A Roubaix, un journalisme en immersion pour regagner la confiance des jeunes [Chicane #7]

Billet de blog
Chicane - Petit observatoire de controverses
17 Déc 2017 0

Roubaix: chômage, abstentionnisme et pauvreté. A force d'être dépeinte dans les médias uniquement à travers ces clichés, les habitants ont perdu confiance dans les journalistes. Une confiance que tente de retisser le dispositif «journalisme en résidence» en les impliquant dans le processus informatif.

Cet article provient du septième numéro de Chicane, le petit observatoire de controverses réalisé par les étudiants du master Métiers de l’information Sciences Po Aix/EJCAM, qui ouvre le débat sur les rapports entre les médias de proximité et les quartiers prioritaires. 

Si les médias nationaux se déplacent simplement pour traiter de sujets sensibles, les habitants le ressentent et les rejettent. La mission « journalisme en résidence » réalisée par le journaliste Lucas Roxo entre novembre 2016 et mars 2017 a constitué un élément primordial pour reconstruire une confiance, loin des stéréotypes véhiculés.   
 
C’est à travers des ateliers pratiques mis en place par M. Roxo auprès de 1200 jeunes, dans 28 structures différentes et en liens étroits avec les enseignants d’écoles primaires, de collèges et de lycées, que les élèves ont pu apprendre à connaître et découvrir le métier de journaliste, l’importance de la liberté de la presse et surtout donner à voir le processus de production de l’information.
 
En premier lieu, le journaliste s'est appliqué à déconstruire les stéréotypes des jeunes élèves pour qu'ils puissent porter un regard critique sur le monde des médias qui les entoure. Ainsi, la phase de reconstruction de leur rapport aux médias impliquait la création de leurs propres projets médias (reportages TV,  radios, interviews) basés sur leurs propres connaissances. Mais aussi à la création d’un blog L’école du micro d’enfant regroupant toutes les productions réalisées par les jeunes roubaisiens pendant cette période.
 
Au plus près du terrain, le journaliste fait alors presque partie de la vie de quartier, devenant un être familier ayant « choisi Roubaix » non pas pour venir chercher une information de manière furtive mais bien dans le but d’offrir et d’apporter quelque chose sur le temps long. Avec comme objectif lointain la conviction que les médias appartiennent ou devraient appartenir à chacun et qu’il est important de s’en saisir.

Charles-Antoine Nora
 


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