À Marseille, école 2 jours sur 4, prises de température à l’entrée, gel et repas chauds

Actualité
par Jean-Marie Leforestier & Pierre Isnard-Dupuy
le 1 Mai 2020
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Après la réunion du "comité municipal d'action face à l'urgence", on en sait davantage sur les mesures prises en vue de la rentrée des élèves à l'école le 12 mai.

Sortie de l'école Ruffi (3e). Archives Marsactu.

Sortie de l'école Ruffi (3e). Archives Marsactu.

Ce sont les premières pistes esquissées par la mairie de Marseille pour un retour à l’école maternelle et élémentaire le 12 mai prochain, au lendemain du déconfinement et de la pré-rentrée des enseignants. Elles ont été détaillées au cours du « comité d’action face à l’urgence » mis en place autour de Jean-Claude Gaudin mais appréciées diversement, Benoît Payan, présent au titre de l’opposition socialiste regrettant l’absence de « réponses précises ».

Face à la limite de 15 élèves par classe imposée par le gouvernement, les écoliers marseillais ne devraient pas se rendre à l’école tous les jours quand bien même leurs parents le souhaiteraient. « La moitié des enfants auront classe le lundi et mardi. L’autre moitié le jeudi et le vendredi », explique l’adjointe aux écoles Danièle Casanova qui participait à cette visio-conférence.

Cette mesure est prise alors que l’on ne sait pas quelle part des parents opteront pour un retour en classe de leur(s) enfant(s). Un questionnaire adressé par l’académie devrait apporter des renseignements dans les jours qui viennent et sera actualisé d’une semaine sur l’autre après le 11 mai. Rien n’est pour l’heure précisé sur l’accueil qui pourrait être réalisé les autres jours. Cela peut se faire dans les structures périscolaires par exemple, comme c’est le cas à Aix-en-Provence où Maryse Joissains devrait mettre à disposition l’ensemble des animateurs sociaux, sportifs et culturels pour assurer le complément des deux jours d’école.

Les élèves de l’éducation prioritaire à l’école tous les jours

Il est en revanche acquis à ce stade qu’à Marseille, « les enfants en REP et en REP + [l’éducation prioritaire, ndlr] et les enfants  dont les parents sont soignants, pompiers, policier, iront à l’école 4 jours par semaine », précise Danièle Casanova sans dire ce qu’il en sera si l’ensemble des parents décident du retour de leur enfant en classe, ce qui empêcherait de respecter l’effectif imposé à 15 élèves.

Des mesures sanitaires sont bien entendu à mettre en œuvre, comme l’a précisé le protocole sanitaire pour la réouverture des écoles maternelles et élémentaires rédigé par le ministère de la Santé. Il s’agit notamment de la désinfection des locaux qui, selon plusieurs sources, est déjà en cours et sera, une fois les écoles ouvertes, réalisée « tous les jours », assure la mairie dans un communiqué. Le périmètre de l’école sera sanctuarisé et aucune personne extérieure à l’établissement ne pourra entrer. « La température de toutes les personnes qui entreront dans l’école : enfants, enseignants, ouvriers, sera contrôlé avec un thermomètre à infrarouge. Si des enfants sont fiévreux il devront repartir avec leurs parents », détaille Danièle Casanova qui indique que la Ville attend une livraison de 600 thermomètres infrarouges. Autre commande, du gel hydroalcoolique en quantité : « 48 000 litres » selon elle. Ils ne sont toutefois pas adaptées à toutes les tranches d’âge et il faudra aussi du savon pour les plus petits.

Le directeur académique des services de l’Éducation nationale Dominique Beck confirme avoir « un engagement très clair du maire de Marseille pour qu’il y ait du gel hydroalcoolique, des masques pour le personnel et du savon de Marseille dans toutes les écoles ». Il faudra aussi un nombre de robinets suffisants, avertit Benoît Payan. « On connaît l’état des écoles à Marseille. Dans certaines écoles, il est arrivé qu’on aie 9 points d’eau sur 10 qui ne fonctionnent pas. Et c’est encore le cas aujourd’hui », alerte-t-il dans une vidéo diffusée sur Facebook. « On a fait un gros effort pour la mise en état de tous les lavabos et sanitaires », rétorque Danièle Casanova.

