Berland (LREM) absorbe les listes Madrolle… sans Madrolle

Actualité
le 20 Fév 2020
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Candidat à la mairie de Marseille depuis deux ans, l'écologiste Christophe Madrolle rallie les listes du marcheur Yvon Berland. Il n'y figurera pas lui-même mais a obtenu plusieurs places, dont la tête de liste dans les 9/10 pour sa femme, l'ex conseillère municipale Sophie Goy.

Christophe Madrolle et Yvon Berland lors d'une conférence de presse le 19 février (Image LC)

Christophe Madrolle et Yvon Berland lors d'une conférence de presse le 19 février (Image LC)

C’était le premier candidat déclaré à la mairie de Marseille, il y a deux ans. C’est aussi le premier à renoncer à la course, à un mois de l’échéance. Mais Christophe Madrolle le fait avec le sourire et assure, en tapant sur l’épaule d’Yvon Berland, le candidat soutenu par La République en marche, qu’il « ne se retire pas de la vie politique ». « J’en suis à mon troisième mandat, cette ville a besoin d’oxygène, je connais sur le bout des doigts la carte électorale, les gens, il faut laisser la place à une nouvelle génération », plaide l’actuel conseiller d’arrondissements des 4/5, qui, il y a quelques semaines encore annonçait présenter des candidats dans quatre secteurs de la ville.

Son parti « Les Écologistes » vient de rallier les listes siglées majorité présidentielle et même de rafler une première place pour l’ancienne conseillère municipale Sophie Goy, ex-Modem, qui mènera les listes dans les 9e et 10e arrondissements. Celle qui est par ailleurs l’épouse de Christophe Madrolle à la ville, formera un binôme avec l’universitaire Jean-Paul Moatti, ex président de l’Institut de recherche et de développement. Une décision prise à la dernière minute, la nouvelle candidate devant rencontrer les militants du secteur et potentiels colistiers à la suite de la conférence de presse mercredi soir.

Si d’autres places sur les listes devraient être réservées à « ses amis », Christophe Madrolle lui-même ne figurera pas sur les listes, soudainement pris d’une envie de grand large. Il s’en tiendra au rôle de « patron des Écologistes dans la campagne » et se consacrera par ailleurs à « l’écologie en Méditerranée », « ce qui m’anime aujourd’hui », a-t-il lancé lors de la conférence de presse d’annonce. Un sujet qui est aussi son occupation professionnelle, dans le cadre d’une mission ministérielle.

Difficile de savoir quelles propositions parmi ses « 14 chantiers pour faire respirer Marseille » seront reprises in fine par le candidat marcheur – qui doit présenter son programme la semaine prochaine – mais Christophe Madrolle dit se sentir écouté sur « la question des espaces verts, la lutte contre les espaces bétonnés, les transports, la démocratie locale ».

Berland : « On m’a demandé de rassembler, je rassemble »

Yvon Berland accueille ce ralliement comme un nouveau pas dans « la construction de l’arc progressiste » qu’il entend mener. « Ce n’est pas un handicap de l’avoir avec soi, bien au contraire. Christophe connaît beaucoup de choses sur l’écologie et sur la vie politique », déclare le flegmatique candidat à la mairie de Marseille qui résume : « On m’a demandé de rassembler, je rassemble ».

Ce jeudi, il annoncera un nouvel accord avec un parti d’une envergure un peu plus importante, l’UDI, après plusieurs semaines de tergiversations centristes. Le Modem, quant à lui, devrait rester sur la touche. Longtemps pressentie pour mener la liste dans les 9/10, l’ancienne candidate aux législatives Éléonore Leprettre a finalement renoncé. « Les conditions n’étaient pas réunies parce qu’il n’y a pas d’accord national avec le Modem. Je suis fidèle à mon parti et à mes engagements », déclare-t-elle à Marsactu.

