Leurs premiers pas

Idée de sortie
Journal Ventilo
1 Fév 2019 0

Dans le cadre du festival Parallèle, l’exposition À première vue rassemble les trésors cachés de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, premiers clichés d’artistes parfois devenus grands…

Jean-Francois Dalle

Un déménagement : voilà ce qui a donné naissance à l’exposition À première vue, qui se tient depuis le 16 janvier à l’espace galerie de la Librairie Maupetit. L’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles a récemment quitté le centre historique de la ville pour un bâtiment contemporain. Dans cette école, ouverte depuis 1982, une tradition : chaque élève est invité à laisser à sa sortie l’une de ses premières photographies. En changeant de locaux, l’ENSP a donc remis la main sur plus d’un millier de ces « premières vues », premiers apprentissages, premières réussites.

Cela ressemble à un album photo géant que l’on aurait retrouvé et dont les souvenirs liés aux images se seraient un peu effacés. Pas d’explication : seulement des noms, des lieux et des dates inscrits, parfois timidement, au crayon de papier sur les passe-partout blancs. Parfois même pas. La plupart du temps, d’ailleurs, on ne sait pas qui a pris la photo. De ces souvenirs, il ne subsiste que la capture de l’image : le moment de la photographie.
L’exposition est dédiée à ce moment. À ce geste. Au cliquetis des boîtiers photographiques, aux doigts qui appuient sur lesdits boîtiers, et à ces espaces de recherche qui suivent et précèdent. L’exposition est dédiée à l’intention photographique, à la création d’un langage. Défilent devant nous des instants éclatés en couleur ou en noir et blanc, encadrés ou non. Des scènes de vie, des scènes de rue, des instants saisis, des instants créés ; des regards perdus et des corps retrouvés.

Car c’est bien le corps que l’on rencontre le plus souvent ici. C’est au corps que ces gestes photographiques rendent hommage. Ce corps compose le cadre, apparaît comme un prétexte, une excuse à l’intention photographique. Une personne dans une cage d’escalier, une personne à côté d’une voiture, une personne adossée à un mur, une personne tout sourire qui pose à côté d’une lampe. Mais ce qui intrigue le plus, ce sont ces quatre photographies en noir et blanc, sombres, ces zooms très contrastés et intrusifs qui montrent des parties du corps en mouvement, capturées sûrement au hasard d’une rue ou d’une soirée. Ces clichés dont on ignore tout interpellent, questionnent le regard, et font du corps un mystère opaque, un matériau de recherche artistique.

L’exposition, qui traverse les matières, les corps et les époques, est à voir à la fois comme une petite histoire intimiste de l’ENSP et comme une invitation à se questionner sur l’objet et le sujet de la photographie. Comme un voyage au son des cliquetis des appareils photos.

Auréliane Gillet

À première vue : jusqu’au 23/02 à la librairie Maupetit (142, La Canebière, 1er), dans le cadre du Festival Parallèle.


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