Safari en Ferrari

Idée de sortie
Journal Ventilo
8 Mar 2019 0

Après vingt-sept ans d’existence, le mythique Poste à Galène s’éteint. Mais que l’on se rassure, le Makeda prend la relève, et les amoureux de ce lieu n’ont pas fini d’y danser.

Décidément, l’hypercentre de Marseille vit ces derniers mois une période d’éboulements, de chamboulements, de revirements, de bouleversements. Forcé de baisser définitivement le rideau de certains de ses lieux cultes, affaibli par la fragilité de ses murs et la violence de ceux qu’on lui impose, c’est avec anxiété qu’il appréhende le futur. Sortons du morose : à partir du mars, Aude Kabore et Francine Ouedraogo Bonnot rouvrent les portes du 103 rue Ferrari sur une salle qui fait peau neuve : le Makeda.

Makeda, c’est le nom donné à la reine de Saba. Célèbre souveraine noire arrivée à Jérusalem chargée d’épices, d’or et de pierres précieuses selon les textes, qui de mieux que celle qu’on appelle également la « Reine du Midi » pour symboliser la renaissance de cette salle ? Makeda, c’est aussi le titre phare des Nubians, maquetté à Marseille à l’époque. Les deux sœurs, passées reines de la soul française outre-Atlantique à la fin des années 90, nous feront l’honneur de se produire en chair en en os le premier soir d’inauguration.

C’est donc dans une énergie féminine et lumineuse qu’Aude et Francine nous invitent à célébrer l’ouverture de leur nouveau lieu. Le binôme n’en est pas à son coup d’essai, puisque les demoiselles sont à la tête de l’association Orizon Sud et organisatrices du festival Meltin’art. On se prépare à une semaine musicalement mémorable, et la programmation nous fait déjà saliver : les Nubians, King Krab, Conger! Conger!, Slim Paul, SoVox, Flavia Coehlo, Germaine Kobo, Élodie Rama, Gari Greu, Dj Djel ft K-méléon, Selecter The Punisher, entre autres talents voisins ou de plus loin. Quatre soirs de concerts en entrée libre à leur image, quatre soirs aux styles métissés, quatre soirs de fête, de musique et de danse, orchestrés par les nouvelles reines des soirées phocéennes.

L’ambition des heureuses propriétaires est claire : pour l’avenir, elles veulent qu’entre leurs murs s’expriment l’art, la solidarité, le partage, à travers ateliers et résidences d’artistes. Une envie de les oublier, ces cloisons, et de s’ouvrir au monde. Un élan d’union qui se traduit par l’invitation d’autres salles de la ville à y organiser évènements et soirées. La musique, medium de joie universel, aura pour sûr la part belle, avec pas moins de quatre soirs de concerts par semaine. Le mercredi, on ira y écouter un set acoustique ou une jam. Le jeudi, on y découvrira des artistes locaux. Le vendredi, des nationaux. Et le samedi ? Place aux machines et aux dj sets. Un agenda à savoir où donner de la fête ! Côté programmation, tous les goûts seront ravis : puissance de rock, acidité de l’électro, épices de la black music, aigre-doux des années 80, un éclectisme qualitatif pour un menu intercontinental. Suiveurs de têtes d’affiche, dénicheurs de nouveaux talents, fêtards invétérés, danseurs déchaînés, il semblerait qu’une seule et même adresse se donne le défi de tous nous réconcilier.

Lucie Ponthieux Beltram

Inauguration du 6 au 9/03 au 103, rue Ferrari, 5e. Rens. : www.facebook.com/events/342868429647391/


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