Soutenue ni par le ministère, ni par le maire, la salle d’injection marseillaise s’éloigne

Actualité
le 18 Juin 2019
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Lors du conseil municipal, Jean-Claude Gaudin a repoussé à plus tard la création d'une salle d'injection. Une "grande concertation" sur le sujet devra permettre de trouver un nouveau lieu face aux levées de boucliers des riverains et de certains élus. Le ministère de la Santé, de son côté, déclare ne pas avoir été saisi du dossier pour le moment.

Patrick Padovani, adjoint à la santé et à l'hygiène. (Image : Emilio Guzman)

Patrick Padovani, adjoint à la santé et à l'hygiène. (Image : Emilio Guzman)

« Pour l’instant, la décision, c’est que l’on n’ouvre rien. » La phrase prononcée par Jean-Claude Gaudin ce lundi matin en conseil municipal vient repousser, une nouvelle fois, l’ouverture de la salle de consommation à moindre risque pour les toxicomanes. Portée notamment par le médecin et adjoint à la santé, Patrick Padovani, elle n’a que peu de chances de voir le jour avant les prochaines élections municipales.

Le projet, dans les cartons depuis des années, était quasi-finalisé. Un bâtiment appartenant à l’AP-HM devait accueillir à partir de 2020 la structure gérée par l’association d’usagers ASUD. Mais un article de la Provence présentant la nouvelle implantation de la structure dans le 5ème, publié le 5 juin dernier, a mis le feu aux poudres. « L’article est plutôt pas mal, mais ensuite, il y a la réaction des riverains. C’est toujours pareil, vous tombez sur une poignée de gens radicalisés et cela a entraîné une levée de boucliers« , estime, amer, l’adjoint à la santé de la ville. Ils ont une arme bien plus forte que les kalachnikovs, c’est un bulletin de vote ».

Jean-Claude Gaudin relance « une grande concertation »

Dans la foulée, Martine Vassal et Bruno Gilles s’opposent, via les réseaux sociaux, à la création de la « salle d’injection« . « Les conséquences sont désastreuses pour l’environnement immédiat », s’insurge Martine Vassal, présidente LR de la métropole et du département. Tandis que le sénateur et candidat LR à la mairie, Bruno Gilles, réclame « l’arrêt immédiat du projet« . En marge du conseil municipal, celui-ci explique ne pas être opposé sur le principe mais souhaite « un site beaucoup plus clos ».

À la suite de cette bronca, Jean-Claude Gaudin, via un communiqué, a demandé à l’élu porteur du projet de revoir sa copie. « Si un tel lieu devait être créé, ça ne pouvait être qu’à l’intérieur de l’hôpital et sous le contrôle des médecins » explique-t-il, deux conditions pourtant remplies par le site de La Conception. Le maire, lors du conseil municipal, a donc de nouveau chargé l’élu à la santé « [d’]une grande concertation » avant de prendre sa décision. Une manière de repousser le problème, bien au-delà de la fin de son mandat.

Le Ministère de la santé a bonne distance du débat

Joint par Marsactu, le ministère de la Santé revient sur les questions de méthode : « une nouvelle salle suppose de réunir plusieurs conditions pour garantir la réussite d’un projet, notamment une volonté municipale forte« . Ce qui en l’espèce, est loin d’être gagné, tant le projet hérisse le poil de certains élus de la majorité à l’approche des municipales. Or, la création d’une salle comme celles créées à Paris et Strasbourg ont nécessité la concertation avec le maire, celui du secteur et transité par l’agence régionale de santé avant d’arriver jusqu’au ministère.

Pour l’heure, ce dossier n’est pas encore sur le bureau de la ministre de la Santé. « Un projet est effectivement en cours de discussion à Marseille mais la Midelca [mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, ndlr] et le ministère n’en sont pas encore saisis », y indique-t-on. Et l’aval du ministère de la Santé en la matière est indispensable pour que le projet, financé par la sécurité sociale, voie le jour.

Seul élu à se revendiquer de la majorité présidentielle dans les rangs municipaux, Stéphane Mari s’est fait le porte-voix de la ministre en rappelant que celle-ci souhaitait un comité de pilotage entre la Ville et le ministère avant tout dépôt de candidature. Une hypothèse que le maire a balayé : « la décision, c’est moi qui la prends, ce n’est pas la Ministre ».

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