Rififi à la tête de la fédération PS des Bouches-du-Rhône

Actualité
le 23 Fév 2021
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Entre les intentions de démission de la première secrétaire fédérale, Nora Mebarek, et la tenue impromptue d'un conseil fédéral samedi dernier, le PS local nage en plein flou.

Y a-t-il eu un conseil fédéral au siège du PS des Bouches-du-Rhône samedi dernier ? Oui. Non. Ne se prononce pas. Interroger cadres et militants socialistes du département sur la séquence en cours entre les murs de la fédération ne parvient pas à éclairer pleinement la situation. La “fédé” et ses habitués nagent en pleine confusion autour d’une question : qui est le patron ?

Rembobinons. Le 28 janvier, Nora Mebarek, première secrétaire départementale en titre depuis le 30 mars 2018 réunit ses troupes. Elle annonce son désir de démissionner à une courte échéance. Et propose, d’ici au congrès national du parti qui devrait se tenir à l’automne, la mise en place d’une direction collégiale rassemblant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel socialiste. À Marsactu, elle assurait alors voir là une “phase de transition” et disait attendre qu’un conseil fédéral vienne valider ce passage de relais. “J’ai demandé aux mandataires des différents courants d’établir une feuille de route pour établir cette collégialité en toute transparence, cela n’a pas été fait. Une petite minorité a considéré que c’était ma lettre de démission”, s’agace la députée européenne.

Ordre et contre-ordre

La députée européenne dit désormais vouloir “mener les négociations” pour les élections de juin

Du coup, les militants PS ont vu arriver dans leur boite mail, des ordre et contre-ordre un peu kafkaïens ces derniers jours. Le 11 février un premier message ne laisse pas place au doute : “Nous nous sommes réunis à trois reprises, afin d’acter la démission de Nora Mebarek, et de mettre en place rapidement un conseil fédéral qui se tiendra le samedi 20 février à 10 h”, détaille le mail, signé des sept représentants de la collégialité (Antoine Cortes, Louisa Hammouche, Anthony Krehmeier, Yannick Ohanessian, Gérard Oreggia, Mohamed Rafaï, Isabelle Rovarino). Au programme de la réunion, les militants auront à “acter la mise en place de la collégialité”, à étudier le “fonctionnement des instances” et à valider la “présentation de la feuille de route de la collégialité”.

Une semaine plus tard, réponse du berger à la bergère : “Tu as pu recevoir un mail venant d’une adresse non officielle et signé par un ensemble de personnes. Ce mail vous convoque à un conseil fédéral. Ce dernier n’est pas statutaire”, réagit Nora Mebarek par mail également. “Je suis à ce jour toujours première secrétaire fédérale et seule légitimement élue. Donc seule statutairement habilitée à pouvoir convoquer un conseil fédéral”, martèle-t-elle. Celle qui est également coprésidente de la commission électorale du PS dit désormais vouloir rester en place le temps de “gérer les contingences administratives de la fédération et de mener les négociations en vue des départementales et régionales.”

“Charrue avant les bœufs”

Son mail courroucé n’aura eu que peu d’effet et la réunion s’est finalement tenue, le 20 février. Nora Mebarek y voit un “passage en force” en mode “charrue avant les bœufs”. Sur une photo postée samedi matin sur les réseaux sociaux par les jeunes socialistes du département, Anthony Krehmeier, maire des 2e et 3e arrondissements de Marseille, se tient au pupitre. Membre de la “collégialité” désormais aux manettes, l’élu proche de Benoît Payan fait part de son étonnement : “Nora nous a annoncé son désir de démissionner, on a décidé ensemble du processus, elle nous a demandé d’organiser un conseil fédéral et d’élaborer une feuille de route. C’est ce que nous avons fait. Et samedi sur 79 votants, deux se sont abstenus, les autres ont entériné la collégialité.”

Fracturé entre deux groupes à la métropole comme au conseil départemental, le PS 13 s’amuse-t-il à remettre du sel sur les plaies de la vieille guéguerre entre élus marseillais et les autres, dont l’Arlésienne Nora Mebarek ? Anthony Krehmeier, qui ne cache pas au passage son intérêt pour les affaires fédérales, écarte cette éventualité et sourit : “Si seulement les Marseillais pouvaient être tous unis, ce serait déjà pas mal !” Partie prenante de ce nouveau “gouvernement collectif”, il assure vouloir “ouvrir les portes et les fenêtres de la fédé” et “ramener de la fraternité” dans des instances départementales qui “collectivement ces dix dernières années n’ont pas été à la hauteur”. Il affirme sans ciller qu’il “faut tirer un trait sur les rancœurs historiques” et jure que ces derniers épisodes ne signent pas la reprise en main de la fédération par le maire de Marseille Benoît Payan. D’ailleurs, croit savoir Anthony Krehmeier, les “histoires de la fédération l’ennuient”.

