N°63 rue d’Aubagne, symbole de l’inefficacité municipale contre l’habitat indigne

Décryptage
le 6 Nov 2018
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Les immeubles qui se sont effondrés ce lundi matin étaient repérés depuis longtemps comme dégradés. Ils sont le symbole de l'inefficacité de l'action municipale dans la lutte contre l'habitat indigne en centre-ville.

Photo : Guillaume Origoni.

Photo : Guillaume Origoni.

C’est donc la pluie. Les intempéries répétés qui expliquent la chute de deux, puis trois immeubles, lundi matin, rue d’Aubagne. C’est en tout cas ce que la Ville avance quelques heures plus tard dans un communiqué : « Ce dramatique accident pourrait être dû aux fortes pluies qui se sont abattues sur Marseille ces derniers jours ». Une fois finis le lent travail de recherche des possibles victimes et le déblaiement des gravats, l’enquête le dira peut-être.

Depuis longtemps ces deux immeubles étaient repérés comme présentant un habitat très dégradé. Si le 65 était une copropriété privée, régulièrement visée par des arrêtés de péril, le 63 était lui propriété publique. En cela, il est un symbole de l’incapacité publique à agir.

Sans caractère prémonitoire, Marsactu avait déjà écrit sur cet immeuble dans le cadre d’une série d’articles consacrée à la lente rénovation de ce quartier central, populaire et pauvre (lire notre dossier). À l’époque, le 63 de la rue d’Aubagne présentait en façade les bâches en berne de Marseille Habitat, société d’économie mixte et satellite de la Ville en charge notamment de la lutte contre ce type d’habitat dit indigne. Ces bâches bleues étaient censées être le symbole de l’action de la Ville dans l’éradication de l’habitat indigne. Elles sont devenues le signe du contraire.

À Noailles, 48 % d’immeubles « indécents ou dégradés »

Dans des documents rendus publics en janvier 2018, par la Soleam dans le cadre de la rénovation du quartier Noailles, l’habitat indécent ou dégradé était évalué à 48 % des immeubles. 20,5 % d’entre eux présentent des présomptions de péril ou d’insalubrité. Parmi ceux-ci, huit font partie du même pâté de maisons dont le 63 et 67, effondrés ce lundi. Le 65 étant cantonné à la seule indécence du logement.

En rouge sombre, les immeubles avec présomption de péril ou d’insalubrité. En orange, ceux présentant un risque de logement indécent. Le 65 est classé dans cette catégorie.

En 2016, dans les semaines suivant la parution de nos articles, les bâches bleues avaient disparu. Et rien n’a changé depuis. La seule avancée a été l’annonce de la réalisation prochaine d’une crèche de dix berceaux au rez-de-chaussée des numéros 61 et 63. Une annonce suivie d’aucune action concrète. Pour justifier cette inertie, la Ville met en avant les difficultés d’action dans l’habitat privé. Et, notamment, celles du numéro 65 voisin, lui aussi disparu dans la poussière et les gravats.

« Nous nous sommes associés à une procédure judiciaire lancée par les propriétaires du 67 au sujet du 65 qui menaçait nos immeubles, explique Arlette Fructus, adjointe au maire en charge de la rénovation urbaine et du logement et présidente de Marseille habitat. Nous étions dans l’attente d’une réponse sur cette procédure. S’il y a un problème structurel, nous ne pouvons pas nous lancer dans de la réhabilitation lourde. »

Le n° 63, un parmi 500

N° 65 ou n°63… L’enquête dira peut-être lequel des deux a entraîné l’autre dans sa chute. Suite à un arrêté de péril, en 2006, la Ville a inscrit le n°63 dans la liste des 500 immeubles visés par le plan d’éradication de l’habitat indigne (EHI) et confiés à deux opérateurs, Urbanis et Marseille Habitat. C’est ce dernier qui a donc pris en charge cet immeuble.

En réalité, seule la sécurisation de la façade a été réalisée pour éviter que des blocs ne s’en détachent. En parallèle, Marseille habitat s’est porté acquéreur de ce bien. « En 2012, nous avons demandé une déclaration de carence pour faciliter les expropriations et, en parallèle, avons lancé des procédures d’acquisition à l’amiable », reprend Arlette Fructus. Une fois la propriété acquise début 2017, le projet était donc de réaliser une crèche au rez-de-chaussée et des logements sociaux dans les étages en rattachant le 63 à l’immeuble voisin, n°61, déjà propriété de Marseille Habitat dans le cadre du même plan.

