À Marseille, les limites de la stratégie du “dégagisme” de La France insoumise

Décryptage
le 30 Mar 2026
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Les 12 % de Sébastien Delogu au premier tour des élections municipales à Marseille montrent les limites de la stratégie mise en place par les insoumis. La mauvaise appréhension du vote dans les quartiers populaires et de la stratégie de Benoît Payan, ainsi que les attaques violentes contre ce dernier, ont finalement desservi la campagne du candidat de la gauche radicale.

Sébastien Delogu et une partie de ses colistiers, le 17 mars 2026, lors du retrait de la liste de la France insoumise du second tour des municipales. (Photo : C.By.)
Sébastien Delogu et une partie de ses colistiers, le 17 mars 2026, lors du retrait de la liste de la France insoumise du second tour des municipales. (Photo : C.By.)

Sébastien Delogu et une partie de ses colistiers, le 17 mars 2026, lors du retrait de la liste de la France insoumise du second tour des municipales. (Photo : C.By.)

12 % au premier tour, retrait au second pour faire barrage au Rassemblement national, absence de conseillers municipaux, rapport de force perdu avec Benoît Payan. Au lendemain des élections municipales à Marseille, le bilan de LFI ressemble fort à un échec. Pourtant, dans les rangs de la liste de Sébastien Delogu, on préfère regarder le verre à moitié plein. “Évidemment, les résultats sont un peu décevants, parce qu’en se qualifiant au second tour, on pensait avoir des représentants en mairie centrale. Notre objectif n’était pas de faire la peau à Benoît Payan, mais de faire le meilleur score possible et de renforcer le mouvement, argue Hedi Bounouar, directeur de campagne du candidat Delogu. [Aujourd’hui] on a aussi douze élus [d’opposition] dans ...
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Commentaires

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  1. Nicolas DRUNET Nicolas DRUNET

    Je suis assez raccord avec l’article; perso, j’ai voté payan au 1er tour parce que je pense que la stratégie de LFI d’attaquer le printemps marseillais (corruption, mon ennemi c payan) par delogu l’a desservi; l’ennemi c’est le RN et la droite…maintenant a payan de s’ouvrir d”apporter du radicalisme et d’avancer vite..

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    • MarsKaa MarsKaa

      Tout pareil.

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    • BRASILIA8 BRASILIA8

      Je suis impatient de voir ce que peut donner un divers gauche ,qui n’assume même pas d’être socialiste mode Holande , qui se radicalise

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  2. Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

    Il a vite appris les codes de la classe politique la plus rance, Delogu, celle qui n’apprécie les journalistes que si ceux-ci tendent poliment un micro en se taisant !

    Le “dégagisme” ne peut pas être une stratégie politique. En 2017, Mélenchon disait : “dégagez-les ! Dégagez-les ! Sortez-les tous !” Mais pourquoi dégager Bayrou (74 ans) et pas Mélenchon (74 ans) ? Pourquoi dégager Payan et pas Delogu ?

    Le dégagisme ne désigne pas d’adversaire, il met tout le monde dans le même sac, à l’exception – inexplicable – de ceux qui le préconisent. Or, des adversaires politiques, il y en a. Et le mieux serait de ne pas se tromper d’adversaire quand on prétend faire de la politique.

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    • Loulou Loulou

      Totalement d’accord avec cette analyse ! Le “dégagisme” c’est bien mais il faut que la cible soit la bonne. Vouloir “dégager” le printemps marseillais alors qu’en 2020 ils atait quasiment tous des nouveaux élus, qu’ils sont arrivés en pleine crise du COVID, avec une ville et unadminitsration en lambeau, une métropole, un département et une région revanchardes et agissant contre Marseille. La séquence du tract dans le reportage de la semaine dernière “la bataille de Marseille” est parlante

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  3. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    Je pense que LFI est quand même dans une très mauvaise situation à Marseille. Ces histoires d’ “assemblées populaires” et d’opposition à partir des conseillers d’arrondissements d’opposition, c’est du pipeau, ça peut maintenir des petits groupes mobilisés sur des enjeux de quartier, mais ça na concerner tout au plus que quelques dizaines de militant-e-s. Leur vrai enjeu pour survivre cela va être de garder le feu allumé sous les marmites en mobilisant pour la prochaine présidentielle… et ça c’est vraiment pas fait.

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  4. Patafanari Patafanari

    Le Deloguisme n’est pas soluble dans le dégagisme.

