Alphabêtes

Idée de sortie
Journal Ventilo
26 Oct 2018 0

A comme Arche Noé – Tunisie vers 1925-1930

L’exposition Les Animaux de A à Z au Mucem fonctionne comme un parfait abécédaire. Dans la forme d’abord, parce que son commissaire, Fredéric Mougenot, spécialiste des collections de la vie domestique, s’est pris au jeu proposé par le musée pour présenter les trésors que recèlent ses réserves avec des règles simples et connues de tous : à partir d’un thème, on choisit un mot par lettre de l’alphabet que l’on illustre. Dans sa fonction ensuite, car si les abécédaires servent à apprendre l’alphabet aux enfants, ils permettent aussi de leur faire découvrir de nouveaux objets, et de leur raconter des histoires.

C’est tout à fait ce qui se passe derrière cette grande vitrine, dans une salle plongée dans l’obscurité en haut du Fort Saint Jean. En y pénétrant, nos yeux peinent à s’habituer à la pénombre, et peu à peu apparaissent les personnages principaux de ce conte. Un conte dont le sujet principal est la relation entre l’homme et l’animal.

S’il est question d’animaux classés par ordre alphabétique (A comme Arche de Noé, B comme Bouc, C comme Chat, etc.), c’est surtout des récits d’habitudes et de traditions que ces objets évoquent. L’animal accompagne l’homme depuis toujours, qu’il soit domestiqué, chassé ou admiré. Il est représenté par l’homme, peint, photographié, mais aussi utilisé dans différentes littératures : les textes bibliques, les mythes, les Fables de La Fontaine…
Dans cet ensemble, c’est à la fois le grand intérêt historique et la beauté des objets que l’on retient, mais également les récits qui les accompagnent. Certains sont bourrés d’humour : saviez-vous que la girafe était devenue presque aussi célèbre qu’une rock star au milieu du XIXe siècle ? Ou que parmi les collections du Mucem, on trouve un poster de Luke Perry (icône de la série Beverly Hills) avec un koala dans les bras ?

D’autres sont éminemment politiques et nous invitent à penser notre place en tant qu’humains dans cet alphabet d’animaux. Comme la lettre Z, qui clôt l’exposition sur une réalité historique pas si lointaine : ces zoos où des humains étaient montrés captifs dans des cages, à côté d’animaux sauvages. Une relation complexe et éminemment d’actualité, alors que le véganisme et les luttes contre l’extinction des espèces font plus que jamais parler d’eux.

Mathilde Ayoub

Les Animaux de A à Z : jusqu’au 4/03 au Mucem.


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