Parents et professeurs des écoles unis contre les suppressions de postes

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le 20 Avr 2011
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En colère après avoir pris connaissance de la carte scolaire 2011-2012, parents et professeurs des écoles se mobilisent depuis début avril pour protester contre la suppression de 63 postes dans l’académie Aix-Marseille. Dont 46 postes Rased (Réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté) sur 214.

Des postes clés qui se trouvent généralement dans des ZEP et qui permettent aux élèves en difficulté d’avoir un soutien personnalisé et de ne pas être laissés pour compte. «Des fois nous n’arrivons pas à surmonter les difficultés rencontrées par nos enfants à l’école, explique Nadia, dont l’enfant est élève de CE1 à l’école Fontveyre. Heureusement que les RASED sont là, nous avons besoin d’eux. Ils font progresser nos enfants». «C’est un sentiment d’injustice qui nous anime, affirme Serge Pittalis, maître Rased à l’école des Flamants à Marseille (13e). Ils nous enlèvent des moyens alors que ce sont justement ces élèves qui en ont le plus besoin».

Des postes vacants mais occupés

63 postes à rendre, c’est une obligation de l’Inspection d’académie vis-à-vis de l’Etat dans le cadre de la politique gouvernementale de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Alors, à première vue, supprimer 46 postes Rased ne semble pas être la solution la plus judicieuse. Même si en supprimer d’autres ne l’aurait pas été non plus. Juste « moins pire ». L’argumentation de Jean-Luc Bénéfice, inspecteur de l’académie, pour justifier ce choix lors de son passage sur France Bleu Provence le 12 avril, peut laisser perplexe. Il y a affirmé qu’il supprimait en fait 40 postes vacants, des postes non demandés par les titulaires.

Et les syndicats osent venir se plaindre alors qu’on ne trouve personne pour se dévouer pour occuper ces places, pense notre auditeur mi-endormi. En fait ce sont des postes vacants de titulaires mais occupés par des personnes n’ayant pas reçu la formation de spécialisation (c’est le cas de la majorité des 46 postes qui sont des postes E (adapation) qui peuvent être pourvus sans la spécialisation). Ce qui laisse dire à Michel Ricard, secrétaire général de l’inspection d’académie, que «ces postes sont mal utilisés et ne remplissent pas l’objectif pour lesquels ils ont été créés.»

Et si ces personnes veulent se former pour remplir l’objectif ? Pas possible. «A la rentrée il n’y aura pas de départs pour des formations E (adaptation) et G (rééducation), mais d’autres spécialisations tout aussi nécessaires sont proposées, nous répond-il, toujours par mail. Ce qui est sûr, c’est qu’au fil des années, avec les départs à la retraite, des postes Rased deviendront vacants et on pourra tranquillement les supprimer, faute d’enseignants spécialisés…

Plus de manifs à venir

Une situation invraisemblable qui, accompagnée de la suppression de 63 classes dans le département et l’ouverture de seulement 22 classes alors qu’il en faudrait 95 selon le syndicat SNUipp, révolte parents et enseignants qui multiplient les actions pour se faire entendre. Le vendredi 15 avril, ils ont bloqué aux alentours de midi le rond-point de Sainte-Marthe et ont reçu le soutien de Garo Hovsepian, maire du 13e et 14e arrondissements de Marseille, lui aussi prêt à faire front face aux décisions de l’IA13 : «Ces postes sont indispensables pour assurer l’éducation. Ils ne peuvent pas faire d’économie dans l’éducation nationale.»

C’est d’ailleurs en ce sens que le collectif parents-enseignants demande le maintien de tous les postes Rased ainsi que la réouverture de la formation pour les maîtres E, G et les psychologues scolaires. Afin d’amplifier la mobilisation au retour des vacances, plusieurs iniatives sont prévues : le mardi de la rentrée, les parents bloqueront des cours durant une heure. Le mardi suivant (le 10 mai), une grève et un rassemblement devant l’Inspection académique sont prévus. Le SNUipp-FSU 13 enverra également une délégation devant le ministère de l’Education Nationale, le 18 mai. Car, au fond, «la réponse à ce problème est à traiter au niveau national. L’IA ne peut que répartir les moyens, mais pas créer des postes», reconnaît Michel Ricard.

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Commentaires

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  1. M34 M34

    Quand je regarde mes vieilles photos de classe, nous étions entre 35 et 42

    MAIS il est vrai que nous respections le professeur, que nous étions silencieux, que nous n’osions pas dire à nos Parents que le professeur nous avait puni car nous bavions alors une punition donnée parf nos parents (le professeur lui avait leur gratitude)

    65 ans plus tard je constate que je n’en suis pas mort !!!

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  2. Marius Marius

    M34, vous comparez ce qui n’est pas comparable.
    Les élèves étaient calmes et respectueux, je veux bien, ils n’étaient pas excités et par le tél. mobile et les jeux vidéo …
    … mais quand je regarde les statistiques je constate aussi qu’avec des effectifs aussi chargés l’enseignement était uniquement collectif, tant pis pour ceux qui n’avaient pas compris car ça aurait pris trop de temps, et il n’y avait pas de maîtres spécialisés pour ceux très en retard.

    Mais voilà : même pas 10% des élèves allaient en sixième !!! Alors qu’aujourd’hui on demande aux professeurs des écoles de les mettre tous à ce niveau !!!

    M34, la nostalgie du passé n’est pas toujours un bon critère pour juger du présent.

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  3. casanovette casanovette

    Pauvre M34 !!! 65 ans + quoi ? Quelques années ? L’âge de mon pauvre père qui n’est plus, si c’est pas malheureux de constater une fois de plus, que les meilleur partent les premiers !!!

    Une anecdote, de votre époque justement, puisque vous semblez un nostalgique de ce temps là !
    Mon père, en cinquième, était le premier de sa classe. Malheureusement pour lui, il avait commis le tore et la grande faute, d’être né ” pauvre”. Pensez, un fils d’anarchistes républicains Espagnoles qui après s’être fait dépossédés de leur terre et pousuivis par les fascistes Francistes accoquinés avec la racaille religieuse, furent contrains de devenir de braves esclaves Français !

    Ben en cinquième, qui était à l’époque, l’année du choix imposé pour l’avenir de chaque jeunes, son proviseur lui a gentillement dit qu’il deviendrait peintre … peintre en bâtiment, cela s’entend !!!
    Le fin mot de l’histoire, son ancienne maitresse d’école, qui s’y connaissait un peu en droit, une fois alertée par ma grand-mère, aura pu défendre les intérêt de mon père qui était, au grand dame de la caste, tout intello et à priori, nullement manuel ! Il aura donc poursuivit ses études brillamment.

    Alors, Cher Monsieur, inutile de vous dire que votre époque, vous pouvez vous la garder, bien que de notre époque, nous ne voulions pas non plus ! … Car si caste il y eu, caste il y a et des têtes, autre que celles des profs, devront bien finir par tomber !!!

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