Samia Chabani : « Ce serait triste que notre tissu associatif s’épuise »
En difficultés financières, l'association Ancrages a mené une campagne de soutien cet automne. L'opération a permis de valoriser le travail essentiel de la structure autour de la mémoire des questions migratoires. Mais elle n'a pas dissipé les menaces qui pèsent sur son avenir, comme sur celui de nombreuses autres associations.
Samia Chabani, directrice d'Ancrages, dans les locaux de l'association. (Photo : LC)
Entourée de centaines de livres consacrés à l'histoire des migrations à Marseille et dans la région, Samia Chabani nous reçoit dans les locaux d'Ancrages, l'association qu'elle a fondée il y a plus de 20 ans. Le centre de ressources associatif a trouvé refuge, il y a un peu plus d'un an, du côté de la Joliette, sous la Major, après plusieurs années au sein du tiers-lieu Coco Velten, à Belsunce. Aussi sympathiques que puissent paraître les lieux, ce déménagement illustre en partie les difficultés traversées par l'association, ballotée au gré des choix des politiques publiques et contrainte de se débrouiller par elle-même quand les projets touchent à leur fin.
Cet automne, Ancrages a sonné l'alarme avec une campagne de soutien qui s'est achevée début décembre. Si la somme collectée, 2450 euros, est symbolique, la fondatrice retient la mobilisation de nombreux acteurs, au niveau local mais aussi national - l'ancienne ministre Christiane Taubira y est ainsi allée de son petit mot - qui permet de repartir d'un pied plus ferme. Et a permis d'attirer l'attention de certains financeurs. Sans pour autant complètement éloigner les incertitudes.
Sociologue de formation, Samia Chabani noue toujours dans son discours les deux facettes de sa structure : la lutte pour faire entendre les récits migratoires qui ont forgé le territoire et la défense du modèle associatif et des libertés qui y sont attachées. Inquiète de la montée des discours de haine, elle veut croire aux espaces de débat que permet l'éducation populaire - "si on ne le fait pas, plein d'idéologues le font à notre place". Et s'exaspère de voir les acteurs institutionnels regarder ailleurs.
Ancrages est un nom connu de beaucoup de Marseillais, mais quelles sont exactement vos actions ?
C'est vrai qu'on est un peu un ovni pour beaucoup de gens. Nous travaillons autour de trois axes . . .
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cette association fait un travail remarquable et gigantesque, bravo à cette dame exceptionnelle !
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Merci pour cet article qui met en lumière l’utilité sociale et citoyenne de Samia Chabani et de son association ! Que l’Etat aide davantage ces petites associations si utiles, que diantre !
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