[Ma mosquée va craquer] Des imams marseillais à la fois notables et précaires
En partenariat avec la Street School, Marsactu vous présente Ma Mosquée va craquer, une série réalisée par les apprentis journalistes de cette formation intensive. Après cinq histoires de mosquées, zoom en cinq questions sur les imams marseillais, leurs parcours et leurs rôles.
L’imam est la figure centrale de la mosquée. Reconnu par ses pairs pour ses connaissances théologiques, il cumule le rôle de guide religieux et d’interlocuteur à l'échelle du quartier ou vis-à-vis des pouvoirs publics. Un rôle extérieur à la mosquée nécessaire pour asseoir sa légitimité mais difficile à assurer, en raison de l'hétérogénéité des parcours et la précarité de son statut. Qui sont vraiment les imams marseillais ? La réponse en cinq questions.
Comment devient-on imam à Marseille ?
"Il y a ceux qui ont un cursus d'imam, qui viennent d'Algérie, du Maroc, de la Tunisie. Et il y a beaucoup d'imams qui sont issus d'une vague d'étudiants arrivés en France dans les années 90 avec une connaissance religieuse supérieure à la moyenne des gens qu'il y avait ici. Donc ils pouvaient facilement faire imam et ils ont appris à être imam ici", résume Haroun Derbal, l'imam de la mosquée Rissala à Belsunce.
Déjà imam avant son arrivée en France dans les années 90, Haroun Derbal fait partie de ces imams marseillais qui revendiquent une formation approfondie. "J'ai commencé très tôt, bien sûr, j'ai suivi une formation à la mosquée. Mon cheikh [personne respectable du fait de ses connaissances notamment religieuses ndlr.] était un élève de l'union des savants musulmans d'Algérie. Ensuite, en 1991 je me suis inscrit à l'université islamique à Constantine, pour consolider mon savoir et avoir au moins un diplôme."
Salim, imam à la mosquée Ali Hacène Blidi, dans le 3e arrondissement, combine une éducation religieuse renforcée ensuite par un parcours académique "J'ai étudié depuis mes sept ans avec de grands savants. Après, en 1991 je suis parti pendant cinq ans en Syrie, puis à la Mecque où j'ai étudié à l'institut supérieur du hadith, puis j'ai étudié par correspondance dans une université islamique où j'ai obtenu un master."
À l'inverse, le parcours de Smaïn, imam de la mosquée des Bleuets, dans le 13e arrondissement, est celui de ces imams de circonstance qui ont répondu à un besoin de la communauté.
Je suis un peu imam malgré moi. En 2003 j'ai commencé des remplacements puis je suis devenu titulaire en 2007. J'ai étudié en Égypte, pour le plaisir d'étudier, parce que comme beaucoup de prédicateurs, je n'avais pas de véritable formation.
Cette combinaison d'imams "d'appoint" et de théologiens plus pointus . . .
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