Journal de déconfinement N° 6, dimanche 26 avril, retour à la gravure

Billet de blog
le 30 Avr 2020
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Gravure Michéa Jacobi

Gravure Michéa Jacobi

Le déconfinement signifie à plus ou moins long terme la reprise de nos activités ordinaires, le retour à des tâches laissées en chemin. Comme je suis censé avoir quelque compétence alphabétique, on m’avait demandé, juste avant que le monde trébuche, de composer un Abécédaire du Jarret. Il s’agissait, à l’occasion des travaux d’aménagement de cette célèbre rocade, d’imaginer, de A à Z, 26 images et 26 textes retraçant son histoire. Les images seraient projetées sur des façades aveugles tout au long du boulevard, les textes les accompagneraient dans un petit bouquin. J’avais sans mal trouvé l’inspiration pour le J : Jarret, la rivière enfouie sous Sakakini, V : la salle Vallier où Lou Reed, transporté dans un autre monde par diverses substances illicites, donna jadis un concert peu marquant et T : Timone naturellement. Pour l’hôpital, qui fut d’abord un asile, j’avais dessiné (était-ce prémonitoire ?), un aliéné confine … dans sa camisole.

Gravure Michéa Jacobi

Mais que faire pour le H, pour le I, pour le R ? L’Hydroxychloroquine, l’ IHU et Didier Raoult sont, sans le vouloir venus à mon aide. J’ai repris mes gouges ni une ni deux et me suis mis à graver le portrait du célèbre professeur. Je l’ai aussitôt imprimé … sur une boîte de Plaquénil,

Gravue Michéa Jacobi

Restait à écrire un texte. Las, le virologue et le traitement qu’il propose sont le sujet de tant d’espoirs, d’enthousiasmes et de discussions, que j’ai bien failli renoncer.

C’est que Marsactu a déjà consacré à Didier Raoult un excellent article : https://marsactu.fr/homme-de-reseaux-et-enfant-terrible-de-la-recherche-enquete-sur-le-systeme-raoult/. C’est que les épistémologues, loin des les interminables « pour ou contre », ont très bien décrit sa démarche. Je me permets de résumer leur propos.

Le professeur Raoult, savant, reconnu par ses pairs, occupe une position intellectuelle singulière parce qu’il dirige une plateforme, c’est-à-dire un complexe qui réunit la recherche de pointe, les soins aux malades et la formation des médecins. Superposant le cure (guérir) et le care (soigner), il tourne le dos à la recherche routinière et préfère soigner dans l’urgence. Il place son action dans le cadre de la théorie des science baptisée « anarchisme épistémologique »: anything goes » (« tout est bon »), on progresse grâce à des phases de désordre et non selon des méthodes académiques.

La description me paraît cohérente. Il y manque la figure et le bureau qui nous sont à présent familiers. Longue chevelure et barbe blanches, blouse médicale ornée d’éternels stylo billes, Didier Raoult se plait à être péremptoire et détonnant. Derrière lui sont accrochées des œuvres d’art originales . Surtout des portraits, notamment de lui-même.

L’image, compassionnelle à l’excès, que j’ai donné du professeur mériterait-elle d’être du nombre ?

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