Le casse-tête des repas

Ils pourront aussi débattre des repas. Pour l’instant, la Ville souhaite un repas chaud. « J’ai tenu a ce qu’il y ait un repas chaud à midi parce que beaucoup d’enfants dont les familles sont en difficulté n’ont pas très bien mangé. La pause méridienne sera étendue de 11h à 14h. Les enfants mangeront à deux par table et il n’y aura plus de self, ils seront servis à table », raconte encore Danièle Casanova. Une solution qui fera reposer sur les ATSEM (les « tatas ») une bonne part de l’organisation. Comme l’a relevé Benoît Payan, difficile de dire, comme pour les enseignants, combien de ces 3200 agents municipaux seront présents à la reprise. « Cela fait six services [chaque midi], qui va les faire ? Cela ne marchera », pense-t-il.

Si elle se présente confiante en l’état, Danièle Casanova craint quant à elle « les caprices du gouvernement ». Il sera à nouveau question de toutes ces adaptations lors d’une réunion lundi 4 mai où seront notamment conviés les maires de secteur. En parallèle, les directeurs d’école sont eux aussi invités à plancher sur l’organisation concrète dans leur établissement.

L’avertissement aux maires récalcitrants
Rognac, Ventabren, La Penne-sur-Huveaune… Plusieurs maires du département sont déterminés à ne pas ouvrir leurs écoles le 11 mai, persuadés que cela représente un risque sanitaire trop important. « J’ai eu quelques visios assez hard, confirme Dominique Beck à l’académie. Je comprends la position de l’élu qui dit qu’il ne souhaite pas le faire dans la situation actuelle. Mais je dis aussi que le préfet donnera des consignes d’ouverture. Je leur demande de plutôt travailler avec nous à bâtir des solutions. »

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Jean-Marie Leforestier
Journaliste
Pierre Isnard-Dupuy
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Commentaires

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  1. Tarama Tarama

    Merci pour cet article.
    Et pour la note concernant les maires récalcitrants, petits barons qui outrepassent leurs pouvoirs, comme ils ont pu le faire en durcissant les règles déjà strictes du confinement, pour les plus fachos d’entre eux.

    L’éducation est un droit inscrit dans la constitution, tout comme l’égalité d’accès des citoyens à ce qui reste, n’en déplaise aux mêmes fâcheux, un Service Public qu’ils doivent assurer.

    Beaucoup de choses vont reposer sur les agents de service, les « tatas ». Espérons qu’elles se montrent à la hauteur et qu’elles fassent preuve de bienveillance avec les enfants, et ne se transforment pas en gardiens de l’ordre sanitaire.

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    • Richard Mouren Richard Mouren

      Ne craignant pas que les « tatas » ne soient pas à la hauteur, car connaissant leur dévouement aux enfants, j’espère surtout que leur travail, essentiel dans le petites classes, soit reconnu et rétribué plus correctement.

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    • Tarama Tarama

      Je pensais plus aux agents techniques de nettoyage et de cantine, qu’aux ATSEM présentes dans les classes auprès des élèves (même si à Marseille, elles peuvent faire les deux, ce qui est une partie du problème, dû à leurs mauvaises conditions de travail).

