Observation d’une citoyenne 6

Billet de blog
le 6 Mar 2020
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Une campagne pour les municipales

Comprendre ce que signifie « faire campagne », dans l’élection municipale qui vient, me semble intéressant mais ardu. C’est pourquoi, je m’y attache avec enthousiasme.

Pour prendre la mesure de chaque candidat, tête de liste, Marsactu m’a donné la possibilité d’assister aux entretiens filmés qui sont en direct sur les réseaux. Cela me donne envie de partager mon ressenti.

 

Michèle Rubirola, tête de liste du Printemps Marseillais, était interrogée par Marsactu le lundi 2 mars dernier. C’est une femme ouverte et un peu stressée qui présente sa position politique d’union des gauches marseillaises, dans leur diversité. Elle insiste sur l’innovation de la participation de citoyens non encartés dans l’ADN du Printemps Marseillais, des citoyens qui ont impulsé l’union, qui ont travaillé au programme, qui ont été volontaires pour constituer les listes électorales, qui s’investissent dans la campagne, etc. C’est clairement l’ouverture à la « société civile » par rapport aux logiques partisanes que Michèle Rubirola met en avant. Pour répondre aux journalistes sur la présence importante de partis historiques sur ses listes ou sur sa propre éviction des « Verts », elle défend l’engagement individuel de chaque candidat et son adhésion à la charte du Printemps Marseillais mais elle souligne pourtant aussi, de façon pragmatique, l’importance des soutiens logistiques que peuvent fournir les partis.

Avec ce fond principal, on n’est pas surpris de son discours « de gauche » faisant une place importante à la lutte contre les discriminations, à l’ouverture à toutes les diversités, à la modération des pratiques policières, etc. On peut regretter pourtant son faible engagement sur les questions féministes et ses concessions au développement de la police municipale.

Le sentiment que donne cet entretien est celui d’une volonté ferme de sortir Marseille du marasme de la gestion des mandats précédents pour tirer la ville vers une gestion apaisée, écologique, raisonnable, sociale. Mais il n’y a pas d’aveuglement ni de langue de bois sur un modèle à atteindre : tout est compliqué dans ce contexte, aussi bien faire l’union des gauches, que gérer l’héritage détestable de Jean Claude Gaudin, porter des projets réalistes mais socialement partagés que donner la parole à des citoyens revenus des discours politiques. On pourrait penser la tâche insurmontable mais la détermination, l’obstination et le courage de Michèle Rubirola qui a déjà réussi, avec ses partenaires, à porter un mouvement citoyen, à choisir une tête de liste, à constituer des listes de candidats et à définir les lignes d’une programmation en devenir laisse penser que les Marseillais peuvent espérer voir la sortie du long tunnel des tripotages politiciens à la lumière d’une démocratie plus active.

Michèle Rubirola donne le sentiment d’une candidate réaliste, prête à avancer dans la voie du changement sans prétendre savoir déjà le modèle à appliquer. De ce fait, son discours peut paraître flou et adaptable mais cette modération peut être aussi le gage d’une réussite qui gagnera la confiance des électeurs.

Cette candidature est dans l’esprit du temps, celui de la démocratie participative, de l’écologie, du dépassement des logiques partisanes, de la remise en cause des modèles ultra-libéraux et il faut un sacré courage pour porter cette révolution modeste.

 

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