Propulsé "leader" du PS des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini appuie sur le collectif

À la une
le 2 Oct 2010
2

« Il est bon d’avoir à notre tête un leader (…) Nous avons la chance d’avoir un homme droit dans ses engagements, qui travaille ses dossiers, qui est un militant formidable, exemplaire, et qui a su quand il le fallait rassembler toutes les forces socialistes et au-delà toutes les forces de gauche je l’espère (…) Tu peux compter sur la majorité du conseil régional et son président, je serais à tes côtés, car c’est autour de toi tant pour Marseille que pour les prochaines échéances nationales que nous gagnerons. Ce sera avec toi, avec toi, avec toi. » N’en jetez plus Michel Vauzelle, on va finir par parler de Lider Maximo à force d’entendre le mot de leader toute la matinée de ces Assises militantes du PS des Bouches-du-Rhône, qui ont entériné la désignation de Jean-Noël Guérini à la tête de la fédération.

Humilité et jeu collectif

« Le leader, ça veut dire quoi ? Il ne s’agit pas d’avoir un poste pour les prochaines élections. C’est nul. On est leader si on est capable de rassembler pour faire le travail tous ensemble. Là on assume ses responsabilités de premier secrétaire« , nous assure le président du conseil général des Bouches-du-Rhône. Dans son discours d’investiture, le ton était donc à l’humilité : « je veux remercier tous les militants qui m’ont accordé leur confiance. Je n’oublie pas que sans eux, je ne suis rien. Je n’oublie pas que je dois au parti et à ses adhérents tout ce que je suis« . Et au jeu collectif : Eugène Caselli prendra par exemple la tête d’un « comité d’expert ouvert sur l’extérieur qui sera chargé de réfléchir aux problèmes de la société, comme la recherche, la fiscalité, la culture« .

Quitte à en faire un peu trop… « Le rassemblement des socialistes que j’entend incarner passe d’abord par le respect et l’amour, je dis bien l’amour de notre parti, de ses militants, de sa force collective« , lance-t-il. Et l’amour des statuts du parti, sur lesquels il s’est assis en cumulant les fonctions « incompatibles » de premier secrétaire et de président du conseil général ?

Main tendue

Mais l’heure n’était pas aux questions qui fâchent dans l’enceinte de la Friche de la Belle de Mai. Répondant à la « main tendue » de Michel Vauzelle, il a lancé : « Je tiens à dire à Michel Vauzelle qu’il occupera toute sa place dans cette équipe. (…) C’est vrai qu’entre nous ce n’était pas évident, mais nous avons su Michel, surmonter tous ces petits problèmes. Nous devons main dans la main travailler ensemble. Tu peux compter sur moi, j’ai besoin de toi. »

Et sinon, à part ces mamours ? Les deux orateurs se sont appliqués à souligner les « dérives de la droite vers une société plus injuste« , la « dissolution de l’Etat » (Guérini) ou encore la « démolition de la République » et la « honte » subie par la France ces derniers temps au niveau international (Vauzelle). L’occasion pour Jean-Noël Guérini de dérouler un discours résolument social (retraites, fermeture de Fralib, grève à Monoprix, taxe sur les loyers HLM, déremboursements du côté de la Sécu…) avec des incursions sur l’insécurité et l’écologie (et notamment une très étonnante sortie sur la gestion privée de l’eau).

Au boulot

Autre leitmotiv, à part le jeu collectif, du Jean-Noël Guérini version premier secrétaire : la modernisation et la mise au travail de la fédération. « Je serais intransigeant« , prévient-il. La fédération doit être « une force de travail et un espace de travail. Le samedi, toute la journée, cela doit être ouvert », appuie-t-il. Notre fédération doit occuper le terrain politique et social et les socialistes doivent être présents dans les entreprises, dans les administrations, de partout ! » Du côté d’Eugène Caselli et de Samia Ghali, on commence à sourire en coin.

« Je me souviens qu’avec Michel Pezet lorsqu’il était premier secrétaire nous allions distribuer des tracts à 4 heures du matin sur le port, à la SNCF à 7 heures, à la sécurité sociale. Nous allons recommencer à le faire« , tonne-t-il. Derrière lui, Samia Ghali, hilare, fait un signe qu’on peut interpréter comme « n’en jetez plus« . Mais quand on lui demande un peu sceptiques si on le verra vraiment bientôt sur le port de Marseille, Jean-Noël Guérini lance un « vous ne me connaissez pas moi ! » Dont acte.

