Après s’être ralliée à Gaudin, Lisette Narducci (PRG) est tentée de quitter sa majorité

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le 16 Oct 2017
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Jeudi dernier, le conseil des 2e et 3e arrondissements est venu souligner les importantes divergences entre la maire de secteur et la majorité municipale à laquelle elle appartient. Mais après avoir sondé sans succès la possibilité de construire dans les 2/3 une majorité de gauche, Lisette Narducci devrait pour l'instant maintenir son soutien au maire.

« J’espère qu’on est toujours dans un conseil de la majorité municipale. » Deux bonnes heures après le début du conseil des 2e et 3e arrondissements ce jeudi, Solange Biaggi  (LR) s’agace. « Vous êtes de droite, je suis de centre-gauche, c’est une alliance de gestion », lui rétorque Lisette Narducci. Le ton est en train de monter au sein même de la majorité municipale. Celle des 2e et 3e arrondissements a depuis 2014 un caractère plus hétéroclite que les autres. En 2014, la maire de secteur PRG Lisette Narducci s’est alliée au second tour avec Jean-Claude Gaudin.

À l’époque, les ennemis communs – le candidat socialiste Patrick Mennucci et le Front national – avaient suffi à fédérer. Bien sûr, pour habiller le débauchage de celle qui était alors proche de Jean-Noël Guérini, il y avait eu quelques engagements à mieux servir ce secteur que précédemment. Mais, à l’usage, Lisette Narducci déchante et le conseil d’arrondissements se transforme en une longue liste de reproches. Le budget de la mairie de secteur ? « Inchangé depuis dix ans ». Les équipements publics ? « On construit mais le reste ne suit pas. Il faut qu’on puisse faire garder ses enfants, aller au parc, avoir des places à l’école… » La droite répond Euroméditerranée, opération Quartiers libres, parc Bougainville : « Ce n’est tout simplement pas vrai de dire qu’on n’investit pas dans ces quartiers », tance Solange Biaggi. Mais la critique de Lisette Narducci est appuyée et répétée.

Votes divergents

Des votes viennent ensuite marquer les divergences. Sur une garantie d’emprunt pour un projet de logements sociaux, trop nombreux à son goût, l’ensemble de ses proches s’abstient. Sur le nouveau plan de rénovation urbaine, Lisette Narducci qui estime que les logements nouvellement construits dans son secteur ne bénéficieront pas à ses habitants, refuse de prendre part au vote. « On ne peut pas dire « tout ce qui est bien, c’est grâce à moi et le reste, c’est la mairie centrale » ou alors on est dans l’opposition ! », s’agace Gérard Chenoz (LR) auprès de Marsactu.

La rupture semble consommée et pourtant, elle n’est pas actée. « Dans notre accord de gestion, je me suis engagée à voter le budget à condition que des équipements soient construits sur mon secteur », rappelle-t-elle. Serait-elle prête à suivre sa logique et à quitter la majorité alors qu’elle explique que lesdits équipements ne suivent pas ? « Pour l’instant, on n’a fait que voter des choses mais au moins, on l’a fait. Maintenant, à mi-mandat on aimerait qu’elles se fassent », lâche-t-elle. Mais en mars prochain, elle devrait encore donner son aval au budget de Jean-Claude Gaudin.

Tentative avortée de débaucher à gauche

La situation politique complique tout retour dans l’opposition puisque sans les élus de droite de son secteur emmenés par les élus Les Républicains Solange Biaggi et Gérard Chenoz, elle ne disposerait plus que d’une majorité relative au sein de son conseil d’arrondissements. De sources concordantes, Lisette Narducci a bien tenté cet été quelques approches auprès des quatre élus de l’opposition PS et Front de gauche, sans succès. L’idée ? Reconstruire une majorité de gauche dans son secteur et ainsi lui permettre de quitter la majorité municipale. « Je n’ai pas passé un seul coup de fil », dément Lisette Narducci. « Par contre, j’ai reçu beaucoup d’appels, à droite comme à gauche », complète-t-elle sans s’étendre sur une éventuelle tentative de sortie.

Pour l’heure, l’élue reste donc sur cette corde raide de l’opposition interne mais pour combien de temps encore ? « Par intérêt électoral, ils ont fait une alliance qui n’est pas tenable. Ils lui refilent tous les problèmes », glisse Eugène Caselli, qui menait en 2014 la liste socialiste dans ce secteur et qui avait refusé toute alliance avec Lisette Narducci. « Elle était au PS, à Force du 13, au parti radical de gauche, a soutenu Macron mais n’a pas fait campagne pour sa candidate aux législatives… Je pense qu’elle est assez isolée », commente Gérard Chenoz (LR). Partant de ce constat, celui-ci a beau jeu de lâcher : « J’essaie de la garder au maximum cette alliance. Ceci dit, après, si quelqu’un veut divorcer, il divorce. Mais ça ne viendra pas de notre part. »

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