17 octobre à Marseille : entre revendications et pillages, la ville sens dessus dessous
Ce samedi 17 octobre, journée de mobilisation nationale “contre la vie chère”, le centre-ville de Marseille a connu de véritables scènes d'émeutes urbaines. Tandis que de nombreux magasins ont été pillés et du mobilier urbain incendié sans que les forces de l'ordre n'interviennent véritablement, plusieurs cortèges de manifestants ont déambulé dans la ville.
Un jeune participe au blocage de l'autoroute A7. (Photo : Mahault de Fontainieu)
Il est 18 heures, ce samedi 17 octobre, et le centre-ville de Marseille est plongé dans un chaos qui oscille depuis le début de la journée entre violences urbaines, pillages de magasins, fanfares, jeunes hommes masqués vêtus de noir, lycéens aux pancartes chiadées, “darons” venus soutenir — ou surveiller —, mobilier urbain incendié, touristes apeurés, mouvements de foule et cortèges qui scandent "À bas l'État ». Quelques CRS, retranchés dans des rues et divisés en petits groupes, interviennent par à-coups. Ils gazent souvent, font exploser des grenades de désencerclement de temps en temps, chargent rarement.
Les événements ont commencé à l'aurore, sur le site industriel d'Eurolinks, fabricant de pièces d'armement installé à Château-Gombert, dès 5 h 30 du matin. Des dizaines de personnes se sont rassemblées sur place, lieu de mobilisation habituel des soutiens à la cause palestinienne. D'autres blocages interviennent au rond-point du Prado, place Castellane ou encore aux Réformés. L'ambiance sur cette dernière place ? "Barbecue", lâche un manifestant en référence aux poubelles et autres pièces de mobilier urbain incendiées, masque sur le nez et yeux rougis par les lacrymos. En fin de matinée, plusieurs émeutiers font sauter les vitres du poste de police municipale situé sur la Canebière. Les CRS sont postés juste au-dessus, sur la Canebière. Ils n'interviennent pas et les manifestants pillent le poste, sortant notamment les vélos de service.
"Les petits commerces, on touche pas"
Il n'est pas midi que déjà des magasins du centre-ville, notamment rue Saint-Ferréol, fermés sur conseil de la préfecture, sont fracturés et pillés dans la foulée. La boutique SFR, le magasin de sportswear JD, celui d'électroménager Boulanger, de prêt . . .
L’Histoire montre que tous les fascismes du continent européen et d’Amérique latine se sont greffés sur du mécontentement populaire légitime.
Le buste de Marianne jeté sur le sol par les émeutiers lors de l’invasion du rez-de-chaussée de la mairie de Marseille est un geste très parlant.
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