Et au cas où certains oseraient encore insinuer qu’il a pris les rennes de la fédération par exemple pour pouvoir négocier les investitures des législatives avec Paris, il multiplie les annonces.  »Jeudi soir, je proposerais aux instances fédérales une nouvelle équipe et il y aura peut-être quelques surprises. Vous voulez des nouveautés ? Vous ne serez pas déçus« , affirme-t-il. « Dans les prochains jours et les prochaines semaines je demanderais à rencontrer l’ensemble des responsables des partis de gauche de notre département et des responsables des unions syndicales ». Le « leader » – pardon le « rassembleur » -souhaite aussi lancer  »une campagne d’adhésion massive d’ici la fin de l’année« , ainsi que l’organisation à partir de septembre 2011 « d’une vraie fête de la Rose qui serait chaque année notre rentrée politique officielle et un outil renforçant les liens indispensables au militantisme« .

Fête UMP VS Assises PS

Et sinon, ça donne quoi un raout du PS13 par rapport à une sauterie de l’UMP départemental ? Il faut déjà remplacer les flamants roses (dommage ça collait bien) et le domaine Paul Ricard par les tags et anciens bâtiments industriels de la Friche. Les gardians et Arlésiennes par quelques skateurs lève-tôt. Les fouilles à l’entrée, payante bien entendu, par un simple passage gratuit à l’accueil. Point commun : la Marseillaise à la fin des discours. Mais bien vite remplacer par du rock balancé à fond accompagné de cornes de brumes pour célébrer l’intronisation du nouveau patron. Si l’on ajoute qu’aucune manifestation n’est venue dénoncer des dérives stigmatisantes, le PS marque des points sur ce terrain-là.

Comme leur nom l’indiquent, les Assises se pique
nt même d’être sérieuses : « nous sommes aussi là pour échanger sur un certain nombre de thèmes importants. Les militants ne sont pas que des militants parce qu’ils ont pris une carte, mais aussi parce qu’ils ont des choses à dire. C’est ça la démocratie« , explique Lisette Narducci, maire du 2e secteur de Marseille. A défaut de départager plusieurs candidats (Jean-Noël Guérini, seul en lice, a obtenu 96% des voix), à la fédé on fait donc entendre sa voix sur le fond. Jean-David Ciot, premier secrétaire fédéral délégué, insiste lui sur la convention prévue sur l’international : « contrairement aux précédentes présidentielles, cette question doit être au coeur du débat. Si après la crise, avec la mondialisation, on ne dit pas quelle Europe et quel monde on veut, on ne sera pas crédibles. »

Energie décentralisée

Mazette. Bon on n’a pas pu assister à cet échange, réservé aux encartés pour cause de vote, mais on a suivi en parallèle ceux sur la justice et l’énergie. Dans le premier, l’ancien juge de proximité Jacques Michel tentait tant bien que mal de faire oublier l’absence de Robert Badinter, initialement annoncé, en jouant les iconoclastes avec des mesures alternatives à la prison et une culture étatique du shit. Au débat sur l’énergie, bien moins fréquenté, on s’est un brin titillés sur ITER et le nucléaire, tout en tombant d’accord sur la nécessité de réduire nos consommations.

Et on assistait à un exposé du maire de Lambesc Jacques Bucki, dont on reparlera certainement d’ici peu. Celui-ci souhaite tout simplement prendre en main la production d’énergie avec un société d’économie mixte qui associerait la commune et ses citoyens, en particulier les agriculteurs. Objectif : profiter de la manne des subventions au développement des énergies renouvelables, qui tombe aujourd’hui en grande partie dans l’escarcelle des promoteurs privés. « Cela rapporterait l’équivalent de la taxe d’habitation« , assure-t-il. Si le PS se met à contester le monopole d’EDF maintenant…

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Cassandre Cassandre

    Des Assises pour se coucher face à un coup de force de Guérini.
    Le PS et ses militants -employés du CG13- viennent de confirmer le PS marseillais comme étant un parti dignes des ex « démocraties populaires »
    Bon appétit messieurs dames !

    Signaler
  2. Zumbi Zumbi

    Caselli a déjà commencé à intriguer auprès de FO pour que rien ne change à Marseille : le véritable patron de FO territoriaux, Argy, étonnant « syndicaliste » cumulard de postes de haut cadre chez Gaudin (et même pressenti pour la direction du Vélodrome rénové, dit la presse) était le chouchou de Gaudin. Et bien voilà que Madame Argy vient d’avoir une promotion fulgurante, et aux yeux de tous les syndicats non FO illégale, comme patronne de la « police de la propreté » de MPM.
    Pôvres de nous autres Marseillais, bientôt nous ne dirons plus « de Charybde en Sylla » mais « de Gaudin en Caselli », oh misère !

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire