Castaner coincé par les propos de Valls sur le front républicain

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Jean-Marie Leforestier
29 Oct 2015 4

Le candidat PS aux régionales est de plus en plus sous pression dans la perspective du second tour. Le signe égal qu'il pose entre Marion Maréchal-Le Pen (FN) et Christian Estrosi (LR) n'est pas partagé par les plus hauts dirigeants de son parti.

Photo Mathieu Delmestre Solfé Communications

Photo Mathieu Delmestre Solfé Communications

“Il est hors de question de laisser le Front national gagner une région. Tout devra être fait pour l’empêcher. Je vous donne rendez-vous le soir du premier tour.” Cette phrase du premier ministre Manuel Valls lâchée hier soir en interview au Bondy blog met en difficulté le candidat socialiste en Provence-Alpes-Côte d’Azur Christophe Castaner.

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Alors que PACA est avec Nord-Pas-de-Calais-Picardie la région la plus susceptible de basculer à l’extrême-droite, Castaner a toujours déclaré qu’il ne se désisterait en aucun cas au second tour. Il l’a réaffirmé sur BFM-TV ce mercredi : “On demande systématiquement au PS de soutenir et de faire barrage pour des gens qui comme Christian Estrosi ont souvent des propos, des thèses, des attitudes qui vont au-delà même du Front national et vous avez vu ses propos sur les gens de confession musulmane ou récemment sur les réfugiés.”

Le candidat socialiste reproche régulièrement à Christian Estrosi ses propos sur “la cinquième colonne islamiste”. De son côté, le candidat Les Républicains à la présidence de région s’est récemment entouré de personnalités publiques censées recentrer son image comme Mourad Boudjellal, le président du Rugby club toulonnais, Dalil Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, ou le chasseur de nazis Serge Klarsfeld.

L’addition qui change tout (ou pas)

Cette injonction à faire le second tour avant le premier agace au plus haut point le maire de Forcalquier. Avec une liste consistante à sa gauche, il sait pourtant être au mieux promis à la troisième place au premier tour. Mais il ne veut pas envisager de voir son parti totalement rayé de l’hémicycle d’une région de 6 millions d’habitants en cas de désistement.

Heureusement pour lui, Manuel Valls a dessiné une porte de sortie. Elle s’ouvrira en fonction du score de Jean-Marc Coppola et Sophie Camard, candidats de l’alliance Front de gauche-EELV. “Le soir du premier tour, nous ferons l’addition avec le score des autres listes de gauche, parce qu’elles vont devoir fusionner. Et à partir de là, on verra quelle est la stratégie”, lâche Manuel Valls dans le même entretien.

Cette stratégie de la somme des forces de gauche n’est pas sans rappeler celle choisie par Patrick Mennucci au second tour des municipales 2014 dans les 13e et 14e arrondissements de Marseille. En cumulant les voix de la liste Front de gauche, celles de Pape Diouf et les siennes, le PS s’était positionné en meilleur rempart contre le Front au soir du premier tour car le total de la gauche dépassait le score de la droite. Une semaine plus tard, Stéphane Ravier remportait la mairie quelques voix devant ces concurrents PS et UMP, dans cet ordre.

Depuis, le maire LR de Marseille Jean-Claude Gaudin n’a de cesse de brocarder son opposant socialiste pour lui reprocher le maintien de sa liste. Après avoir géré la région de 1986 à 1992 avec le Front national, il aurait pourtant plus de mal à reprocher à Castaner d’avoir fait le jeu de l’extrême-droite.

Pour aller plus loin : “Mythologie du Front républicain” par le politiste Joël Gombin (que vous retrouverez bientôt sur Marsactu).

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