"Que reste-t-il des ouvriers dans la mémoire collective?"

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le 13 Déc 2013
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"Que reste-t-il des ouvriers dans la mémoire collective?"
"Que reste-t-il des ouvriers dans la mémoire collective?"

"Que reste-t-il des ouvriers dans la mémoire collective?"

A travers son exposition Visiter le chantier, visible actuellement au fort d'Entrecasteaux, la photographe Christine Bardy nous embarque à la rencontre des métiers, des savoirs-faire des ouvriers qui ont participé aux chantiers culturels et de rénovation urbaine de l'année capitale de la culture. En tout, elle a passé deux ans à arpenter les vingt-cinq chantiers de la ville, du Mucem aux Terrasses du Port afin de tirer le portrait de ces artisans.

A partir des oeuvres architecturales en train de se construire, Christine Bardy a souhaité créer sa propre oeuvre. "L'idée était de trouver au sein de ces chantiers, la matière vivante, en l'occurence les hommes et les femmes. J'avais envie d'aller au coeur des métiers car au fond, une fois les chantiers livrés, que reste-t-il des ouvriers dans la mémoire collective?"

Plus encore, la photographe a longuement observé comment les ouvriers s'appropriaient les réalisations. Le fameux "contenant" qui a bien vite été relégué par le "contenu". "Les oeuvres en train de se faire absorbaient tellement les hommes qu'il y avait chez eux une revendication à l'appartenance assez sensible. Ils revendiquaient cette construction comme étant la leur, notamment pour les chantiers culturels. C'est touchant lorsqu'on sait ce qu'ils laissent en partage au public futur."

Au cours de ces deux années, Christine Bardy n'a jamais éprouvé la monotonie : "Sur les 25 chantiers chaque espace revêtait un décor particulier en fonction du moment où on arrivait. A chaque fois que je revenais j'avais l'impression que les choses avaient changé, à chaque fois on se retrouve dans des cadres totalement incongrus, en fonction de la technicité utilisée. Si on va à la Villa Méditerranée, on nage dans l'acier, si on va au Mucem on nage dans le béton, etc."

C'est avec les ouvriers que Christine Bardy a toujours décidé du moment opportun pour les photographier et de la façon dont ils désiraient apparaître. Sur une dizaine de chantiers, le cinéaste Eric Diouloufet a accompagné l'artiste. La plupart des ouvriers ont souhaité faire ressortir une dimension mémorielle à travers leurs portraits. Sur les murs du fort d'Entrecasteaux, c'est chose faite.

 

Crédit : Christine Bardy

Visiter le chantier, Fort Entrecasteaux, Fort Saint Nicolas, La Poudrière, jusqu'au 20 décembre, tous les jours de 10 h à 17 h sauf le dimanche.

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