Plages marseillaises : pas si belles et pas si bleues

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Rémi Baldy
7 Juin 2012 8

Les yeux dans l’eau Jean Claude Gaudin lançait vendredi dernier la saison balnéaire. Pas sûr pour autant qu’il y trempe les pieds. Les plages de l’Huveaune et de l’Anse de Sablettes sont en effet non conformes selon les nouvelles exigences européennes, qui entrent progressivement en vigueur. Le rapport de l’agence européenne de l'environnement (AEE), publié fin mai, indique également que 9 plages sur 21 sont conformes aux valeurs guides. et 10 aux valeurs impératives. Des chiffres accablants puisqu'au niveau français 74% des plages sont conformes aux valeurs guides, seulement 2,2% (soit 44) étant non conformes :

Le danger est "d’en voir certaines fermer", s'alarme Lionel Mallet, responsable local de Surfrider. En 2015, les résultats mesurés sur quatre ans selon les nouvelles normes européennes serviront en effet de base au maintien ou non de l'ouverture des plages. Depuis 2010 l’association organise d'ailleurs "la journée d’épluchure" pour interpeller les élus pour éviter d’arriver dans une telle situation. Conseiller municipal (UMP) délégué à la mer, Didier Réault estime que les travaux pour les ruissellements de voirie et la station d’épuration Géolide évitent "une situation catastrophique". Des efforts qui devraient continuer avec le nouveau parc des calanques qui, en plus d'accentuer la pression, propose des perspectives d’investissements.

Pluies de déchets

Si elle pourrait tomber comme un couperet, la nouvelle réglementation ferme pourtant les yeux sur les orages, qui restent l'un des problèmes principaux, notamment sur la plage de l'Huveaune. En cas de fortes précipitations le réseau d'assainissement et les bassins de rétention, qui doivent permettre de contenir les eaux usées de la ville, ne suffisent pas. Tout est donc relâché dans la mer et se retrouve sur les plages. Comme l’explique Lionel Mallet, les récentes averses du 20 mai (juste après les premiers prélèvements de la saison) ont laissé la plage dans un état catastrophique. Comme l'explique le rapport de l'AEE, en cas de pollution de ce type, "les autorités doivent instaurer immédiatement des mesures visant à préserver la santé des baigneurs. Elles sont toutefois autorisées à exclure ces évènements de l'évaluation globale".

Autre limite de cette réglementation votée en 2006, ces prélèvements ne mesurent que les entérocoques intestinaux et l’escherichia coli. Autrement dit, des indicateurs de contamination fécale. Les composants chimiques par exemple n’entrent plus en compte. Selon Didier Réault (UMP), conseiller municipal délégué à la mer : "les contrôles chimiques et biologiques vont continuer, et dans certaines zones les motrices sources de pollution et d’hydrocarbure  sont interdits". Restent les déchets, notamment plastiques, que Surfrider et d'autres ramassent chaque année à la pelle. Didier Reault parle de "gros progrès réalisés" contre la saleté du quotidien avec des agents qui nettoient chaque matin les rivages ou encore l’aménagement des toilettes.

Rassurer pour attirer

Pour l'instant la diffusion de l'information est traitée plus efficacement que le nettoyage des plages lui-même. Une opération de communication devrait d'ailleurs bientôt avoir lieu pour rassurer, à court terme, baigneurs et touristes puis les investisseurs du parc balnéaire à long terme. L'occasion pour Françoise Gaunet-Escarras, adjointe UMP déléguée à la santé et à l’hygiène, de (re)présenter le processus de prélèvement utilisé depuis l’année dernière.

Basé sur une méthode par biologie moléculaire, il permet d’informer les baigneurs en trois heures contre une attente entre deux et trois jours pour les prélèvements classiques, qui seront encore pratiqués. Au total ce sont mille prélèvements qui sont prévus jusqu’à septembre. Une carte avec la météo des plages est disponible sur le site de la mairie afin de connaître les derniers résultats en temps réel. La nouveauté de cette saison est l’apparition de tableaux d’information aux postes de secours sur la qualité de l’eau.

Les premiers résultats de 2012 fournis le 15 mai classent 16 plages en "bonne qualité". Mais ces données ne sont pas réellement significatives et ne donne pas les prémices de la saison qui se profile puisque l’occupation des plages n’était pas encore trop importante et les orages intervenus quelques jours après les rendent totalement inutilisables.
 

Légende : les couleurs sur la carte reflètent les résultats de l'année 2011.

– CG : eaux de baignade conformes aux valeurs guides (vert)

– CI : eaux de baignade conformes aux valeurs impératives (jaune)

– NC : eaux de baignade non conformes aux valeurs impératives (rouge)

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