Au procès « hors norme » des boues rouges, cinquante ans de pollution remontent à la surface
La salle d'audience du tribunal administratif de Marseille était trop petite pour accueillir les dizaines de requérants et sympathisants de la cause venus assister à la tentative de mettre fin aux rejets en mer d'Alteo. Mais le préfet se voit également reprocher d'avoir occulté l'impact de son autorisation sur le site de stockage à terre de Mange-Garri.
Au procès « hors norme » des boues rouges, cinquante ans de pollution remontent à la surface
Rajouter quelques chaises. Ouvrir les portes pour que l'on puisse suivre l'audience du dehors. Amener une table supplémentaire pour les avocats d'Alteo. Aller chercher une nouvelle pile de chaises. Tenter de trier les porteurs de recours des militants écologistes. Gérer les prises de vue des télés... Après une petite demi-heure de coup de feu, les assistants du tribunal administratif commencent à voir le bout. Les trois juges entrent. Reste à faire asseoir tout le monde, enfin ceux qui le peuvent, obtenir le silence. Respirer un bon coup. Et plonger pendant quatre heures dans le dossier des boues rouges.
Ce jeudi, le tribunal administratif de Marseille examine de manière groupée six recours, portés par un total de treize particuliers et quinze associations, contre l'arrêté préfectoral qui autorise l'exploitation de l'usine d'alumine Alteo de Gardanne. Bondée, la salle donne d'emblée le ton de ce dossier "hors normes", selon l'expression du rapporteur public. "C'est la première fois que je vois une telle affluence dans une salle d'audience. Je ne peux que me féliciter d'un tel intérêt pour les questions environnementales", glisse-t-il en guise d'avant-propos.
La présidente, Anita Hasser, est une habituée de ces questions. Elle est aussi bien connue des Gardannais présents dans la salle. Il y a un an, elle a officié dans un autre dossier sensible, celui de la centrale biomasse, dont elle a annulé l'autorisation d'exploiter. Mais cette fois-ci, c'est loin de Gardanne, au fond du canyon de Cassidaigne, que se jouent les débats.
"Une génération"
L'Union calanques littoral, des pêcheurs, Surfrider Foundation, Sea Shepherd ou encore Zéa sont d'abord là au nom de la Méditerranée . . .
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