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    • juH juH

      je ne comprends pas vraiment cette intervention sur les maires récalcitrants. Ils estiment (au moins à la penne-sur-huveaune, petit baron… dur) qu’ils ne sont pas capables d’assurer la reprise dans de bonnes conditions. Avez-vous lu le protocole pondu par le ministère de l’EN ? C’est absolument impossible à gérer. Et il ne s’agit pas d’éducation mais de garderie pour permettre aux parents d’aller travailler. Pour le droit inscrit dans la constitution, on repassera.
      Les parents auraient le choix de remettre leurs enfants à l’école ? Ca ne sera pas le cas pour les enseignants qui sont obligés de retourner à l’école avec leurs enfants s’ils ne sont pas concernés par la reprise et plus largement pour tout le monde car le chômage partiel ne sera pas maintenu au delà du 1er juin pour garder ses enfants si pas d’attestation de la mairie qui dit explicitement que les écoles ne sont pas ouvertes. Donc le volontariat pour ceux qui peuvent se le permettre. Personnellement, je peux le faire et je le ferai, les recommandations du conseil scientifique (que je ne pense pas vraiment opposé au gvt) allant dans le maintien de la fermeture des écoles.
      Je vous trouve donc assez dur avec certains maires qui sont sceptiques quant à la reprise des écoles comme à Martigues, le Rove, la pennse-sur-huveaune… Ce ne sont pas des petits barons mais ils se posent des questions sur le bien fondé de cette reprise. La garderie pour les minots pour aller bosser avec tous les risques que cela comporte ? Désolé mais ce n’est pas la priorité à mon sens.

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  2. patrick patrick

    s’inquiéter de ceux qui ont faim à la 8ème semaine de confinement ça c’est du made in marseille 100%

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  3. Electeur du 8e Electeur du 8e

    48000 litres de gel hydroalcoolique. Et combien de litres ou de kilos de savon ? Je m’étonne qu’on insiste tant sur le premier, et qu’on glisse sur le second – si je puis dire.

    Le gel hydroalcoolique ne remplace pas le vulgaire savon, j’espère que tout le monde en est conscient. Pour *laver* des mains sales, il n’y a qu’une méthode : eau, savon, frotter, rincer.

    Le gel hydroalcoolique sur des mains sales ne rend pas les mains propres. Et accessoirement il n’est pas prévu pour être utilisé fréquemment. Mais pour que la méthode traditionnelle puisse être utilisée, il faut des robinets qui marchent.

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    • Brallaisse Brallaisse

      Ce qui est un comble au pays du savon de………. Marseille

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  4. Zumbi Zumbi

    Et les enseignants qui ont leurs enfants dans une école, ils travaillent deux jours sur quatre ?

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  5. pascal pascal

    Il faudrait qu’ils pensent a communiquer auprès des directeurs d’école,
    extrait du message de l’école de mes enfants à 11h ce matin;
    « Cependant, des incertitudes demeurent quant au temps municipal (garderie, cantine, périscolaire) :
    • Le nombre d’agents territoriaux de la Mairie présents sur l’école n’est pas encore connu pour assurer le nettoyage et la désinfection quotidiens indispensables sachant que les zones fréquemment utilisées doivent être nettoyées plusieurs fois par jour (sanitaires, poignées de portes, interrupteurs, …) et que le réapprovisionnement en savon et en papier doit être régulier.
    • Le fonctionnement de la cantine.
    • Les horaires, les lieux, l’organisation de la garderie du matin et du périscolaire le soir.
    • L’organisation de la récréation des élèves durant la pause méridienne.
     Je vous tiendrai informé le plus vite possible. »

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  6. pascal pascal

    En complément du précédent post à partir de la lettre du Maire de Marseille reçu le 4 mai à 19h22 :

    …Dans ce contexte, la rentrée scolaire constitue une étape majeure, tant elle conditionne, d’enjeux essentiels pour la relance de l’activité et pour une reprise confiante de notre vie collective. J’ai ainsi mobilisé depuis plusieurs semaines l’ensemble des services de la Ville de Marseille et le Bataillon des marins-pompiers afin de garantir les meilleures conditions de sécurité sanitaire possibles pour les enfants, les personnels municipaux et les enseignants. De la désinfection quotidienne de tous les locaux scolaires à leur approvisionnement en produits d’hygiène, de l’élargissement des plages d’accueil et du temps de cantine à la distanciation physique, et du dépistage systématique des agents municipaux à leur dotation en masques, thermomètres et autres équipements de protection, tout est prêt…

    DONC tout est prêt ! mais personne est au courant. Bon il reste 3 jours…

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  7. julijo julijo

    Au doigt mouillé, 2 jours de classe sur 4, ça fait 2 par semaine….reste en gros 6 à 7 semaines d’école jusqu’à fin juin….et tout ce bazar mal contrôlé pour 15 jours effectifs de « classe » !!!!?????
    alors que ça fait en gros deux mois que les écoles sont fermées !
    mais il est où le bon sens, là !
    Aucun argument ne pourra me convaincre que ces « 15 » jours sont nécessaires….
    par contre oui, on aurait pu les mettre à profit pour nettoyer les écoles, assainir ce qui doit l’être afin de supposer une rentrée sereine en septembre.

