Arnaud Montebourg a-t-il lâché les Fralib ?

À la une
le 3 Avr 2013
3

Après s'être fait chahuter par les marins de la SNCM à la gare Saint-Charles, Arnaud Montebourg espérait peut-être retrouver un peu de calme salle Sénac où il donnait meeting face à une assemblée composée largement de militants socialistes. Si la Manif pour tous n'a jamais atteint le haut de la Canebière, une petite délégation des salariés de Fralib avait fait le déplacement pour écouter le stand-up du ministre du redressement productif. Arrivés bien en avance, les défenseurs de l'Éléphant ont bien vite été pris en charge par l'entourage du ministre pour finalement obtenir un rendez-vous avec le MRP himself.

L'interview matinale dans La Provence comme leur entrevue avec le conseiller ministériel Boris Vallaud dans la journée ne les avaient pas convaincu. Montebourg ne les a pas beaucoup plus rassurés. Celui qui avait promis une solution en "un mois" en juin dernier n'avait plus revu les grévistes de Gémenos depuis septembre. Il leur a expliqué hier soir qu'il allait falloir "faire sans Unilever".

Pour des ouvriers qui réclament depuis trois ans de redémarrer leur activité avec une part de sous-traitance confiée par la multinationale, le discours ne pouvait pas être entendu. Le ton est monté entre les deux parties à tel point que les services de sécurité ministériels ont cru bon de passer la tête dans l'embrasure de la porte pour vérifier que leur chef ne s'était pas fait décoiffer.

Montebourg et "la belle époque"

Rien à signaler, le ministre est ressorti souriant et la mèche intacte. Le cas des Fralib lasse au ministère où on regrette une forme de jusqu'au-boutisme des syndicats. "Il nous a dit que ça faisait trois ans qu'Unilever ne bougeait pas et qu'à un moment donné, il fallait savoir faire sans, confirme Olivier Leberquier, le délégué syndical CGT. Il a rappelé qu'Unilever représentait 2800 emplois en France et qu'il ne fallait pas non plus les effrayer".

Tout ceci s'étant déroulé à huis clos, Leberquier y est allé de sa petite question durant le "bilan de mandat ministériel". Largement applaudi par les militants présents, il a rappelé les audaces du Montebourg candidat à la primaire et les renoncements du ministre. "C'était la belle époque", a opiné discrètement le ministre. "Il ne vous aura pas échappé M. Leberquier, que je n'ai pas été élu", a plus tard repris le membre du gouvernement avant d'indiquer que l'annulation du 3e plan social ouvrait de nouvelles perspectives. Celles-ci ont trait à l'engagement 35 de François Hollande durant la campagne présidentielle confirmé en février dernier. Celui-ci stipule que "le coût des licenciements collectifs pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs actions", sera augmenté.

Dans cette lignée, le syndicaliste veut croire que les leviers existent pour faire pression sur la firme, notamment en réclamant le remboursement des allocations chômage versées aux salariés dont le départ amiable de Fralib a été cassé par le tribunal. Selon Leberquier, le ministre a promis de veiller à l'application de la décision de justice. Les salariés seront de leur côté toujours aussi vigilants : "Si vous, vous capitulez, nous, nous ne capitulerons pas !"

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Philippe Philippe

    Problème de compréhension du champ “ça vous rend”.
    Ca rend vraiment heureux 67 % des lecteurs que Montebourg ait laché les Fralib?
    Ce n’est pas la première fois que je trouve que la question est mal posée…

    Signaler
  2. annik annik

    Montebourg s’est il trompé de camp au moment des élections?…Pourquoi n’a-t-il pas encore démissionné?!

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire