Ses photos vendues aux enchères, Plossu tombe des nues

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le 23 Sep 2013
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Ses photos vendues aux enchères, Plossu tombe des nues
Ses photos vendues aux enchères, Plossu tombe des nues

Ses photos vendues aux enchères, Plossu tombe des nues

C'est une information du journal Le Monde. Des tirages de cinq illustres photographes européens vont être mis en vente par la maison Leclère, le 12 octobre prochain sans qu'aucun d'eux n'ait été mis au courant. En effet, au début des années 2000, l'Agence pour le patrimoine antique, devenue aujourd'hui Agence pour le développement et la valorisation du patrimoine, a passé une commande à cinq photographes, les Italiens Massimo Vitali, et Gabriele Basilico, l'Espagnol Jordi Bernado, l'Anglais John Davies et le Français Bernard Plossu, intitulée Monuments et paysages. Mais l'Agence ne tarde pas à se retrouver face à des difficultés financières après que l'Etat et la Région se sont retirés en 2009. Le conseil d'administration a décidé de mettre aux enchères les photographies s'appuyant sur leur statut d'association loi 1901 et par conséquent leur droit de propriété sur les oeuvres acquises. Les photographes y opposent qu'il s'agissait d'une commande publique dans un but patrimonial ainsi que le principe inaliénable des collections publiques.

Marsactu : Vous avez appris voilà quelques jours que vos photos et celles des quatre autres photographes qui ont répondu à la commande de l'Agence pour le patrimoine antique allaient être vendues aux enchères le 12 octobre à Marseille. Vous êtes surpris ?

Bernard Plossu : Tout d'abord je tiens à insister sur le fait qu'il s'agissait d'une commande européenne, nous sommes cinq photographes et nous sommes tous très surpris de cette nouvelle. Nous avons tous réalisé un travail pour le patrimoine. De mon côté j'aime beaucoup marcher et j'ai réalisé des photos sur les fortifications Vauban à la frontière italienne. Notre souhait à tous les cinq est que notre travail demeure au patrimoine, dans un musée ou au Fonds régional d'art contemporain. Je n'ai jamais été prévenu par l'Agence de cette décision de vente aux enchères, j'ai appris cela par hasard car des amis m'ont alerté. Il me semble tout de même que les auteurs, les photographes ont un droit de suite sur leur travail.

Pourtant, l'Agence régionale pour le patrimoine est une association loi 1901 et à ce titre elle devient propriétaire des oeuvres qu'elle acquiert. D'autre part, il est écrit dans l'article que dans les contrats passés avec les photographes, il ne figure aucune clause restrictive précisant la destination des images ou interdisant leur revente. Cela ne vous a pas alerté au moment de la signature du contrat ?

Je n'ai aucune compétence en matière juridique, sur ces questions techniques. Mais nous avons bien sûr tous lu le contrat et personne ne s'est rendu compte de rien. Nous n'incriminons d'ailleurs personne, certainement pas Bernard Millet, l'ancien directeur de l'agence qui avait passé la commande [en 2002 par une première commande auprès de Gabriele Basilico puis aux quatre autres photographes en 2006 – ndlr] et qui est tout aussi surpris que nous. Par contre nous ignorons à quel moment l'Agence a décidé de vendre les photos. Encore une fois, il me semble que nous avions un droit de suite sur notre travail.

Êtes-vous prêts à porter plainte si les choses ne se débloquent pas ?

On y pense tous. J'ai encore eu ce matin au téléphone Giovanna Calvenzi, la veuve de Gabriele Basilico, qui me demandait quoi faire. Mais nous aimerions mieux éviter d'en arriver là et franchement, j'ai bon espoir. Cela paraît tellement logique que la décision soit annulée.

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Commentaires

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  1. loulouvert loulouvert

    serait-il possible d’avoir des précisions ?
    notamment sur cette agence qui a un caractère associatif et a perdu des financements régionaux de la région PACA ?
    étrange, étrange !!!

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  2. jdeharme jdeharme

    Soit le contrat prévoyait la cession des photos et Plossu n’a pas a tombé des nues soit le contrat ne le prévoyait pas. Pas compliqué mais pour la commande et le paiement pour ces photos Plossu n’est pas tombé des nues Tout ça n’est pas si simple Les artistes veulent le beurre , l’argent du beurre et la crémière ça fait beaucoup.

    Notre souhait à tous les cinq est que notre travail demeure au patrimoine, dans un musée ou au Fonds régional d’art contemporain.

    Oui Mr Plossu mais tout ça c’est encore de l’argent public et en ces temps difficiles l’argent public il n’y en a plus autant qu’avant e td’après votre contrat vous avez été payé pour un travail mais ce n’est pas à vous de décider ensuite si ce travail même artistique peut être vendu ou non. D’ailleurs la vente d’oeuvres d’art n’est pas choquante car c’est avec ça que vivent les artistes qui ont le talent d’être recherché par les acheteurs.

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  3. Lucide Lucide

    On peut aussi imaginer que le résultat de cette vente influe énormément sur la côte des artistes, peut être qu’ils ne souhaitent pas prendre ce risque

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  4. joliette13 joliette13

    Le problème ici que c’est de l’argent d’institutions publiques qui a été utilisé et que c’est ce directeur qui a priori a ruiné son agence qui va en profiter. Si elle n’existe plus, pourquoi vendre et ne pas le mettre en gestion au Frac ou un musée ?? Qui a décidé la vente de cette collection ? Est-ce légal une agence sous forme associative qui ne vit que de marchés publics et privés ?? Ce n’est pas de la concurrence déloyal par rapport à des agences de conseil ??
    C’est trop bizarre votre histoire, et pas net !

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  5. Jojomigrateur Jojomigrateur

    Je ne suis pas spécialiste du droit d’auteur mais il me semble que si ces images sont des tirages numérotés, datés et signés des auteurs, elles sont considérés comme des oeuvres d’art que les acquéreurs peuvent librement remettre en vente en en tirant un bénéfice qui peut être très important.
    Je crains que les auteurs autant fâchés soient-ils ne puissent s’y opposer sauf mentions particulières prévues dans le contrat de cession.

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  6. Anonyme Anonyme

    La commande de ces photographies a été faite par l’Agence Régionale du Patrimoine (patrimoine-paca.com) dont les financements provenaient de l’Etat et de la Région PACA. L’agence avait élargi son objet précédemment limité à la mise en valeur du Plan Patrimoine Antique (patrimoine-antique.com). Le départ du directeur fondateur, Bernard Millet, a entrainé la nomination du directeur actuel Hervé Passamar ainsi que le départ (vers des services de la Région) assez rapide de tous les salariés.
    Les revenus de la vente du “patrimoine” constitué avec l’argent public versé à l’Agence Régionale du patrimoine, ne servira-t-il pas à assurer encore quelques années le fonctionnement d’une association qui change souvent de nom et d’objet (au grè des financements ?), dont plus personne ne reconnaît l’utilité publique (peut-être quelques uns en reconnaîssent-ils l’intérêt privé) ?.
    Qu’en est-il de la commande précédente passée à Gabriele Basilico par l’Agence pour le Patrimoine Antique, qu’en est-il du fonds documentaire constitué à grands frais?

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