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  5. Loulou Loulou

    Totalement d’accord avec cette analyse ! Le “dégagisme” c’est bien mais il faut que la cible soit la bonne. Vouloir “dégager” le printemps marseillais 6 ans à peine après leur élection était une erreur. Les accusations en inactions le sont aussi. Il faut quand même rappelers qu’en 2020 ils étaient quasiment tous des nouveaux élus, qu’ils sont arrivés en pleine crise du COVID, avec une ville et une administration en lambeau, une métropole, un département et une région revanchardes et agissant contre Marseille. La séquence du tract dans le reportage de la semaine dernière “la bataille de Marseille” est parlante, quand Delogu dit une truc du genre “tant d’année de perdues”. je trouve que ça monte à quel point LFI se sont radicalisés dans une forme d’auto conviction que rien n’a été fait, alors que la Mairie a beaucoup avancé sur de nombreux chantiers, avec un un bon bilan sur le social, sur les écoles, sur les équipements culturels sont plutôt bons et que les marseillais le ressentent. Alors oui ils restent encore beaucoup, à faire, mais le côté “Yakafokon” de la campagne de Delogu, pour finalement faire une programme qui est le même que celui du printemps marseillais, reprenant des choses qui ont déjà été lancé n’a pas pris dans l’électorat du PM ou chez les abstentionnistes. Je pense que les gens ont bien compris que LFI au pouvoir ne serait clairement pas capable de faire différemment que ce qu’à fait le PM. Et finalement, en ça, ils ont fait une campagne pour rien et c’est bien dommage. Enfin leur score dans le 15-16 et un bon électrochoc de rappel que le mandat de député de M. Delogu n’est pas le sien ou celui de la LFI, mais celui de na NUPES puis du NFP.

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  6. Malleus Maleficarum Malleus Maleficarum

    LFI ne pèse rien suite à ces élections au sens républicain du terme.

    En revanche, selon le mantra mélenchonien de “tout conflictualiser”, on va pouvoir compter sur eux pour générer le chaos quotidien qui sera à leur portée, dans leur optique de survie dans l’espace médiatique et de déstabilisation systématique, au détriment de la vie des citoyens.

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  7. Pitxitxi Pitxitxi

    C’est quand même fou le manque constant d’auto-critique dans ce mouvement (il n’y a que Coronado et à un degré moindre Barles, deux personnes qui ne viennent pas des rangs de LFI, qui semblent avoir un peu pris la mesure de cet échec patent), et sa faculté à toujours se trouver des ennemis dans la presse.

    Incapables de mobiliser les quartiers populaires, campagne qui n’a jamais décollé (ils sont sondés autour des 12-13 depuis le début), incapacité à comprendre les critiques sur une tête de liste clivante et dont on peut douter de la compétence, refus total de concéder que les critiques exacerbées envers le PM allaient les desservir, etc.

    S’ils veulent une chance de faire mieux aux prochaines municipales, il va clairement falloir revoir la méthode et les incarnations de leur projet.

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  8. Forza Forza

    Contrairement à Payan qui se limite à être parfois “chafouin” avec @Marsactu 🙃 Delogu indique en bref que sa “stratégie” est plutôt de ne répondre qu’aux journalistes qui s’abstiennent de toute critique : a-t-il conscience que c’est une attitude très “droitière” (même si pas totalement exclusive à ces derniers) ?
    Pour ma part j’estime comme beaucoup de lectrices et lecteurs que votre travail a été plus qu’à la hauteur de l’enjeu.
    Il est effectivement temps de réfléchir à une autre stratégie, et peut-être à un autre candidat.

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  9. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    Le refus de Delogu de parler à Marsactu est manifestement une consigne nationale. Mélenchon fait maintenant une conférence de presse par mois… sans la presse (dite unilatéralement “mainstream”. Mais uniquement avec des influenceurs en ligne (dits nouveaux médias https://melenchon.fr/2026/03/24/conference-de-presse-de-jean-luc-melenchon-face-aux-nouveaux-medias-2/), choisis dans ses affidés et avec manifestement des questions préparées, ou en tout cas corrigées, pour permettre l’exposé de la ligne officielle : https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/enquete-francetv-on-vous-raconte-les-dessous-de-la-conference-de-presse-de-lfi-reservee-aux-nouveaux-medias_7894067.html .

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    • Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

      Pour s’imaginer que Marsactu fait partie de la “presse mainstream” au même titre qu’un média détenu par un quelconque milliardaire, il faut avoir de sérieux problèmes ophtalmologiques mal traités.

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    • ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

      ou s’appeler Delogu

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  10. kukulkan kukulkan

    Pb de la campagne LFI à Marseille :
    trop cliver sur Payan sachant que la fusion était une hypothèse possible.
    programme dense et puissant mais très peu incarné
    campagne comm’ assez médiocre, concentrée sur l’offensive alors qu’il fallait au contraire donner envie sur le programme, et assurer les électeurs que dans tous les cas 1 liste de gauche serait au 2ème tour ! lfi a permis à Payan d’installer le discours “c moi ou le RN”.
    des vidéos sur les actions tractage porte à porte etc ne font pas une comm’ ouverte et efficace. Il faut des vidéos sur les enjeux les propositions etc,
    A l’inverse RP a fait une campagne impressionnante dans le 4/5 !

