Avant la décision de la justice, la Ville exfiltre trois écoles du contrat de PPP

Actualité
le 24 Déc 2019
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En toute discrétion, la Ville a sorti trois écoles de la première vague de démolitions et reconstructions prévues dans le cadre du partenariat public privé. Il s'agit de trois établissements des quartiers Nord inscrits qui vont être transférés dans les projets de rénovation urbaine.

L'école Kallisté 1 est dite de style Pailleron car elle présente les mêmes charpentes métalliques que l'école détruite en 1973.

L'école Kallisté 1 est dite de style Pailleron car elle présente les mêmes charpentes métalliques que l'école détruite en 1973.

Dans le discours, le PPP des écoles tient toujours. Qu’importe une première annulation par le tribunal administratif, le vote d’un plan B et l’attente de la décision de la cour d’appel sous quelques jours, la Ville a déjà fait une croix sur ce contrat à un milliard d’euros. L’enterrement s’est fait en toute discrétion, sans fleur, ni couronne. Pourtant il y avait foule au conseil municipal, le 25 novembre dernier. Mais après plus de sept heures de débat, il n’y avait plus grand monde, ni dans la majorité, ni dans l’opposition, pour souligner cet abandon.

Pourtant l’adjointe aux écoles Danielle Casanova a pris le soin d’intervenir sur le rapport 279. Une intervention que même le replay vidéo de la Ville n’a pas réussi à immortaliser. L’élue des quartiers sud soulignait que la Ville s’apprêtait à financer la construction de trois écoles dites « GEEP » « qui ne sont ni dans le 6e, ni dans le 8e mais dans le 13e, le 14e et le 15e arrondissements pour un montant de 69 millions ».

Retrait du PPP

Danielle Casanova omet en passant un détail crucial : ces trois écoles à charpente métallique construites dans les années 1970 faisaient partie de la première vague des démolitions/reconstructions prévues dans le contrat de partenariat public privé (Relire notre dossier consacré au PPP des écoles). Or, ces travaux seront finalement réalisés en maîtrise d’ouvrage publique, un scénario initialement écarté par la mairie au profit du contrat de partenariat avec les entreprises du BTP.

Déjà, en avril dernier, la Ville avait retiré de cette liste les écoles Jolie-Manon et Docks libres pour tenir compte de la « forte pression démographique » que connaissent la Belle-de-Mai et Saint-Mauront. Cette fois-ci, c’est l’avancée des programmes de rénovation urbaine, financés en grande partie par l’État, qui sert de justification.

Concernant le programme de démolition – reconstruction des écoles GEEP inscrit au Plan Ecole Avenir, l’avancement des études urbaines conduites par le GIP Marseille Rénovation Urbaine dans les périmètres du Nouveau Plan National de Rénovation Urbaine (PNRU) conforte la nécessité de procéder à la reconstruction des écoles GEEP présentes dans ces périmètres.

Interrogée à ce sujet, l’adjointe à la rénovation urbaine, Arlette Fructus se réjouit de voir avancer trois écoles inscrites de longue date dans des projets de rénovation urbaine. « Je pense que cela satisfait tout le monde que ces chantiers soient aussi financés par l’Agence nationale de rénovation urbaine », souligne-t-elle avec un brin d’ironie.

Quant à l’inscription de ces écoles dans le controversé PPP des écoles, l’élue radicale, dont la position au sein de la majorité semble de plus en plus délicate, ajoute une pelletée de terre sur le projet municipal : « ça a l’air plutôt mal embarqué, non ? »

Trois écoles inscrites dans des projets urbains

Le directeur de Marseille rénovation urbaine, Nicolas Binet assure pour sa part que l’Agence nationale de rénovation urbaine avait été consultée pour vérifier qu’il n’y avait pas d’incompatibilité entre un projet de rénovation et un dispositif intégralement pris en charge par le privé. « Cela ne posait pas de problème juridique », estime-t-il.

Mais il voit finalement quelques avantages à ce que les écoles sortent de la liste du PPP. « Dans un projet de rénovation urbaine, il y a un urbaniste qui réfléchit les projets à l’échelle du quartier. Cela permet de travailler les projets en ayant une vision globale du site et sans être obligé de réaliser l’établissement sur son site initial« .

À titre d’exemple, l’école du boulevard Bouge, à Malpassé, doit s’installer sur la future place des écoles. Elle doit également servir d’articulation entre les aménagements publics de la partie haute et basse du vallon. Cela permet notamment d’assurer un maintien des élèves sur site durant les travaux de construction des nouveaux bâtiments.

Le même scénario serait mis en œuvre pour l’école Vayssière à Saint-Barthélémy (14e) et celle de l’école de Kalliste (15e). Dans cette copropriété, l’école devrait être reconstruite sur une parcelle faisant face à l’actuelle école et ainsi, éviter l’acrobatie complexe d’un chantier en site occupé que prévoyait le projet de PPP.

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Commentaires

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  1. MarsKaa MarsKaa

    Ah ben voilà une bonne nouvelle pour Noël 🙂
    En espérant que les travaux ne se fassent pas au train d un senateur !
    (A l occasion, Bonnes fêtes à toute l l’equipe !)

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  2. Brallaisse Brallaisse

    La décision de justice esr tombée. Une grande claque de plus pour la Ville.
    Joyeux Noël Jean Claude !

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  3. PromeneurIndigné PromeneurIndigné

    Gaudin va-t-il poser les premières pierres avant les élections municipales ?A l’évidence pour cet ancien prof et pour son adjointe, ancienne directrice d’école, l’enseignement gratuit, laïque et obligatoire n’a jamais été la priorité. On préfère actuellement jeter l’argent public par la fenêtre dans la « requalification » des voies principales du centre-ville, en y faisant poser des pavés qui déjà se disjoignent . Quant à la signalisation et l’éclairage nocturne de ces travaux ,c’est sans importance On ravale les façades du Cours Lieutaud alors que certaines voies latérales sont barrées par précaution en prévision du risque d’effondrement d’immeubles frappés de péril. Marseillais centre est devenue la ville Potemkine.

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