Tout ne tient qu’à un fil

Idée de sortie
Journal Ventilo
25 Jan 2019 0

Depuis treize années, au mois de janvier, le café-disquaire Lollipop Music Store affiche sur ses murs les photos de Pirlouiiiit de Live in Marseille. Cette fois, l’actualité transforme le rituel en une exposition exclusivement dédiée à l’emblématique Machine à Coudre, condamnée à la fermeture depuis le drame de la rue d’Aubagne en novembre dernier.

Photo de Pirlooouit

Sous les décombres d’une politique immobilière décadente, cette scène « qui donnait sa chance à tout le monde et par laquelle tout le monde commençait », ce lieu convivial, pas bégueule, avec ses familiers, ses avertis, ce jumeau reconnu du new-yorkais CBGB (le club qui, de 1973 à 2006, vit débuter Patti Smith, les Ramones, les Talking Heads…), ce haut lieu de partage musical qui, par-delà son image rock (Conger! Conger!, Cowboys From Outerspace, Elektrolux…),  accueillait aussi bien du flamenco (Antonio Negro), des groupes de chanson française (Pagaille, Pense-Bête, Drôles de Drames)… eh bien, ce lieu a été mis en veille jusqu’à plus ample avis des experts.

Question d’adresse : le club sis 6 rue Jean Roque partageait, à la perpendiculaire, un bout de mur avec le 63 de la rue d’Aubagne — l’immeuble qui, parmi d’autres, s’est effondré le matin du 5 novembre 2018, faisant huit morts et des centaines de délogés.

D’habitude, au sortir des fêtes de fin d’année, le photographe aux quatre « i » expose des clichés qui retracent ses déambulations au long de l’année échue (en moyenne 150 concerts !), formant une sorte d’historique de la scène rock marseillaise. Mais, en 2019, pour marquer le coup et soutenir la Machine à Coudre, pas de groupe, pas de visage, pas de son ; juste un retour élégant sur dix ans d’images pour une progression pensée comme « une visite virtuelle de la Machine à Coudre : la porte d’entrée est ouverte, J2P le barman assure l’accueil, la foule envahit l’espace, gros plan sur le débit de boisson, montée des escaliers, la salle, la console son, une petite machine à coudre (éclairée seulement lorsque la lampe du bureau est allumée), des traces de pas au plafond (!), l’aquarium aux fumeurs, les pieds d’une chanteuse… Pour montrer un lieu underground avec ses codes de “sous-terriens” : des murs un peu crado, une salle comble, une lumière assourdie, une tension… »

Vendredi soir chez Lollipop, c’est showcase. Ils sont tous là, les inconditionnels de la scène rock alternative : musiciens, techniciens, labels, photographes, artistes et autres « lollipotes » qui défendent une certaine culture, indépendante, exigeante. Ils témoignent de ce qu’ils doivent à la Machine à Coudre, depuis sa création au Panier en 1994. Ils soutiennent activement Claire, J2P et reprennent ce mot d’ordre : « Il faut que ça rouvre, ici ou ailleurs ! » Bien sûr, l’idéal serait de pouvoir assurer l’ancrage en centre ville et maintenir le lien géographique, le tissu culturel solidaire ou complémentaire avec le Molotov, la Salle Gueule, l’Embobineuse, la Tâche et Lollipop. Pour y parvenir, la tribu est prête à en découdre.

Patricia Rouillard

• Exposition Spéciale (soutien à la) Machine à Coudre : jusqu’au 9/02 au Lollipop Music Store (2 boulevard Théodore Thurner, 6e). Rens. : 04 91 81 23 39 / http://lollipopstore.free.fr/

• Concert de soutien à la Machine à Coudre, avec Conger ! Conger !, Garces Kelly et La Coupure : le 23/02 à l’Embobineuse (11 boulevard Boues, 3e). Rens. : 04 91 50 66 06 / www.lembobineuse.biz

Journal Ventilo
Bi-mensuel culturel gratuit, partenaire de Marsactu.


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