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  11. Thauvinus Thauvinus

    Pour ma part, je suis toujours à penser qu’au-delà du casting et du plan de de taper sur Payan qui ne s’est pas avéré payant (sans mauvais jeu de mots !), la campagne municipale marseillaise de Delogu qui avait bien démarré avec leur rapport “Marseille en vrai”, plutôt lucide sur la situation marseillaise et aussi métropolitaine avec des références intéressantes, a débouché sur un programme finalement très léger avec des grandes mesures “à la râche” et déconnectées du diagnostic (suppression de la Métropole, pas de gros choc en termes d’offre de transport,…), très faibles pour un groupe se revendiquant d’une gauche d’opposition et de rupture…
    Comme si la montagne et les promesses nationales de ce parti ont accouché d’une souris avec une campagne plus tiède qu’attendu tant sur la forme que le fond, et ça, les gens le sentent !
    Après, je comprends en partie le silence de Delogu vis-à-vis de Marsactu, voire peut-être l’auteur de cet article au vu d’articles passés dont je ne reviendrai pas dessus. En revanche, cet article est factuellement bien mieux rédigé et montre que la prise de conscience reste incomplète et que le recul n’est pas encore pris. A voir pour la prochaine campagne si les enseignements seront pris!

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  12. vékiya vékiya

    100 % erreur de choix de la tête de liste + barles qui est une girouette. n’en déplaise kalila sévin marseille peut se passer de delogu et de bompard. les bonnes personnes apparaitront chez lfi quand jlm partira

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  13. QN45 QN45

    Il y avait depuis des mois, voir des années, des échanges et des combats communs entre des militants LFI et certains élus de secteurs Printemps Marseillais dans pas mal d’arrondissements.
    Ceci étant, j’ai trouvé l’angle d’attaque LFI beaucoup trop agressif dès le départ. En visant Ghali, Delogu a élargit à Payan et c’est là sa principale erreur à mes yeux, il a fait une campagne 15-16. La violence de sa campagne est allé crescendo et ce qui devait arriver arriva. Il n’a pas été suffisamment fin et tacticien pour obtenir une fusion d’entre deux tours.
    Mais le fait de viser principalement le Printemps et non la droite et le FN ne date pas que de la récente campagne chez une partie des militants LFI.
    J’ai des enfants scolarisés dans une école publique du 4e, école ne souffrant pas de problématiques bâtimentaires majeures. Il y a 2 ans, une panne de chaufferie (datant de Deferre) a entraîné une panne de chauffage pendant 4 jours. 13 degrés dans les salles de maternelle, pas cool pour les minots me direz vous, mais le problème a fini par être résolu. Connaissant les problématiques structurelles de dizaines d’écoles ailleurs dans la ville (3e, 14e, 15e notamment), j’ai été comme d’´autres parents choqué par le tractage LFI anti Printemps Marseillais devant l’école à 8h30 du matin dès le 3e jour. Même s’il est vrai et difficile d’imaginer que mon fils et tous ses camarades étaient en manteau en classe pendant 4 jours, cette initiative me parait tout à fait inappropriée dans un secteur par ailleurs assez préservé où Bruno Gilles et le FN étaient en embuscade.
    Localement, je pense que LFI doit changer radicalement de stratégie si elle compte grappiller des voix au Printemps Marseillais (pour les échéances nationales et régionales à venir, c’est un autre débat).

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  14. didier L didier L

    Ne pas repondre aux questions de vos journalistes … pas bon signe , Delogu n est pas vraiment un démocrate la presse ok mais quand elle est aux ordres que ferait ces gens s ils avaient vraiment le pouvoir … brrrr

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    • Thauvinus Thauvinus

      Il y a tout de même ici au moins deux articles, sur l’impossible alliance à gauche et un décryptage sur Delogu, où Marsactu reprend étonnamment à son compte les allégations et elements de langage politiques non fondées juridiquement servant surtout à diaboliser LFI que l’on peut entendre à la télévision, sur l’antisémitisme notamment…A partir de là, même si les stratégies sont discutables, je peux le comprendre de ne plus vouloir parler à Marsactu

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    • julijo julijo

      La presse aujourd’hui ce sont 7 à 8 richissimes chefs d’entreprise non contribuables qui la possèdent.
      Et j’avoue que je peux comprendre que LFI organise ses propres conférences de presse, s’assurant ainsi que les propos ne sont pas déformés ni sortis de leur contexte… Perso j’ai été particulièrement amusé de voir le tollé que ça a provoqué chez les journalistes influenceurs de la presse courante.
      Ce qui ne m’empêche pas de trouver vraiment curieux que delogu ait refusé de répondre à marsactu, il ne peut pas ignorer la réalité de ce journal.
      Mais il est vrai qu’il a pu se sentir égratigné par certains articles….bah.

      Moi la question que je me pose et qui me semble peut-être bien plus importante que la stratégie et les espoirs manqués de LFI c’est la masse importante d’abstentionnistes, et aux 40 % de votants du Front national.
      Le programme de delogu etait peut-être léger et méconnu, mais celui de allisio etait carrément toxique.

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  15. manudu83 manudu83

    La stratégie de LFI a été un échec à l’échelle du département, ce n’est pas particulier à la campagne de Delogu.

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    • Thauvinus Thauvinus

      Oui, à voir le manque de fond et d’ambition de leur programme, ils ont dû se dire que leur programme national et leur “notoriété” suffirait pour passer, mais non

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