec, sans revendication personnelle, a fait valoir que c'était à l'adjointe à l'urbanisme d'occuper ce poste-là comme c'était le cas durant la mandature précédente avec Claude Vallette. Une majorité des personnes concernées ont été d'accord avec ça."

"Un accord, ça s'exécute"

Nommé parmi les représentants de la Ville, Robert Assante n'est donc pas venu acter son échec et un seul nom – Caradec – a finalement été présenté au vote du conseil d'administration. Contacté une semaine plus tard, Robert Assante pèse et limite sa parole : "Je n'ai pas de commentaires à faire. Je reprendrais une formule qui n'est pas de moi. « Un accord, un deal, ça ne se discute pas, ça s'exécute. » Quelque part, cet accord n'a pas été respecté par plusieurs personnes." Mais à l'heure de donner des noms, Assante reste prudent : "Je ne nomme personne en particulier mais il y a une bonne demi-douzaine de personnes qui sont intervenues dans ce dossier." Jean-Claude Gaudin ? "Il dit qu'il n'était pas au courant."

Robert Assante n'y croit guère même s'il a toujours pris soin de distinguer sa relation avec le maire de la fracture avec Valérie Boyer et ses proches. Élu depuis 1995, chargé de dossiers chauds par Gaudin dont l'incinérateur, il a mené ces dernières années une fronde contre le maire, mal récompensé de son travail alors qu'il visait le Graal parlementaire. Ses 13 % au premier tour des municipales lui avaient permis de négocier un retour au bercail. Mais depuis, le reste de la droite se charge de lui faire payer ses écarts passés. Quand il a présenté sa feuille de route d'adjoint au développement durable pendant un bon quart d'heure au conseil municipal, personne n'a daigné applaudir. Même réintégré officiellement dans la majorité, Assante reste pour beaucoup de ses collègues persona non grata.

Résultat, malgré deux postes en vue, Assante est aujourd'hui coincé. Isolé dans une majorité large à la communauté urbaine comme au conseil municipal, il pèse finalement peu. En ce sens, revenir aux sorties vindicatives de la campagne du premier tour ne servirait pas à grand chose. Au contraire, elles donneraient des arguments à ses opposants les plus virulents. "Nous serions bêtes de nous passer de ses capacités de travail, de ses connaissances, de ses compétences, tente d'apaiser Yves Moraine. Je suis convaincu qu'il va se refaire toute sa place dans la majorité municipale par le fond, par les dossiers." Cette reconquête ne passera pas par l'AGAM. A l'agence, on indique que Robert Assante a carrément rendu son mandat d'administrateur.

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