Yes we camp : "Nous sommes encore entre utopie et la réalité"

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Clémentine Vaysse
22 février 2013 3

"Le off de 2013 s'est imposé par le virtuel qui est ensuite devenu réel. Le camping suit la même logique et doit se plier aux contraintes"  résume Eric Pringles, un des fondateurs du Off. Sa formule résume l'esprit du projet Yes we camp. Si de nombreuses questions logistiques restent encore à régler, le camping alternatif devrait bien voir le jour d'ici avril et durer jusqu'à septembre.

C'est l'histoire d'un camping pas comme les autres, bien loin de celui des Flots Bleus. Avec six petits mois d'existence, le camping du Off n'aura pas le temps de devenir ringard. Pas la peine non plus d'espérer y croiser Franck Dubosc en slip de bain. Dans cet endroit, encore virtuel pour le moment, tout est dans l'éphémère, la récup et le collaboratif. Ils se rêvaient aux Docks des Suds mais ce sera probablement face à la mer, à l'Estaque, que le campement verra le jour en avril. Un terrain d'environ 4000 m2 est prêté pour l'occasion par le Port de Marseille. En revanche, rien n'est encore vraiment sûr quant à la forme que cet événement prendra. Si ça se trouve, ce ne sera même pas un camping. Seule chose certaine : ce sera un lieu d'échange, artistique mais pas seulement. Humain et écologique aussi. 

Burning Man à l'​Estaque

Si le projet Yes we camp a pour but d'accueillir des gens pour la nuit, à l'image de certains grands festivals, là n'est pas son unique motivation. D'autant plus que la capacité d'accueil risque d'être limitée compte-tenu des contraintes de sécurité auxquelles les organisateurs sont tenus. Yes we camp est régi par une association loi 1901 et fonctionne avec un tout petit budget. Le terrain sera complètement réaménagé pour l'occasion, avec un totem au centre et un grand lieu de vie. Puis les logements seront installés sur des cercles concentriques. Sur les premiers croquis, ça ressemble à un village de Gaulois.

Pour éviter "l'étalement urbain", des habitations sur échafaudages ont été imaginées. Pas de panique, le tout sera contrôlé de près. Respectueux de l'environnement, le lieu sera équipé d'un système ingénieux pour éviter le gaspillage de l'eau, notamment des toilettes sèches. Les quatre premières semaines seront consacrées à la construction. Puis viendra l'accueil du public, pour la journée ou plus. L'organisation espère faire de ce lieu, qui n'a pas de nom pour l'instant, une véritable plate-forme sociale et culturelle. Eric Pringles qualifie à juste titre le projet de :

véritable laboratoire d'urbanisme et d'écologie urbaine

Des projets similaires ont déjà été organisés à l'image de Burning man (toutes proportions gardées), le collectif d'innovation architecturale Bellastock ou encore Exyzt. Autant de lieux de création où les règles architecturales classiques sont bouleversées au profit de logements "ecofriendly" et déplaçables à merci. Le tout à bas prix. Mais jusqu'à maintenant, aucun de ces lieux atypiques ou campings alternatifs n'a duré aussi longtemps que celui prévu à Marseille. C'est donc un véritable défi logistique. Toutes les sources d'inspirations de Yes we camp sont répertoriées dans un pinterest aussi créatif que coloré. Pas évident pour le moment d'arriver à savoir à quoi ressemblera ce grand village improvisé, mais ça devrait valoir le détour. Pour les visiteurs, le tarif prévu est de 3 euros, correspondant à une adhésion à l'association. A l'intérieur, tout se paiera en "gaston" la monnaie officielle du off (1 gaston = 1,25 euros). 

Boîte à idées

"L'adhésion au camping est très forte, chacun peut s'impliquer à sa manière", explique Vaea Deplat du staff de Yes we camp. Elle a d'ailleurs rencontré plusieurs associations à l'Estaque et l'accueil est toujours très positif de la part des riverains mais aussi des acteurs locaux. "Le prototype a fait beaucoup d'effet", poursuit-elle, avant de mentionner que l'association compte déjà 700 adhérents et 2000 fans sur Facebook. Et la "famille de Yes we camp" comme elle la qualifie n'a pas fini de s'agrandir puisque, pendant toute la durée du projet, 12 bénévoles seront présents 24 heures sur 24 sur le site.

Les idées fusent en cette fin février, et les propositions sont tellement nombreuses que le site internet de ​Yes we camp n'a pas pu les supporter. "Nous avons reçu entre 150 et 170 propositions d'actions", explique Vaea Deplat avant d'admettre : "nous ne nous attendions pas à autant de réponses". L'appel à projets concerne différents domaines : résidence d'artistes, constructions, actions, bénévolat…"Nous avons même reçu des propositions de cabinets d'ingénieurs parisiens", ​ajoute Eric Pringels, non sans fierté. Le nombre de projets retenus n'est pas encore fixé, mais l'objectif est d'au moins six résidences d'artistes par mois. Ils sauront à la mi-mars si les feux passent au vert concernant les autorisations et l'accord de la commission de sécurité pour la partie camping proprement dite. En tout cas, avant de passer à l'étape toujours casse-gueule de la mise en oeuvre concrète, l'équipe de Yes we camp sait s'y prendre en communication. Quelques raisons d'y participer : 

– pour pédaler
– pour avoir une belle carte avec tampon maison
– parce que les campeurs sont sexy
– pour les sardinades et autres découvertes culinaires
– parce qu’à Marseille il fait toujours beau
– parce que c’est pas tous les jours la fête de la culture
– pour me doucher à 6m à de hauteur…

3
commentaires

Commentaires

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  1. jml13

    Je trouve ce projet éminemment sympathique et prometteur. Mais quand je pense qu’il y a un an, toute la planète médiatique se plaignait que, soi disant, on ne connaissait pas à la virgule près le programme du « In », là il n’y a personne pour trouver à redire qu’on ne sait finalement quasiment rien à 1 mois de l’ouverture. Comme quoi…

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  2. pili

    Nous sommes maraicher bio livrons sur l’Estaque tous les jeudi, le projet est sympas alors pourquoi pas un échange, des dépots de légumes bio frais savoureux desfois rigolos et aussi delicieux!!

    ROL Marie

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