[C’est mon data] Au moins 25 communes du 13 ne rouvriront pas leurs écoles le 12 mai

Décryptage
le 6 Mai 2020
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La volonté du président de la République d'ouvrir les écoles dès la sortie du confinement ne fait pas l'unanimité chez les maires des Bouches-du-Rhône. Par "principe de précaution" une vingtaine annonce maintenir les écoles fermées. D'autres adaptent les dates d'ouvertures. Marsactu fait le point en carte.

Actualisation le 11 mai : depuis la publication de cet article la semaine dernière, toutes les communes ont pris leur décision. Nous avons donc actualisé les informations dans la carte présentée ci-dessous. Ainsi 29 commune du département ont décidé de maintenir leurs écoles fermées jusqu’à nouvel ordre et 9 jusqu’à septembre.

« J’estime que la reprise de l’école le 12 mai n’est pas compatible avec le principe de précaution », affirmait dans un communiqué il y a une semaine le maire (LR) de Ventabren, Claude Filippi. Dans son sillage, plus d’une vingtaine de maires des Bouches-du-Rhône ont choisi également de ne pas rouvrir leurs écoles la semaine prochaine et ce malgré la volonté d’Emmanuel Macron exprimée une nouvelle fois ce 5 mai. Leurs communes représentent environ 10 % de la population du département. Que ce soit à l’écrit ou en vidéo, le ton de ces maires est solennel et soutient la « pleine et entière responsabilité » qu’ils disent assumer, tout en reconnaissant que la situation pour les parents qui reprendront leur activité professionnelle sera compliquée. Si le dialogue est maintenu avec l’académie, le préfet pourrait aussi avoir son mot à dire puisqu’il pourrait forcer les réouvertures, comme nous l’a indiqué le directeur académique des services de l’Éducation nationale Dominique Beck.

Mais pour ces maires, l’incertitude, le risque de transmission du coronavirus et l’impossibilité à leurs yeux de faire appliquer dans les écoles le protocole sanitaire prévu par le ministère, a fait pencher la balance. « Depuis deux mois, nous sommes toutes et tous plongés dans un flot d’incertitudes quant à la propagation ou au contraire, la récession du virus. Je n’ajouterai pas sur les épaules de mes concitoyens une incertitude supplémentaire », témoigne Christine Capdeville, la maire (PCF) de La Penne-sur-Huveaune dans La Provence.

En partie avec l’aide des lecteurs, Marsactu a rassemblé commune par commune les informations et dresse la carte des décisions dans les Bouches-du-Rhône.

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« Une école de contrainte, sans rires, sans âme »

Certains motivent aussi leur décision pour la préservation de la santé morale et affective des enfants, à l’image de Jean-Pascal Gournès, maire (DVD) de Meyreuil : « Faire subir aux enfants cet environnement anxiogène, distancés les uns des autres, sans récréation […] est extrêmement dangereux. Tous les psychologues s’accordent pour le dire. […] L’école du 12 mai ne ressemblera en rien à celle que nous connaissions. Ce sera une école de contrainte et de frustration, sans contact, sans jeux, sans ballon, sans rires, sans âme », exprime-t-il dans une vidéo sur la page Facebook de la municipalité.

Les maires sont également responsables pénalement de la sécurité des usagers et du personnel de l’école. Ce qui est un argument supplémentaire. « Un problème juridique se pose. Qui est-ce qui est responsable en cas de problème ? C’est le maire. Alors ce choix pour de nombreuses raisons est totalement assumé », dit par exemple Roland Chassain le maire (LR) des Saintes-Maries-de-la-Mer à France 3. Ceci explique la proposition adoptée par les sénateurs de ne pas mettre en jeu la responsabilité pénale des maires. A contrario, le maire de Vitrolles, qui ouvrira ses écoles, considère la position de ces homologues en faveur de la fermeture comme « une posture qui rassure la population à peu de frais et évite de se frotter à la réalité. Moi, je n’ai pas l’impression d’avoir plus de responsabilité pénale que d’habitude. Les écoles, cela relève de la compétence du maire, point », dit-il au Monde.

Comme pour les Saintes-Maries, dans sept autres communes au moins, l’école ne reprendra qu’en septembre. Pour une grosse dizaine, la fermeture reste prononcée jusqu’à nouvel ordre. Et il y en a d’autres qui s’interrogent et n’ont pas encore arrêté leur décision. « Pour la reprise des écoles ma position est très claire : si le département est en rouge [selon la carte du déconfinement actualisée par le gouvernement, ndlr] et que le choix est laissé au maire, je n’ouvrirais pas les écoles. Si le département est en vert [comme aujourd’hui, ndlr], l’ouverture ne peut être envisagé que sous certaines conditions », dit par exemple Béatrice Aliphat, la maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts dans un discours vidéo.

Enfin, il y a les communes qui adaptent leurs réouvertures en retardant la date de rentrée, comme c’est le cas à Fos où elles rouvriront à partir du 14 mai, à Aix qui décale la rentrée au 18 mai ou encore à Martigues qui prévoit une réouverture le 25 mai. Sans oublier celles qui se disent prêtent dès le 12 mai, comme Marseille ou Istres. À Meyrargues, le maire Fabrice Poussardin (DVD) en fait une question de principes : « La commune n’a pas souhaité se dégager de ses responsabilités. » Ses homologues apprécieront.

(avec Julien Vinzent et Jean-Marie Leforestier)

Actualisé le 6 mai à 11h avec la décision d’Aix de différer la rentrée au 18 mai et la citation du maire de Vitrolles. Carte actualisée le 11 mai avec la totalité des décisions des communes.

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Commentaires

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  1. soleil marseillais soleil marseillais

    On peut comprendre les inquiétudes globales des maires …. mais une des questions de base est de savoir si le protocole sanitaire national peut être appliqué non pas de manière identique partout mais école par école … et donc les questions du volontariat des parents, la date de réouverture et les moyens municipaux à mobiliser se posent ensuite quand le cadre est prédéfini au travers d’une concertation préalable.

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  2. juH juH

    Quand on lit le protocole de réouverture des écoles, on comprend bien qu’il est impossible à respecter. Donc deux choix: soit on ouvre sans respecter le protocole, soit on n’ouvre pas.
    Il est important de préciser que les maires qui n’ouvrent pas les écoles laissent une vraie possibilité aux parents de ne pas remettre leurs enfants à l’école. En effet, la poursuite du versement du chômage partiel à partir du premier juin est conditionnée pour l’instant à une attestation qui indique que l’école demeure fermée.
    Le volontariat selon Macron est de la poudre aux yeux. Il doit maintenir une indemnisation souple, du genre par la sécu, si on veut que les parents aient vraiment le choix.

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  3. Tarama Tarama

    Belle rupture de l’égalité d’accès au service public. et au droit à l’éducation.
    Cela fait donc deux principes constitutionnels foulés au pied par ces municipalités. On verra ce qu’en dit la préfecture…

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  4. jemamo13 jemamo13

    A Istres nous sommes sauvés l’inspecteur gadget est aux manettes, après le vol des drones (est ce bien légal?) voilà le portique (pas du tout anxiogène…) aux portes de l’école. Par contre le détail de l’application du protocole sanitaire on le cherche encore.

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