Perquisition au Samu social de Marseille sur fond d’emplois fictifs présumés

Actualité
Benoît Gilles
1 Fév 2017 4

Le 19 janvier dernier, la section recherche de la gendarmerie nationale a perquisitionné le Samu social municipal. Les gendarmes agissaient dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Marseille pour des faits supposés d'emplois fictifs.

Les voitures siglées du Samu social sillonnent la ville chaque nuit. Photo : B.G.

C'est un fleuron de la Ville, un service que le maire cite en exemple dès qu'il le peut. Ainsi, lors de ses vœux à la presse, le 16 janvier, il vantait encore l'abnégation des équipes du Samu social, "entièrement municipal" contrairement à son modèle parisien, qui, nuit après nuit, distribuent repas et couvertures aux sans-abris.Avec l'unité d'hébergement d'urgence (UHU), ce service créé voici 20 ans est exemplaire de la volonté de la Ville d'agir auprès des plus faibles dans la lutte contre l'exclusion. Comme pour l'UHU qui tente de sortir d'années de tourmente, c'est le cœur chrétien du maire qui parle à chaque fois qu'il évoque ce service et son directeur, René Giancarli.

Perquisition et fiches de pointage

Trois jours plus tard, le 19 janvier, le siège du Samu social situé traverse de Bachas (3e), non loin de la station de métro Bougainville, a reçu la visite d'une équipe de la section de recherche de la gendarmerie nationale. Elle venait y diligenter une perquisition dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte pour des faits présumés d'emplois fictifs, nous a confirmé le parquet de Marseille. Selon deux sources distinctes, cette perquisition a duré plusieurs heures. Les enquêteurs de la gendarmerie sont repartis avec des documents administratifs. D'après nos informations, il s'agirait notamment de fiches de pointage, de listes de personnels et d'éléments liés à l'organisation du travail au sein du service.Joint par téléphone, l'adjoint en charge de l'exclusion, Xavier Méry a confirmé cette perquisition en se refusant à tout autre commentaire sur le périmètre de l'enquête. Coïncidence, il se trouvait ce mardi au Sénat en compagnie d'élèves de l'établissement privé qu'il dirige et devait déjeuner avec le maire à cette occasion.

"Pas toujours sur le terrain"

Quant au chef de ce service, René Giancarli, il est actuellement en congé à l'étranger et n'a pu être joint. Ancien policier du GIPN, l'homme dirige le service depuis dix ans. Il a entièrement repris en main son organisation en lui donnant une ampleur inédite avec près de 16 véhicules en maraude et 70 personnes au standard téléphonique ou sur le terrain.Or, le travail en vacation, jour et nuit, 365 jours par an, rend difficilement perceptible la réalité de l'emploi de chacun. "Nous sommes nombreux et c'est difficile de tous se connaître, reconnaît un ancien syndicaliste aujourd'hui à la retraite. Mais il y a toujours eu au sein de ce service des liens très forts avec le cabinet du maire. Certains entraient au Samu social sur recommandation et on ne les retrouvaient pas toujours sur le terrain." Est-ce type de profil que recherchaient les enquêteurs ? Il est trop tôt pour le dire.

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