Symbole de l'absence de coordination, aucune carte ne rassemble les immeubles traités dans le cadre de la lutte contre l'habitat indigne. Alors que la métropole vient de voter une extension considérable de cette liste, Marsactu donne à voir ce qui a été fait et l'ampleur de ce qui reste à faire.

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Passer la souris sur un immeuble pour afficher l’adresse. Pour plus de confort vous pouvez afficher en plein écran. Sources : Marseille habitat, Urbanis, Soleam, métropole Aix-Marseille Provence. Fonds cartographique : cadastre et base d’adresses nationale ouverte.

Ce document n’existe pas. Aucune carte, aujourd’hui ne rassemble les différents immeubles concernés par la politique d’éradication de l’habitat indigne. Nous y avons ajouté les 281 immeubles que la métropole vient d’ajouter dans la cible de ses trois principaux opérateurs : Marseille habitat, Urbanis et la Soleam.

Les deux premiers sont en charge de concessions depuis 2007, des contrats qui viennent d’être à nouveau prolongés et mieux dotés financièrement lors du dernier conseil métropolitain (lire notre article). Le bilan en couleurs que notre carte dresse, à partir des documents rédigés par ces opérateurs, permet de saisir les avancées et les limites de leur action sur une période de dix ans. À noter que pour les adresses indiquées en bleu, c’est-à-dire lorsque l’immeuble a été vendu, cela ne signifie pas toujours que la rénovation a été au bout, comme l’a montré le cas des 61 et 63 rue d’Aubagne.

Par vagues successives, la Soleam se voit confier une bonne part du quartier de l’Opéra.

Société publique locale d’aménagement, la Soleam a quant à elle la charge d’une opération programmée d’amélioration de l’habitat de renouvellement urbain (OPAH-RU) inscrite dans le cadre du projet grand centre-ville. Les nouveaux immeubles pour lesquels la Soleam va mettre en place des opérations de restauration immobilière sont inscrits dans des pôles déjà connus : rue Coutellerie, non loin de l’Hôtel de ville, rue Mazagran, en haut de la Canebière et autour de l’opéra.

La carte que nous présentons montre bien la logique de concentration en cours sur ces différents pôles du centre-ville avec des expropriations en vue. Ce sont également des quartiers dont les espaces publics sont ou vont entrer en rénovation. C’est notamment le cas du pôle Opéra dont les abords sont déjà en travaux (lire notre article) ou des rues adjacentes au théâtre du Gymnase où la Ville souhaite bâtir un quartier culturel qui mêle établissements éducatifs et culturels.

L’autre enseignement de cette carte naît de son croisement avec une autre carte existante, celle construite par nos confrères de La Marseillaise sur la base de l’opération “balance ton taudis”. Un grand nombre de ces immeubles sont frappés d’un arrêté de péril. Ils font partie de la grande vague de signalements qui a amené au délogement de plus de 2000 habitants. Et certains de ces arrêtés datent parfois d’une semaine ou deux avant le vote formel de cette prolongation de concession. C’est le cas du 19 rue Glandevès, en péril depuis le 15 février ou du 3 place du marché des Capucins, en péril depuis le 11 février.

Noailles concentre de nombreux immeubles récemment placés en arrêté de péril et rajouté à la cible de l’intervention publique.

Mal maîtrisée, l’épidémie de périls toujours en cours donne donc une base pour agir sur les immeubles où l’action est prioritaire. Propriétaires, locataires ou syndic, certains découvriront peut-être via notre carte que leur immeuble entre désormais dans le cadre d’une concession.

Cela ne signifie pas pour autant que cela débouchera forcément sur une expropriation ou un relogement. Dans un premier temps, les propriétaires seront encouragés à entreprendre eux-mêmes ces travaux et, s’ils sont dans l’incapacité de le faire ou trop réticents, alors les opérateurs peuvent y réaliser des travaux d’office. C’est là où le levier du péril peut permettre d’agir plus vite. Par ailleurs, une opération programmée d’amélioration d’habitat (OPAH) plus incitative est censée accompagner les propriétaires en les aidant dans leurs travaux.

Certains immeubles visés étaient déjà inscrits dans le périmètre de restauration immobilière au début des années 2000 ou étaient déjà présents dans les concessions de l’opération lancée en 2007. “Pour des raisons techniques, juridiques ou financières, nous avons fait glisser certains immeubles d’une concession à l’autre, explique l’un des acteurs de ces concessions. D’autres ont changé de statut parce qu’ils seront traités par Euroméditerranée ou par l’établissement public foncier”. Cette carte doit donc être croisée avec les données issues de ces deux établissements publics pour offrir une vision complète du travail déjà entrepris et de celui qui reste à entreprendre.

Cartographie : Julien Vinzent. Texte et traitement des données : Benoît Gilles et Rémi Baldy.

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