Christophe Madrolle reconnaît pour sa part avoir échangé avec plusieurs candidats avant de choisir de rallier l’équipe Berland : il avait à plusieurs reprises tendu la main à Samia Ghali (DVG) et admet notamment avoir « vu Bruno Gilles, mais pas vraiment discuté ». « [Yvon Berland] est largement plus capé que moi pour devenir maire de Marseille », salue-t-il, expliquant sa décision par « une rencontre ».

Une « bête politique » aux côtés des marcheurs

Venu des Verts, il revendique une sortie « de la distorsion gauche-droite » : « Je sais d’où je viens, mon engagement reste entier. Mais cette gauche qui éclate ne m’intéresse pas ». L’UDE, l’autre étiquette de Christophe Madrolle, semble presque oubliée après le placement sous administration judiciaire vendredi dernier de ce micro-parti où deux clans s’opposent. Le Marseillais fait justement partie de l’aile poussant pour des alliances avec le parti d’Emmanuel Macron, comme lors des européennes de 2019.

« Il est normal et naturel que le secrétaire général de l’UDE, qui appartient à la majorité présidentielle, soutienne le candidat En marche, mais ça aurait pu en être autrement si je n’avais pas trouvé l’écoute d’Yvon Berland », assure-t-il avant de jurer que les déchirements de l’UDE n’ont « rien à voir avec mon envie d’arrêter, pas une seconde cette histoire ne m’a effleuré l’esprit dans ce choix ». Yvon Berland, lui, ne commente pas.

Dans les rangs marcheurs, si cette prise politique est vécue comme une bonne nouvelle dans une campagne au ralenti, et un verdissement politique bienvenu, difficile d’y voir une grande surprise. Madrolle est avant tout « une bête politique », qui peut s’avérer utile en ces temps troublés. « Cela fait des mois qu’on le voyait venir, souffle-t-on en off. C’est une stratégie classique, on crée un rapport de force, on montre ce qu’on pèse et puis on propose une alliance ». Le concerné a une tournure plus poétique. « Je pollinise des idées écolos dans la politique marseillaise ». Et fait mon miel, serait-on tenté d’ajouter.

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Commentaires

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  1. marseillais marseillais

    Et bien, une nouvelle fois, Madrolle va réussir à nourrir toute sa petite famille avec la bénédiction de l’Elysée !

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  2. Titi du 1-3 Titi du 1-3

    Madrolle une bête politique ? à moins que ce soit péjoratif, je comprends pas….

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    • julijo julijo

      oui j’avoue moi aussi : madrolle une « bête politique » ????? ça alors, et on ne le savait pas….je comprends pas non plus.
      C’est de l’humour, du second degré ?
      et que devient son « binôme » benhamias ??? lui aussi pourrait s’appeler « bête politique » !

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    • Tarama Tarama

      Faire carrière en étant aussi insignifiant doit requérir quelques compétences politiques (politiciennes).

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  3. patrick patrick

    nouveau monde vieilles habitudes, macron emportera avec lui tous ces opportunistes de la gamelle

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    • Zumbi Zumbi

      Enfin une idée neuve dans la campagne : la gamelle bio. Mais pas équitable.

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  4. Pitxitxi Pitxitxi

    Qui pensait que Madrolle (qui doit peser 1% ou 2% d’intention de votes, à tout casser) allait continuer sa route tout seul ? Qui pensait qu’il n’allait pas caser tous ses amis (et donc, son épouse) sur une autre liste ? Et qui pensait qu’un LREM à l’agonie ne serait pas les premiers à plonger dedans et à leur laisser une tête de liste ?

    La spécialité de cette « bête politique » : voguer de partis en partis (MODEM, EELV, UDE ou que sais-je), voguer de listes en listes en se plaçant sur des listes d’union, et puis toujours finir par gratter un petit mandat de-ci de-là.

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  5. Zumbi Zumbi

    Lu aujourd’hui dans la Marseillaise : Madrolle « se voit en Jiminy Lee Cricket  » — veut-il dire que Berland est aussi menteur que Pinocchio ?

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  6. Tarama Tarama

    Une liste sans Madrolle, c’est encore du Madrolle…

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