Quartiers latins

Idée de sortie
Journal Ventilo
31 Oct 2018 0

Pour aborder l’automne en douceur, l’équipe d’Horizontes Del Sur présente la dix-septième édition de son festival de cinéma espagnol, CineHorizontes, avec une recette qui a fait son succès : de nombreux films inédits, des invités de haut vol, saupoudrés de musique et littérature hispaniques.

La tendance est largement partagée parmi les pays du continent européen : quand bien même existe-t-il un réel dynamisme cinématographique des plus remarquables, c’est une bien faible minorité des œuvres qui parvient à traverser les frontières et s’afficher sur les écrans hexagonaux. Nous voilà donc le plus souvent privés de films qui dépassent, pour certains, les qualités d’écriture de nombreux opus pourtant largement distribués en salles. Ainsi s’organise aujourd’hui le marché, l’industrie, système dont la mutation inévitable nous laisse entrevoir, osons l’utopie, un profond changement des pratiques. La seule solution offerte au spectateur curieux de découvrir les richesses de cinématographies particulières reste bien évidemment le festival, qui nous ouvre les portes de productions presque invisibles mais non moins passionnantes.

C’est le cas de CineHorizontes, qui, pour la dix-septième année consécutive, nous immerge au cœur de l’exaltante vitalité du cinéma espagnol, s’accordant parfois quelques incursions en Amérique Latine. Durant près d’une dizaine de jours, l’équipe de la manifestation offrira un vaste panorama de la création contemporaine — et parfois classique — transpyrénéenne, où le cinéma le disputera à la musique, la littérature à la photographie, sous l’égide de nombreux et prestigieux invités. À commencer par l’acteur Vladimir Cruz, dont le jeu subtil, en 1993, dans le Fraise et chocolat du Cubain Tomas Gutierrez Alea, nous avait fait l’effet d’une bombe. Sa présence au festival sera l’occasion d’une courte rétrospective du cinéma cubain, et de la projection de son dernier film, Los Buenos Demonios de Gerardo Chijona. La jeune cinéaste Marta Díaz de Lope ouvrira le festival avec son premier long métrage, inédit en France, Mi Querida Cofradía, tourné en Andalousie.

Suivront l’éminent écrivain Antonio Muñoz Molina, l’un des plus grands intellectuels de l’Espagne contemporaine, qui a choisi, pour sa carte blanche cinématographique, le chef d’œuvre de Victor Erice, L’Esprit de la ruche. À ses côtés, l’ineffable Sergi Lopez, formidable acteur et homme d’une générosité folle, endossera le rôle du parrain de l’édition 2018, sans oublier la magnétique actrice Bárbara Lennie, qui présentera entre autre Petra de Jaime Rosales. Défilera alors, au fil des jours, la quarantaine d’opus présentés aux sections compétitives, dont une majorité eux aussi inédits en France, d’El Autor de Manuel Martín Cuenca à Las Heridas del Viento de Juan Carlos Rubio. Ajoutons à cela un cycle de cinéma basque, des séances de courts, des moments musicaux — dont un concert aux rythmes de Ruben Paz —, une exposition photographique, des ateliers d’écriture et des délices culinaires, et voilà derechef un mezcla des plus détonants pour plonger la cité phocéenne en pleine movida cinématographique.

Emmanuel Vigne

CineHorizontes : du 3 au 16/11 à Marseille et en Région Sud-Paca.

Renseignements : 04 91 08 53 78


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