« Réduire les émeutiers à l’ultragauche et aux délinquants, c’est manquer de clairvoyance »
Alors que se tient ce samedi 31 octobre la troisième journée de mobilisation, Marsactu donne la parole à Nicolas Vidoni, historien des polices à l'université Aix-Marseille. Selon ce maître conférencier, les événements de cet automne s'inscrivent dans une montée en puissance de la violence, de la population mais aussi de l'État. Lequel semble incapable de prendre la mesure des problèmes sociaux que tout cela soulève.
Samedi 17 octobre, à Marseille, comme dans d'autres grandes villes de France, d'importantes manifestations ont éclaté, oscillant entre rassemblements pacifiques et “émeutes urbaines”. Dans le centre-ville marseillais, les manifestants se sont adonnés à de nombreux pillages de boutiques, mais également à des intrusions dans l'hôtel de Ville et un commissariat. Tandis que la semaine suivante, l'acte deux de ce soulèvement populaire a plutôt pris la forme d'une manifestation ordinaire, ce 17 octobre, le dispositif des forces de l'ordre est clairement apparu sous-dimensionné.
Comment en arrive-t-on là ? De quoi ces débordements sont-ils le nom ? Comment analyser la réponse des autorités face à cette explosion de violence ? Nicolas Vidoni est maître de conférences en histoire moderne au sein de l'université Aix-Marseille. Spécialiste de l'histoire des polices, il a l'habitude de travailler sur archives, mais regarde aussi de près quand l'actualité est susceptible de se retrouver dans les manuels. Pour Marsactu, il délivre son regard éclairé sur les événements de cet automne. Avec un recul bien utile, qui fait parfois défaut en période de crise.
Commençons par cette sorte de calme avant la tempête. On a eu le sentiment du surgissement des événements de ce 17 octobre, sans que l'on s'y attende. Selon vous, ces événements étaient-ils imprévisibles, ou les autorités ont-elles manqué de discernement ?
Je crois que l'incompréhension tient à deux éléments. Le premier est l'évolution des forces de police. Cette évolution est beaucoup plus large que les événements du 17 octobre, elle remonte à des décennies : depuis les années 70, on s'est orienté vers une priorisation de la lutte contre la délinquance.
Si le renseignement territorial n'a pas prévu ces événements, c'est en réalité parce qu'il y a moins d'agents qui travaillent sur ces questions et qu'il y a entre ces derniers et la population une distance plus grande. Ils sont moins et moins bien informés. Nous avons là un problème structurel de la police.
Le second élément touche à la question politique. Quand l'information selon laquelle il va y avoir beaucoup de monde remonte, elle se confronte à une volonté politique qui consiste à dire que le mouvement s'essouffle. On a donc une contradiction entre les informations qui remontent du terrain et l'injonction qui vient du sommet.
Pourtant, la veille, le préfet des Bouches-du-Rhône a convoqué la presse en urgence par téléphone (ce qu'il ne fait jamais) pour demander de faire passer un message : « Je ne souhaite pas une ville morte, mais demain, mieux vaut ne pas se rendre en centre-ville car nous savons que des groupes motivés par la violence seront présents », a-t-il dit en substance. On a senti une inquiétude, mais cela n'a pas empêché, le lendemain, d'avoir un dispositif policier clairement sous-dimensionné. Comment expliquer cela ?
En effet, 240 CRS et 434 policiers nationaux, c'est très peu. Ce coup de fil peut être interprété de différentes manières. Les pr . . .
« quand la violence d’État ou policière devient inacceptable, et que les instances de dialogue ne fonctionnent plus, cela débouche » aussi sur le fait que vous avez des citoyens lambda pas spécialement militants et des mamies qui n’avaient. jamais mis un pied dans la rue pour manifester à descendre manifester leur indignation et leur colère. Et ce n’est pas en leur enlevant leurs masque et leur sérum phy au barrage filtrant que ça va les calmer.
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Vraiment 100 % d’accord avec les analyses ici de Violette Artaud, de Nicolas Vidoni et de Pussaloreille ( ci-dessus ) ; d’ailleurs, moi aussi, dans la manifestation de samedi dernier, parmi les 30000 personnes participantes, j »ai bavardé, entre autres, avec une néo-retraitée qui manifestait pour la première fois de sa life.
Globalement, ça fait au moins 3 présidents consécutifs qui ne tiennent aucun compte des votes de la population ; le gouvenement actuel n’est pas légitime.
Alors, soit Macron démissionne dès la semaine prochaine, soit il change le gouvernement et il en nomme un qui corresponde à ce que l’on a voté aux dernières législatives.
Sinon, le besoin de manifester dans la rue perdurera.
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En 1969 Michel Foucault déclarait qu’à un moment donné l’Etat n’aurait plus les moyens de surveiller et devra à la place réprimer
Le président Sarkozy a décidé , pour faire des économies, le non remplacement des départs à la retraite d’un policier sur deux, on nous a fait croire que les caméras allaient faire le travail et même mieux puisqu’avec l’aide d’algorithme elles prévoiraient le comportement des gens et bien cela n’a pas marché et comme prédit la répression est à l’honneur.
De Mr Hollande à Mr Macron en passant par Mr Sarkozy c’est cette politique qui est imperturbablement mise en œuvre
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En complément de cette intéressante analyse, on peut lire la lettre ouverte de l’écrivain franco-américain Jonathan Littel à Emmanuel Macron, que Le Monde résume par cette phrase : « Taper jusqu’à ce que le peuple se taise, voilà votre réponse, tout au long de vos deux mandats »
(https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/10/28/la-lettre-ouverte-de-l-ecrivain-jonathan-littell-a-emmanuel-macron-taper-jusqu-a-ce-que-le-peuple-se-taise-voila-votre-reponse-tout-au-long-de-vos-deux-mandats_6801615_3232.html).
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Dans cette lettre j’aime beaucoup la phrase qui dit que dans ce pays où la fessée est interdite on peut « gazer » les enfants.
Remplacer le martinet par la bombe lacrymogène pourrait être une idée de slogan pour les présidentielles.
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