Au tribunal, une fonctionnaire municipale dans la spirale de la corruption ordinaire

Actualité
le 29 Fév 2024
6

Durant plus d'une semaine, le tribunal correctionnel de Marseille a jugé Rosina Livolsi ainsi que 13 intermédiaires pour une "escroquerie en bande organisée", fondée sur la promesse d'obtenir un logement social contre rémunération. Récit d'un "système" qui a sévi pendant plusieurs années à la mairie des 2/3.

La salle d'audience de la caserne du Muy, à Marseille. (Photo : CMB)
La salle d'audience de la caserne du Muy, à Marseille. (Photo : CMB)

La salle d'audience de la caserne du Muy, à Marseille. (Photo : CMB)

Rosina Livolsi, 52 ans, fonctionnaire titulaire depuis 1998, n'a jamais passé un jour en prison. Mais lors de son procès, le ministère public a requis pas moins de cinq ans ferme à son encontre. Une première, dans une affaire de corruption de ce niveau. L'employée de la mairie des 2e et 3e arrondissements a été entendue par la 6e chambre bis du tribunal correctionnel de Marseille, entre le 19 et le 27 février, pour des faits de corruption passive, trafic d'influence passif, escroquerie en bande organisée, faux et contrefaçon de chèques entre 2016 et 2019. L'escroquerie en question : faire miroiter à des familles précaires l'obtention d'un logement social en échange d'une somme d'argent. Certaines fois avec succès, d'autres non. Quarante candidats malheureux ont porté plainte.

Chevelure noire et vêtements noirs, Rosina Livolsi est contrainte de reconnaitre les faits, souvent en les minimisant. Son compagnon est dans le public, son fils et sa belle-fille sont sur le banc des prévenus à ses côtés. En tout, 13 intermédiaires sont jugés. L'enquête commence en 2018 après plusieurs signalements, contraignant la direction des ressources humaines de la Ville a écrire à Michèle Azoulay, la directrice de cabinet de la mairie des 2/3 : "il m'a été rapporté que Rosina Livolsi a demandé 1000 euros contre un logement social", lit-on. Dans la foulée, Michèle Azoulay et la maire de secteur (DVG) Lisette Narducci écrivent au procureur de la République.

Lorsque l'enquête administrative et l'enquête judiciaire s'enclenchent, Rosina Livolsi doit changer de poste. Elle perd alors la place qu'elle occupait au service logement de la mairie des 2/3. Mais pendant plusieurs mois, elle continuera à faire croire à ses "proies" qu'elle dispose toujours d'un pouvoir sur les affectations des logements sociaux. C'est à cette période qu'elle est placée sur écoute. Le tribunal lit des échanges SMS et des retranscriptions d'appels on ne peut plus explicites. Monsieur F, par exemple, aurait donné 600 euros à la prévenue contre la promesse d'un logement. Lors d'une . . .

Clara Martot Bacry

Commentaires

ordre

6 commentaires


Rejoignez-la communauté Marsactu pour, vous aussi, contribuer au débat local. Découvrez nos offres

ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné⋅e.
  1. Tyresias

    Le circuit de la misère à tous les niveaux ?

    Signaler
    • bud_ice13010

      Elle a juste oublié une choses élémentaire dans l’exercice de ses fonctions : les droits et devoirs des fonctionnaires dont la probité…

      Signaler
  2. tj13

    « Plusieurs risquent de perdre leur emploi dans la fonction publique » : c’est la moindre des choses !

    Signaler
  3. Karine

    Quid de azoulay, carrega et narducci? Non parce que le signalement date de 2018 mais les faits de 2016. Pourquoi cette dame n’a pas parlé ? Ça fait peur!

    Signaler
  4. Patafanari

    Elle aurait dû faire de la politique. Elle avait toutes les qualités pour réussir dans ce métier.

    Signaler