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    • Tarama Tarama

      Et la socialisation ? On ne parle pas de niveau scolaire là, mais de reprendre le cour de la vie, qui est faite chez les humains, et notamment chez leurs petits, d’échanges avec les autres.

      En septembre, si le virus ne s’est pas éteint (hypothèse Raoult d’une « disparition » comme il est venu), rien n’aura changé. Il n’y aura pas plus de place, de bâtiments, de professeurs, de personnels, pour dédoubler toutes les classes et y avoir des groupes de 15 enfants maximum.

      Le covid ne résiste pas plus de quelques heures ou jours dans l’air, suivant les surfaces. Le nettoyage des écoles et leur assainissement, au sens « grand nettoyage », concerne plus ce qui s’écroulait déjà avant, que le virus, contre lequel il faut agir et désinfecter en permanence.

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  8. Brallaisse Brallaisse

    Je lis avec beaucoup d’intérêt tous les scripteurs avec des sentiments et des avis très différents. D’où l’intérêt de cette rubrique . Néanmoins je me pose quand même une question sur l’état d’esprit de certains et d’autres . Je vais revenir sur la volonté et l’engagement des soignants au sens large auprès des malades. Malgré les conditions de travail , le risque , la non reconnaissance ( ce mot me gonfle) que je requalifierais de salaires trop bas , de temps de travail .Ces derniers soignants sont allés « au charbon’ en râlant à juste de titre et mais sans état d’âme .Ils ont fait le job. Cela continue et bravo.Face à cela , je me demande où sont passés nos fameux « Hussards de la République » ? Peut être à la cession de Septembre?.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      De mon point de vue, le sujet n’est certainement pas celui du courage des enseignants (qui, soit dit en passant, n’ont pas choisi leur métier pour côtoyer un risque sanitaire).

      Si la question se bornait à la réouverture des écoles, toutes les classes de tous les niveaux seraient invitées à revenir. Or, pourquoi maintient-on les université fermées, pourquoi se donne-t-on un mois de plus pour réfléchir à une rentrée éventuelle des lycéens ? Y aurait-il moins de risque dans les écoles primaires que dans les lycées ? Non : le sujet, ce n’est pas de reprendre les cours, c’est de faire garder les enfants qui ne sont pas autonomes, pour que leurs parents puissent retourner au boulot.

      Sur la base de ce constat, on peut comprendre la méfiance, voire la crainte de certains – qu’ils soient profs ou parents, face au risque de circulation accrue du virus entre les élèves qu’on aura remis ensemble et tous ceux qui seront à leur contact.

      Et puis, soyons clairs : faire cours avec un masque sur le visage, dans une salle de classe où il ne va pas tarder à faire 28 °C ou plus, c’est tout simplement impraticable, pour les élèves comme pour les enseignants. Et au bout de deux jours, ça ne sera plus pratiqué.

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    • Tarama Tarama

      @Electeur
      Les soignants n’ont pas plus envie de mourir que les autres. Je vous le garantis.

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  9. Brallaisse Brallaisse

    Cher 8e , personne ne choisis son métier pour côtoyer un risque sanitaire.
    Remarquez cette solution est pratique pour le enseignants , pas de risque , les cours privés à la maison pour les petits ainsi ils ne perdront pas pied.
    Et puis cela est vrai l’hydrométrie élevée , la chaleur c’est un peu pénible.
    Enfin bref , comme disait l’autre , nous sommes tous égaux mais certains sont plus égaux que d’autres.
    En espérant les revoir à la session de Septembre , si le cagnard n’est pas trop fort.

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