L’hétérogénéité du dessin de presse [Chicane #8]

Billet de blog
le 19 Avr 2018
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“Un dessin réussi prête à rire. Quand il est vraiment réussi, il prête à penser. S’il prête à rire et à penser, alors c’est un excellent dessin” : pour le dessinateur Tignous, décédé lors des attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015, le dessin de presse était multiple et très hétérogène. Examinons les différents types existants.

Publiés dans la presse, cinq grands types de « dessin de presse » se dégagent de nos jours :
 
Le portrait-croquis « réaliste », se substitue généralement à la photographie et nécessite de très bonnes compétences techniques. Le dessin de presse judiciaire en est l’exemple type. Un genre assez particulier pour les dessinateurs : « J'en connais qui font ça, c'est quand même un autre boulot, déclare Georges Million, dessinateur au Dauphiné et également engagé auprès de l’association Cartooning for Peace défendant la liberté de la presse dans le monde. Malgré tout, ils essaient de retranscrire une ambiance, une émotion, peut être leurs propres sentiments. C'est beaucoup plus que la photo ».
 
Vient ensuite le dessin-fable qui illustre et donne envie de lire l'article, un genre à la fois reconnu et à part. « Dans les revues comme XXI, le dessin est là pour accompagner, explique Mykaïa, collaborateur au Monde, Siné Hebdo ou encore Rue89. Par rapport au dessin de presse ce sont deux univers assez différents et plutôt étanches. Souvent la BD se prête plus à ce genre ».
 
Plus présent dans les journaux d'actualité, le dessin culturel ou dessin d'ambiance sert à exprimer l'atmosphère d'un débat, d'un thème, d'une situation (le Brexit, des élections …) sans forcément être humoristique. Parfois il s’agit de dessins-hommage, comme lors des attentats contre Charlie Hebdo.
 
Enfin le dessin de presse d'actualité. Davantage mis en lumière depuis les attentats, ce genre qui n’en est qu'un parmi d'autres peut même s'avérer redondant pour certains dessinateurs : « De temps en temps faire du Macron ou du Trump c'est un plaisir mais je ne sais pas comment fait Plantu, (du politique) tous les jours c'est usant, exprime Million. Au bout d'un moment j'ai eu envie de faire des trucs plus drôles, plus "société" : les personnes âgées, les religions… C'est aussi du dessin de presse mais sur des sujets inusables ». Ce dessin de société dont « Sempé est le maître ultime », selon Mykaïa, est le dernier genre de cette grille d’analyse et peut-être même le plus noble de tous, ne se contentant pas de faire écho à l'actualité mais posant un engagement sur le temps long.
 

 

 Chloé Gervasi
 

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