Privés de leurs chauffeurs, les élus se consoleront avec des taxis

Enquête
le 6 Sep 2018
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Si la Ville de Marseille a mutualisé les voitures et leurs chauffeurs, elle a en parallèle passé au plus fort de l'été un marché de taxis pour compléter les prestations.

Cela fait partie des avantages de la fonction, de ceux qui viennent souligner que vous êtes un notable. La voiture avec chauffeur vous dépose au pied de votre lieu de rendez-vous, rapplique cinq minutes à peine après l’avoir sonnée, vous emmène parfois pour vos activités privées. Ce privilège appréciable, les adjoints au maire et autres présidents de groupe de la mairie de Marseille l’ont perdu au début de l’été, en pleine enquête du parquet national financier (PNF) sur le système municipal.

Les chauffeurs faisaient partie des bénéficiaires d’heures sup’ que les gendarmes et le PNF traquent pour en vérifier la réalité. Alors, le système a été réformé à la hâte et validé le 25 juin au conseil municipal. Depuis le 2 juillet, place à la commande en ligne et à un pôle de chauffeurs que l’on sollicite au coup par coup 48 heures à l’avance, sauf urgence. La fin d’un privilège ? Pas tout à fait. Tout en affichant cette réforme, la mairie leur réserve un parachute à quatre roues. La veille du 15 août, celle-ci a en effet lancé un appel d’offres pour des prestations de taxis.

Un marché ficelé en urgence

Le marché vise pudiquement à “renforcer le garage Hôtel de Ville dans le cadre de prestations de transport”. À la Ville, on insiste sur le fait qu“il permettra notamment d’assurer le déplacement de délégations et de personnalités à Marseille”. Mais il servira surtout aux élus. On trouve parmi les tâches sur lesquelles seront évaluées ces privés leur capacité à déployer de nombreux véhicules simultanément notamment pour… les conseils municipaux. Monté en urgence pendant l’été, ce marché n’a pas de montant fixé : il pourrait en coûter de 3 à 89 000 euros aux caisses publiques. Pour mettre fin aux heures sup à gogo pour les chauffeurs, la mairie préfère donc en appeler aux taxis plutôt qu’à des emplois supplémentaires.

Ce système devrait permettre de calmer une partie des élus peu satisfaits du nouveau système. Plusieurs d’entre eux, que nous avons interrogés, jugent en off le système peu pratique, chronophage et la réforme cosmétique voire démagogique. Surtout, là où un chauffeur pouvait aussi accomplir quelques déplacements privés, les ordres de mission et le fait de ne plus être lié hiérarchiquement à un élu vont compliquer la mécanique. Et ce n’est pas la carte RTM et le parking gratuit à l’Hôtel de Ville qui semblent de nature à calmer le jeu. Un ténor de la majorité Gaudin lâche même : “je suis sûr qu’on reviendra sur cette réforme”. Pour l’instant, elle est en phase de test jusqu’à la fin de l’année.

L’élu qui ne rendait pas sa voiture

Cet élu de la majorité n’est pas le seul à traîner des pieds. Durant l’été, le directeur général des services Jean-Claude Gondard a dû se fendre d’un courrier pour demander à Laurent Comas de bien vouloir rendre la Citroën C4 qui lui était affectée, sans chauffeur. Cet élu dissident d’extrême-droite avait continué à bénéficier de cet avantage, même après la dissolution express du groupe créé avec quatre anciens élus du Front national. Interrogé par nos soins, Laurent Comas a expliqué à Marsactu que le véhicule “ne fonctionnait pas” et indiqué “ne pas savoir” où il était garé.

Dans le courrier qui lui était adressé, Jean-Claude Gondard a dû se fendre d’un rappel qui vaut pour lui comme pour d’autres : “J’attire votre attention sur le fait que le dispositif est strictement et exclusivement destiné aux déplacements liés à l’exercice de votre mandat municipal. Hors du territoire de Marseille, ces déplacements doivent faire l’objet d’un ordre de mission.” Et sur ce plan-là, taxi ou chauffeur du pool, la règle est – sur le papier – la même.

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Commentaires

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  1. Brallaisse Brallaisse

    Pourtant , avec la qualité vantée des transports marseillais ,nos “chers” élus devraient montrer l’exemple et en être les principaux usagers. Mais ils semblent visiblement en douter , et puis se mélanger visiblement ce n’est pas leur truc.
    En revanche , cette comédie ne va pas nous faire économiser nos deniers publics mais faire le bonheur de nos “chers” taxis.

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  2. lilicub lilicub

    Jean-Marie Leforestier… ils vont oser exploser les forfaits taxi d’Agnes Saal… Ils pourront ainsi être promus non pas par Gaudin mais par Macron

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  3. julijo julijo

    Quelque part c’est amusant ! et une preuve du “hors sol” de nos élus !
    On est certainement nombreux à avoir assisté à des réunions de quartiers ou d’associations au cours desquelles ont été abordé ces problèmes des transports, des parkings, de la circulation…ou aussi l’installation de feux rouge, de rond-points…..
    On s’est tous aperçu que les élus présents, locaux ou départementaux ou régionaux étaient définitivement à côté de leurs pompes et loin de la réalité du terrain maternés par leurs chauffeurs et livrés sur place….on note dans notre quotidien des feux rouge incohérents, des parkings absents…un sens de circulation complètement hystérique….
    On va espérer que cette mesure perdure et se renforce….nos élus nullicipaux et autres dans les transports en commun, dans les embouteillages, dans le flot de circulation schizophrène marseillais….deviendront peut être plus finauds sur ces sujets qui bouffent la vie des usagers
    On peut rêver !

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    • Input-Output Input-Output

      Bravo pour le jeu de mots, les élus “nullicipaux”, parfaitement mérité par nos “décideurs” de la région marseillaise…
      Je suis d’accord aussi pour dire que cette mesure, si elle a un aspect positif, ne va pas forcément être économique pour le contribuable…Dans tous les cas, le dindon de la farce, c’est nous…

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  4. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Je postule que si nos “représentants” élus vivaient comme la populace, le réseau RTM aurait une autre allure : il faut en avoir besoin pour avoir envie qu’il se développe. Mais il est vrai que naguère, M. Gondard avait justifié le parc pléthorique de véhicules municipaux de fonction et de service par l’insuffisance des “possibilités de transport en commun” à Marseille (http://www.lefigaro.fr/politique/2012/12/14/01002-20121214ARTFIG00515–marseille-la-mairie-roule-aux-frais-du-contribuable.php) : au moins, cette insuffisance n’est pas perdue pour tout le monde…

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  5. picto13 picto13

    “Les transports en commun, c’est pour les pôvres, et les pôvres, ils votent pas pour nous”. Les chauffeurs de taxi, si.

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  6. Brallaisse Brallaisse

    Et puis si il a trop d’embouteillages , ils ont un parc de motocyclistes de la police municipale à disposition qui ouvriront la voie avec le pinpon .
    Ils le méritent bien ces “nulliciapux”.

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  7. PromeneurIndigné PromeneurIndigné

    Et pourquoi pas le vélo ?

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  8. Brallaisse Brallaisse

    Ou plutôt des VTT , car vu le nombre de kilomètres de pistes cyclables et l’état des rues de Marseille cela vaudrait mieux.

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    • PromeneurIndigné PromeneurIndigné

      Vous avez raison Ces taxis ça va encore couter “un pognon dingue” Est-ce bien légal ?

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  9. chabby chic chabby chic

    Marsactu vous ne reparlez plus de l’enquête du PNF….où en est’ elle?

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