La Ville veut privatiser 20 % des plages du Prado

Actualité
le 3 Fév 2017
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Interrogé sur l'avancée de la privatisation de la Pointe-Rouge, l'élu à la mer, Didier Réault annonce l'intention de la Ville de concéder 20% des plages du Prado, entre le Roucas-Blanc et Vieille-Chapelle.

Photo Elis Boscarol/Flickr

Photo Elis Boscarol/Flickr

La Ville va poursuivre la privatisation partielle des plages du littoral marseillais en s’attaquant au gros morceau des plages du Prado. En théorie, les intentions municipales ne diffèrent pas de celles qui ont régi les travaux déjà entrepris aux Catalans et à venir à la Pointe-Rouge. À chaque fois, la règle est la même. En charge de la concession des espaces littoraux pour le compte de l’État propriétaire du domaine public maritime, la Ville délègue la gestion de 20% de la plage à un prestataire privé qui y pose des matelas et offre des services de petite restauration et autres massages.

La Ville va poursuivre cette privatisation partielle en s’attaquant aux longues plages du Prado. Avec près de 3 kilomètres de linéaire côtier, 20 hectares conquis sur la mer, ces plages constituent le gros morceau du littoral marseillais. Or, si l’on en croit l’adjoint à la mer, Didier Réault, le projet est un peu différent des premières plages partiellement concédées : « Notre volonté est de réaliser une seule concession de Vieille-Chapelle au Roucas-Blanc et de concéder 20% de celle-ci. » À la différence de la Pointe-Rouge et des Catalans où la partie concédée cohabite avec la plage publique, la privatisation devrait concerner une plage entière et non pas une partie de chaque plage.

« Lieux de création de richesses et d’emplois »

Pour l’heure, il est trop tôt pour savoir quelle plage du Prado deviendra entièrement privée. « Notre volonté est claire : il s’agit d’élargir la concession qui est faite aujourd’hui à des prestataires privés en la confiant à un gestionnaire unique, reprend Didier Réault. Notre volonté est d’offrir des lieux de loisirs agréables qui soient aussi des lieux de création de richesses et d’emplois. Cela doit permettre également d’éviter que ceux qui apprécient ce type de service n’aillent pas voir ailleurs comme c’est le cas aujourd’hui. »

Si le choix de l’anse déléguée au privée n’est pas arrêté, on sait que ce trait de côte accueille les deux plages où la qualité de l’eau est plus problématique qu’ailleurs, Borély et l’Huveaune, en raison justement de l’embouchure du fleuve côtier qui retrouve son lit naturel en cas de forte pluie. « Sur 21 plages, nous en avons 19 où l’eau de baignade est qualifiée d’excellente et deux où elle est bonne », se défend Didier Réault.

Fin de concession en 2021

Quant au calendrier, il est encore lointain puisque l’élu à la mer évoque 2021. Si l’on en croit La Marseillaise qui a écrit un article très fouillé sur la propriété des plages Gaston-Defferre, c’est à cette date que s’achève la concession confiée par la Ville à la Sogima, une de ses sociétés d’économie mixte historiques, qui gère le parc balnéaire du Prado, de l’Huveaune à la Vieille-Chapelle. On y trouve déjà des plages exploitées par des établissements privées qui occupent 13% de la surface totale.

C’est sur cette même section appelée Parc balnéaire du Prado, que l’agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise a planché en 2011 en projetant un parc « nouvelle génération » avec promenade sous ombrière, parkings en silo, espaces de jeux… Un programme qui prévoit également une extension de la zone de baignade en multipliant les accès à l’eau en escalier. Ces aménagement permettraient de gagner d’augmenter la partie baignade :

« La superficie des plages pourrait gagner environ 5 hectares (+50%) sur les 10 hectares actuels. Le littoral aménagé et accessible s’agrandirait de 650 mètres (+30%) pour atteindre près de 2,7 km. Sur la base des chiffres de fréquentation de 2009 (source Ville de Marseille), les plages pourraient théoriquement accueillir 600 000 baigneurs supplémentaires (+60%) pendant la période d’ouverture des plages (5 juin – 1er septembre) ».

L’histoire ne dit pas si l’élu à la mer calculera les 20% de plages rétrocédées au privé à partir de cette plage « nouvelle génération » où s’il s’en tiendra au trait de côte concédé par l’État. Mais comme se plaît à le souligner à chaque foisl’élu marin, « la redevance qu’on perçoit de nos délégataires permet de financer les aménagements sur la partie publique des plages que l’État propriétaire ne fait pas ».

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Commentaires

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  1. barbapapa barbapapa

    Pour ma part, c’est scandaleux et ça m’atteint dans mon espace vital. Nous sommes déjà privés de l’accès à la digue du large sur 7 ou 8 kilomètres, Marseille a une plage du Prado rikiki, déjà bouffée par les hideux aménagements de l’Escale Borely, et on voudrait encore l’amputer de 20% !!!???? Marseille va de plus ressembler à un bantoustan.
    Ce plan avec un concessionnaire unique que gros comme la porte d’Aix il a déjà convenu des arrangements, a déjà rédigé l’appel d’offres… j’enrage, il faut empêcher ces élus de nuire plus encore à la ville !
    + à propos des plages, ouverture du 5 juin au 1er septembre ??? parce qu’à Marseille, on ne se baigne pas en septembre ? ni en octobre ? ni aux mois d’avril et mai ??? on ne fréquente pas le bord de mer et les pelouses toute l’année ? ça veut dire les toilettes fermées pendant que des milliers de personnes sont là, un territoire communal quasi sans surveillance… Irresponsable !

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    • Tarama Tarama

      Les mois de juin et septembre sont ceux où il y a le plus de monde à la plage (l’apport de touristes l’été ne dépassant pas le nombre de Marseillais partis ailleurs en vacances). Si depuis peu la ville a mis en place la surveillance en juin, septembre reste hors champ de vision de la mairie.
      Heureusement les petits marseillais sont d’excellents nageurs qui ont pu faire leurs armes dans les piscines municipales…

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  2. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Privatisons, concédons, DSPons, PPPons partout où l’on peut installer le business des amis. Et quand il ne restera plus rien de vendable, on s’occupera (peut-être) des Marseillais.

    On parie combien que la plage qui deviendra « entièrement privée » ne sera pas la plus moche ? Les Marseillais n’auront qu’à se contenter du reste. D’ailleurs, ils ont déjà l’habitude de se contenter de peu.

    Détail intéressant : la privatisation interviendrait en 2021. Or en 2020, il y a des élections municipales. Il va être temps qu’on commence à s’en occuper.

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  3. LaPlaine _ LaPlaine _

    La privatisation est quasiment le seul mode de fonctionnement de cette équipe incapable d’affronter les vrais problèmes quotidiens du territoire. Les sauterelles sont dans la récolte, pour combien de temps encore?

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  4. corsaire vert corsaire vert

    Entièrement d’accord avec ces analyse puis, occupons nous des prochaines élections …et merci à Marsactu .
    la privatisation est bien le projet de LR et notre maire est bien dans la ligne .

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  5. Pitxitxi Pitxitxi

    Le pognon ! Le pognon ! Le pognon ! Encore une fois, on voit vers qui va l’attention de la municipalité… Allez, concédons au privé la meilleure plage du Prado et laissons aux marseillais le soin d’être esquichés sur les plages restantes, ou laissons-leur le soin d’aller nager dans une des piscines municipales gracieusement mises à leur disposition. Oh, wait…

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