Veolia préfère l'eau douce à l'eau salée
On connaît le dicton. On ne force pas à boire un âne qui n'a pas soif. C'est pourtant ce qui arriva en 2005 à Veolia, qui après un rocambolesque épisode, fut contraint de devenir actionnaire majoritaire de la Société nationale Corse Méditerranée. Henri Proglio, qui était encore le PDG de la multinationale de l'environnement made in France, dut traîner largement des Weston avec les autres membres de son conseil d'administration, pour prendre 66% du capital de l'armateur marseillais.
Mais c'était l'époque où "Henri" ne pouvait rien refuser à son ami Chirac, ni non plus Stéphane Richard, qui était patron de Veolia Transport, à son ancien prof à Sciences-Po, Dominique de Villepin. Le pouvoir était encore entre l'avenue du Faubourg-Saint-Honoré, et la rue de Varenne. C'était le bon vieux temps. Mais depuis l'ancien monde n'est plus. Proglio est parti à EDF , et c'est son ex adjoint Antoine Frérot qui s'est installé dans son beau fauteuil en cuir, avenue Kléber.
La dette -15 milliards- est toujours très lourde, le cours de bourse s'est effondré (à peu près de moitié depuis 1 an), de nombreuses acquisitions faites au prix fort par Proglio ont dû être dépréciées, et des pertes de 490 millions d'euros pour 2011 viennent d'être annoncées. Du coup, Frérot a dû faire le ménage dans le catalogue de la Redoute de ses participations. Et c'est la filiale transport Veolia Transdev qui a été la première à en faire les frais. Une filiale détenue en réalité à 50/50 par Veolia, avec la CDC (Caisse des dépôts et consignations), suite à une récente fusion entre les activités transports du géant de l'environnement (Veolia Transport) et celles (Transdev) de la grande institution financière publique. Une jolie . . .
LE CHANTAGE DE L’ETAT
Dès le début de cette histoire, il y a très longtemps, c’est l’État qui a la main. Tout le monde (en fait les initiés) sait que le système de subvention perpétuel est condamné à fondre, voire à disparaitre. Durant plus de trente ans, les initiés s’y sont préparés et durant cette période, on a essayé avec succès de faire porter le chapeau du recul de la SNCM aux syndicats. Instrumentalisés pour la CGT, complices plus ou moins conscients pour le STC. Le résultat est le même. Vous avez raison de faire le parallèle avec SEA FRANCE. La majorité de la presse, peu curieuse comme à son habitude, a vite fait de reprendre la thèse officielle: « c’est la faute à la CFDT de SEA FRANCE ». Personne n’a regardé les méthodes subtiles et efficaces d’affaiblissement de la dernière compagnie maritime d’État française. Vous verrez, cela se passera de la même manière pour la SNCM. Ce sera « la faute des syndicats ». Personne n’ira demander pourquoi l’État a offert le marché niçois au concurrent jaune en 2004. Personne n’ira demander aux autorités judiciaires, maritimes et politiques comment le principal concurrent a pu naviguer, à perte durant de très nombreuses années, tout en touchant des subventions de l’assemblée de Corse. Personne ne s’est offusqué que le contribuable français (le véritable contributeur des subventions) puisse financer la survie d’une compagnie qui emploie moins de deux cent français. Pourquoi ce silence? Pour permettre de dégager des dizaines de millions d’Euros d’économies, pour que la Région Corse gonfle son budget maigrelet, avec l’argent du contribuable, sur les ruines de la SNCM et sur les « cadavres » de centaines de chômeurs. Non seulement cet argent n’a pas d’odeur, mais il n’a pas de morale. La droite l’a rêvé, c’est une majorité de « goche » qui le fait Le PDT de l’assemblée de Corse est communiste, c’est le meilleur garant de « faire passer la pilule ». Qui plus est, il vaut mieux faire vite, pour expliquer que « le gouvernement de droite n’a pas permis à la Corse de s’en sortir ». Après la présidentielle, c’était plus difficile à avaler. Comme cela, F. Hollande n’aura pas à faire un « chèque » que Bercy lui refuserait et que ses soutiens locaux ne souhaitent pas. En effet, si vous regardez votre petite carte de la politique insulaire, vous verrez qu’une partie importante de la « goche », notamment de Haute Corse, est plus proche du concurrent jaune que de la SNCM. Pour illustrer ce plan et pour mieux le comprendre, vous pouvez vous référer à certains faits, incontournables, mais apparemment ignorés du grand public, grâce au silence de la « grande presse ».
Quelques références consultables en lignes. Vous pouvez en chercher d’autres.
NATIONALISME ET COMPAGNIE RÉGIONALE: http://www.corsematin.com/article/derniere-minute/femu-a-corsica-interpelle-les-candidats-a-la-presidentielle.608918.html
UNE ABSENCE DE FONDS PROPRES: http://archives.lesechos.fr/archives/2000/LesEchos/18142-86-ECH.htm
DES BILANS NON CONSOLIDÉS: http://archives.lesechos.fr/archives/1999/LesEchos/18006-91-ECH.htm?texte=CORSICA%20FERRIES
UN BUDGET MAIGRELET ET DES PROFITS À VENIR:http://www.bakchich.info/france/2012/03/14/corse-la-speculation-immobiliere-passe-par-le-low-cost-12-61221
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