[Vivre à Bougainville] Aux Docks Libres, entre protection et fragmentation sociale
Deux ans après la livraison des premiers appartements du complexe des Docks Libres, la mixité sociale vantée par son promoteur immobilier Nexity et la Ville de Marseille, n’est pas vraiment au rendez-vous. La cité de Bellevue qui jouxte la résidence fait régner un certain sentiment d’insécurité chez les habitants. De plus, le manque d’infrastructures de première nécessité facilite la fuite de ses habitants vers le centre.
[Vivre à Bougainville] Aux Docks Libres, entre protection et fragmentation sociale
Les tours des Docks libres forment un ensemble imposant, visible depuis l'autoroute A7 quand on entre dans Marseille. Elles font face à celles du Parc Bellevue, ancienne copropriété dégradée, plus connue sous le nom de Félix-Pyat. Entre les deux, la deuxième phase des Docks libres est surmontée de grue. Elle doit être livrée en 2018.
Situé à la charnière des opérations d'aménagement Euroméditerranée et de rénovation de Saint-Mauront, ce projet immobilier mixe logements publics et privés. Il est venu densifier un habitat de faubourg, où les tours de Félix-Pyat étaient le seul exemple d'habitat collectif imposant. "Le but était de faire une greffe d'un quartier à l'architecture plutôt agréable, avec des jardins partagés et des nouveaux commerces, sur un autre assez vieilli et dégradé", explique Laure-Agnès Caradec, adjointe à l'urbanisme et présidente d'Euroméditerranée.
La mixité sociale est ainsi l’un des piliers fondateurs des Docks Libres, vantée à l'époque par son promoteur immobilier, Nexity, ainsi que par la Ville de Marseille propriétaire de l'emprise des anciens entrepôts portuaires (lire notre article ici).
Cohabitation sans partage
En effet, une copropriété, des logements sociaux gérés par la Logirem et de 13 habitat, une résidence étudiante, des bureaux du siège social de Nexity Provence et des appart’hôtels cohabitent dans les tours des Docks Libres. L'ensemble a été pensée comme une suite de cours, traversée de rues et de passerelles sur lesquelles se referment les bâtiments. Mais la cohabitation des résidences de statuts différents n'est pas franchement synonyme d'union et de partage. Et l'environnement immédiat est maintenu éloigné. Pour Anabella Perera, locataire d'un appartement de la Logirem, la mixité sociale est une promesse de vente qui pour l'instant, n'est pas réelle. "À l’époque j’ai été séduite par le projet des Docks Libres qui proposait une structure avec des logements sociaux et une copropriété au cœur d'un quartier en mal de vitalité", se souvient-elle. "Je trouvait ça bien de mélanger des habitants de divers horizons. Or pour l’instant on en est loin. Enfin, je ne le ressens . . .
Et ce n est que debut,
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Au-delà des infrastructures et actions publiques (voirie, propreté) qui là aussi (ou déjà) sont peut-être sous-dimensionnées actuellement, on constate la « ligne de front » entre un projet structurant dans l’esprit de ses promoteurs avec un « idéal » de ville et un réalité existante avec des populations bien peu concernées et souvent en déshérence. C’est tout le fond du problème qui devrait être traité et pas seulement l’habitat, on le voit bien avec les relatifs échecs des réhabilitations de « cités » un peu partout. S’il n’y a pas de travail, pas de présence forte de l’état, on retombe dans les mêmes problématiques avec le risque que les nouveaux arrivants, déçus, repartent ailleurs. Le témoignage de la locataire qui attend la construction des Docks 2 pour faire « écran » avec Bellevue est emblématique.
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On parie combien que ce sera pareil à « Smarsteille », « l’éco-quartier » Allar ?
Des forêts de béton soit disant bio (…) tellement hautes qu’on ne voit même plus le soleil (voir photos).
Et comme c’est Marseille, en plus c’est défaillant au niveau du raccrochage à la ville existante.
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