Nature empêchée ou valorisée, les rapports complexes de Marseille à son environnement
Marseille est-elle la "ville-nature" que l'on imagine ? Riche par son patrimoine naturel, la deuxième ville de France est très inégalitaire quand on la regarde par le prisme de l'environnement, comme le raconte la chercheuse Carole Barthélémy, qui consacre un livre au sujet. Interview.
Le soleil se couche sur la plaine des loisirs de la Busserine. (Photo : E.G.)
La couverture arbore de jolies couleurs bleu ciel, turquoise calanque, vert colline, jaune soleil. Le sujet du livre de Caroline Barthélémy, intitulé Marseille, "ville-nature", ne fait pas de doute. La façon de l'aborder, elle, est un poil plus complexe. La chercheuse du Laboratoire Population - Environnement - Développement (LPED) de l'université Aix-Marseille mène ici une observation à la croisée des chemins de la sociologie, de l'urbanisme et de l'écologie. Des années durant, l'autrice a cherché à comprendre comment Marseille a pris en compte — ou pas — la nature dans ses politiques publiques d'aménagement urbain, mais aussi comment l'environnement a influencé cet aménagement. Surtout, elle s'est questionnée sur les usages que font les Marseillais de la nature, et les inégalités qui les touchent quand ils cherchent à y accéder, ou en rêvent.
Loin des immenses panneaux publicitaires qui vantent "écoquartier" et "ville durable", Carole Barthélémy interroge, du nord au sud, les habitants de cette ville entourée de collines, aux portes d'un parc naturel national et bordée par la mer. Cette ville dans laquelle on trouve aussi, par endroits, une "nature empêchée" par les logiques financières des promoteurs et les privilèges des classes supérieures. Mais également des interstices et des pratiques informelles, culturelles, qui rappellent que la nature peut aussi ressurgir où on ne l'attend pas forcément.
Vous intitulez votre livre Marseille, "ville-nature", mais dès l'introduction, on se rend vite compte que cela est plus complexe qu'il n'y paraît. Quelles sont les spécificités naturelles de Marseille ?
Marseille est une ville au patrimoine naturel conséquent : le littoral, les collines, les calanques... De l'Estaque aux calanques, le développement urbain se fait sur une vaste superficie de 240 kilomètres carrés, dont 150 sont véritablement urbanisés. Le centre urbain est très dense et dans les . . .
Comme si souvent, le Gabian donne la parole à une Marseille vivante et dynamique … J’ai la chance insigne de vivre dans un de ces micro-quartiers sud, en lisière de la Madrague de Montredon.
Oui, c’est vrai, nous avons nos petites plages ‘familiales’ et ça n’a pas de prix. Les jardins nous donnent de l’air, et les visiteurs ont du mal à croire, en été, que ma maison n’a pas de clim’ : elle est seulement bien orientée, je laisse ouverte une fenêtre donnant sur un recoin abrité du soleil.
Quant au jardin et à la cueillette, la pollution du sol par les décennies d’industrie chimique à proximité (Mante et consorts) n’empêche pas les plantes de pousser, mais les rend (je le sais grâce aux reportages de Marsactu, merci) impropres à la consommation. Mieux vaut laisser pousser fusains, laurier-rose, yuccas, pin, cyprès, et réserver pour des pots ou jardinières basilic, menthe, thym, romarin, verveine, voire tomates, ou même agrumes, fraises, framboises.
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On ne dira jamais assez qu’Euromediterranée est une catastrophe urbaine, à fortiori naturelle. Conduite par et pour des promoteurs avec des urbanistes du désastre. Il faut que la Ville, les marseillais, stoppent cette opération et se réapproprient ce territoire. Idem l’Anru.
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