À Bouc-Bel-Air, la cimenterie Lafarge forcée de réduire ses sulfureux rejets

Enquête
le 31 Mar 2021
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La préfecture vient de mettre en demeure la cimenterie de Bouc-Bel-Air pour ses émissions de poussières et d'oxyde de soufre. L’industriel LafargeHolcim, déjà bénéficiaire d’une dérogation, a dépassé à plusieurs reprises les seuils autorisés, au grand dam des riverains excédés.

Le panache change de couleurs suivant ce que brûlent les fours. Photo : Marius Rivère.
Le panache change de couleurs suivant ce que brûlent les fours. Photo : Marius Rivère.

Le panache change de couleurs suivant ce que brûlent les fours. Photo : Marius Rivère.

"Récemment ma fille était invitée à venir fêter l’anniversaire d’une petite camarade de classe avec ses amis au village Décathlon. Ce jour-là, on avait du mal à respirer. Ça sentait le soufre très fort et "ça piquait les yeux", comme disait ma fille. J’ai dû venir la chercher plus tôt car elle avait des maux de tête et des nausées. Sinon, le parc est agréable et le magasin bien achalandé.”

Depuis quelques années, la page TripAdvisor du Décathlon Bouc-Bel-Air a vu fleurir ce genre de commentaires. Le magasin de sport a le tort de se trouver à quelques kilomètres de la cimenterie de Bouc-Bel-Air - La Malle appartenant au groupe LafargeHolcim. Dernièrement, les fumées émanant du site sont devenues si envahissantes que le directeur du magasin a fini par écrire au directeur de l’usine. Un courrier resté sans réponse à ce jour. Il n’est pas le seul.

Odeur d’œuf pourri et air irrespirable

Depuis 2018, habitants de Bouc-Bel-Air, de Simiane-Collongue, de Cabriès et de Septèmes, parents d’élèves des écoles et du collège des alentours et salariés d’entreprises environnantes alertent sur la situation. Tous dénoncent ces panaches de fumées jaunâtres à l’odeur d’œuf pourri émis par la cimenterie qui se propagent, selon le vent, vers l’une ou l’autre des communes avoisinantes. Gêne respiratoire, picotements au niveau des yeux, odeur insupportable : difficile de passer à côté. "Il y a des jours où c’est totalement irrespirable, je suis obligé de fermer mes fenêtres et de m’enfermer", décrit Maurice Delighazarian. Voilà 55 ans qu’il vit en face de la cimenterie. Il est formel : cela fait deux à trois ans que les fumées émises par le site sont bien plus massives. "Les grosses fumées, c’est surtout la nuit. Y a un mois et demi, on s’est retrouvé dans un panache gigantesque, un gros champignon, l’air était complètement saturé", se rappelle-t-il. Sans problème de santé particulier, il remarque qu’il tousse beaucoup plus lorsqu’il est chez lui que lorsqu’il se rend hors de la ville . . .

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Marius Rivière
Journaliste indépendant basé à Marseille, Marius Rivière est membre du collectif Presse-Papiers. Il travaille principalement pour la presse française et suisse et réalise également des reportages radio

Commentaires

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  1. raph2110

    Honteux qu’une entreprise de cette envergure, soit contrainte à prendre des mesures sous la pression de l’Etat. Un État bien souvent trop absent qui pourtant devrait prendre les devants avant même que les habitants ne le fassent. C’est bien l’Etat (ou plutôt nous!) qui devra payer les soins liés aux pathologies déclarées par ces « dysfonctionnements » abusifs. Par ailleurs même si l’ampleur de cette pollution dépasse le pourtour de Lafarge, on peut constater que les habitations qui se trouvent tout près, ont été réalisées pour accueillir des familles modestes. Décidément on ne réserve pas à certains le meilleur…

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