Un militant, écœuré par ces sempiternelles bisbilles, aimerait bien voir le parti siffler la fin de la petite baston de la récré : “Une réunion est prévue à Paris dans les jours qui viennent. À eux de prendre leurs responsabilités.” Pas sûr qu’un rappel à l’ordre des instances nationales suffise pour raccommoder une bonne fois pour toutes ces dissensions chroniques.

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Commentaires

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  1. Titi du 1-3 Titi du 1-3

    Combien d’adhérents ( à jour de cotisation) au P.S dans les Bouches du Rhône ?

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  2. patrick patrick

    le ps marseillais… déjà au niveau national c’est le merdier alors dans les bdr ! entre ceux qui se sont jetés dans les bras de macron, les mis en examen, les opportunistes, il ne doit plus rester beaucoup de gens sérieux. enfin, le ps local ou national s’en moque peut être mais grâce à hollande ce sera sans moi quelque soit le cas de figure.

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      Mebarek ou un.e autre, c’est toujours l’Arlesienne…

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  3. marseillais marseillais

    En fait Nora Mebarek a été mise là pour neutraliser un PS (local et national) à bout de souffle et elle aura réussi au-delà de toute espérance avec un beau cadeau de départ tout de m^me : Députée européen !
    Maintenant, il est temps dans ces calculs sordides dont le PS est le grand spécialiste de laisser la place à par ex Anthony Krehmeier dans le seul but de cirer les pompes à Payan, avec pour seul impératif de garder la main sur les scrutins à venir.

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    • BRASILIA8 BRASILIA8

      Iznogoud-Payant pointe le bout de son long nez
      il est certain qu’une telle personnalité mérite plus que d’être le maire de Marseille

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  4. Manipulite Manipulite

    Rater sa sortie, dernier exploit de Nora Mebarek

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  5. Jacques89 Jacques89

    “Si seulement les Marseillais pouvaient être tous unis, ce serait déjà pas mal !”
    Unis derrière un fantôme ? Pas facile…
    “faut tirer un trait sur les rancœurs historiques”
    Pour « tirer un trait », faut peut-être changer de nom et se positionner par rapport à un système dans lequel trop d’élus dits socialistes ont dégueulassé l’image du combat social.

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      Changer de nom ? Peut être, pas sûr. Faudrait voir la doctrine, d’abord. Quand elle sera claire, le nom ne fera plus beaucoup débat. Moi, le nom du restau, je m’en fiche. Je ne regarde que ce qu’il propose à la carte.

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    • Jacques89 Jacques89

      Quand le cuisto a été mauvais, vaut mieux changer la façade complète… ou vendre des cravates.

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  6. jasmin jasmin

    C’est quand même du talent, Coralie Bonnefoy, de faire comprendre dans un article court l’ambiance de cette fédération, bravo.

    Nora Mebarek annonce sa démission et demande une formation collégiale (c’est la mode maintenant; cf PM), ils se mettent en rang d’oignon et le votent, et elle vient râler que c’est à elle de donner l’ordre de se réunir. Ceux qui ont la carte et paient les cotisations doivent apprécier les réunions multiples, les repas et apéro qui suivent et précèdent ces réunions, et les guéguerres internes du parti.

    C’est sûr qu’étant “étrangère” à Marseille et avec Payan le vent en poupe, il vaut mieux qu’elle se préoccupe de son poste à venir d’élue européenne que de s’accrocher à taper du pied nerveux dans le minable petit bazar local. Tout de même, on se met à craindre son comportement à venir au parlement européen… Le but des euro-députés, le vrai, c’est de rabattre les impôts des contribuables européens sous n’importe quel prétexte dans leur région d’élection. A la place de Payan, je penserais plutôt à une alliance qu’au mépris, non?

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    • Jacques89 Jacques89

      Pas sûr qu’il ait intérêt à faire alliance avec ce qui reste de cette organisation en divagation. Vaudrait mieux qu’il s’accroche à « l’union locale » plutôt que de faire croire à une renaissance qui a tous les aspects d’une fausse couche.

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  7. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Apparemment, tout le monde ne s’est pas encore aperçu que le P”S” était déjà mort.

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  8. didier L didier L

    A bon le PS à Marseille bouge encore …Et que sont devenus les barons du passé qui ont mangé sur la bête jusqu’à la dépecer

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