Terres agricoles : "Les élus sont soumis à des pressions électorales et fiscales"

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le 18 Avr 2014
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Un potager toutes les secondes. Par cette équivalence, Filière paysanne a réussi à rendre très palpable le rythme actuel de disparition des terres agricoles en France : 78 000 hectares par an. L'association basée à Marseille a lancé le 9 avril un appel national sur ce sujet, fédérant une large palette d'associations, personnalités et élus. Celle qu'on connaissait notamment pour son soutien aux épiceries paysannes de quartiers à Marseille, s'adresse avant tout aux parlementaires, qui étudient actuellement une "loi d'avenir agricole". L'objectif prioritaire est de donner des pouvoirs contraignants aux commissions de préservation des espaces agricoles, naturels et forestiers, chargées de se prononcer sur les documents et projets d'urbanisme.

Mais en définitive, ce sont surtout les élus locaux qui ont les leviers en main, via les documents d'urbanisme. Or, "on est une des régions les plus affectées par l'artificialisation", eu égard à la "forte pression urbaine" qu'elle connaît, rappelle Jean-Christophe Robert. Interrogé sur les maires, qui se présentent souvent comme des remparts contre la bétonisation, d'où l'importance qu'ils conservent la maîtrise des sols, il répond que "malheureusement ça n'est pas souvent vrai. Il y a des discours assez volontaristes et c'est déjà positif car cela témoigne d'une prise de conscience", reconnaît-il. Mais "face aux pressions auxquelles ils sont soumis électorales ou fiscales", les actes ne suivent pas toujours. "Un certain nombre d'élus nous disent qu'un avis décisionnel de ces fameuses commissions seraient pour eux un rempart efficace", reprend-il.

La remontée de la décision à l'échelon plus élevé, ne lui paraît pas assurer à coup sûr une politique de préservation. Certes, elle pourrait permettre d'articuler les schémas de cohérence territoriaux qui existe déjà, de "consolider ces acquis et d'aller plus loin". Mais elle "éloigne les centres de décision des citoyens", rappelle le responsable associatif qui se dit partisan du maintien d'une "forte concertation". Et de conclure : "Quel que soit l'échelon décisionnel, en proximité au niveau de la commune, au niveau de l'intercommunalité ou de la future métropole, il est nécessaire d'avoir un avis extérieur, une commission indépendante qui puisse veiller au grain car toutes ces échelles sont sujettes à des dérives."

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