« Le danger de l’immeuble du 63, propriété de la Ville de Marseille, est connu depuis des années. C’est le troisième immeuble insalubre qui s’effondre dans le 1er arrondissement depuis 5 ans », répond l’association Un centre-ville pour tous qui suit la rénovation du centre ancien depuis 20 ans. Cette dernière fustige dans un communiqué l’action de la Ville : « Au pouvoir depuis 25 ans, la municipalité Gaudin refuse obstinément une rénovation au profit des habitants, la lutte contre l’habitat dégradé et les marchands de sommeil, et la production de logement social pour les familles modestes qui y vivent ».

Le projet Noailles remis à plus tard

Avec la réalisation d’un centre social, quelques mètres plus bas (lire notre article), cette crèche devait être le premier signe concret de la mise en œuvre du projet Noailles, porté par la Soleam dans le cadre de l’opération « Grand centre-ville ». Lancé en 2014, ce projet global, des espaces publics à la circulation, en passant par l’habitat, est au point mort. La plupart des opérations qui étaient inscrites dans le plan-guide de cette rénovation ont été renvoyées au prochain mandat (lire notre article).

L’action sur l’habitat dégradé est ainsi suspendue à une nouvelle étude diligentée par la métropole dans le cadre des projets du nouveau programme national de rénovation urbaine. Elle doit rendre ses conclusions d’ici 2020. Sur place, le ministre du logement Julien Denormandie a rappelé qu’il faisait de la lutte contre l’habitat indigne une priorité : « Le problème est pris à bras le corps et j’ai moi-même annoncé ici un plan de 3 milliards d’euros pour remédier à l’habitat indigne dans les copropriétés ». S’il visait explicitement cinq grandes copropriétés en « priorité nationale », le grand plan national ne dit rien des petites copropriétés du centre-ville de Marseille, pourtant ciblé comme une priorité depuis des lustres.

Rénovation immobilière à moitié faite

Ce vaste plan de rénovation porté par la Soleam est loin d’être le premier. Avant cela, le quartier a été l’objet d’une opération programmée d’amélioration de l’habitat (OPAH) et d’un périmètre de restauration immobilière permettant aux propriétaires de déduire sur leurs impôts le montant des travaux de rénovation. Ces opérations portées par la société d’économie mixte Marseille aménagement ont débuté en 2001. Elles ont concerné 152 immeubles dont la moitié ont été réellement traités à la clôture de l’opération en 2009.

En revanche, le bilan comptable du PRI n’a jamais été communiqué puisque le ministère des finances ne publie pas de bilan des défiscalisations réalisés dans ce cadre. Près de dix ans plus tard, la Soleam a pris la suite, et évalue à 11 % le nombre d’immeubles en bon état dans le quartier. Pour ce qui est des logements sociaux, elle en décompte 5 %.

Quant au bilan des concessions du plan d’éradication de l’habitat indigne, Arlette Fructus  l’évalue à 350 immeubles traités sur les 500 visés initialement. Mais ce chiffre mêle les incitations sous formes de subventions et les interventions plus lourdes avec expropriation.

Après 17 ans d’action sur le logement dans le centre ancien, l’urgence est toujours là. En 2015, le rapport réalisé par Christian Nicol pour le ministère du logement estimait à 35 % la part de logements potentiellement indignes dans les arrondissements centraux. Quant aux effets des politiques mises en place depuis près de 20 ans, il jugeait leur effet « marginal ». Aujourd’hui, cette difficulté d’agir a pris la forme d’un tragique fait divers.

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Commentaires

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  1. Un électeur du 9 ème Un électeur du 9 ème

    Bien évidemment la SOLEAM est beaucoup plus efficace quand il s’agit d’emmurer la La Plaine …

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  2. EDorier EDorier

    bravo à l’équipe marsactu pour cet article et les autres. Mais je ne parlerais pas seulement d’incapacité. La Municipalité a fait sciemment le choix de ses priorités, et ceci depuis deux décennies, à travers les budgets et à travers les moyens, y compris judiciaires ou policiers mis en oeuvre, et à travers la soleam, son agence. La lutte contre l’habitat indigne et les marchands de sommeil n’en fait pas partie… ni la sécurisation de la vie quotidienne dans les quartiers populaires, ni l’hygiène publique de ces mêmes quartiers délaissés. Ni la qualité de l’environnement. Repensons au coût de la spectaculaire mobilisation policière, du mur de béton et du projet de « table rase » de la Plaine (fin oct 2018), ou celui des projets dits d' »attractivité » pour le contribuable, quand l’urgence est évidemment ailleurs…. dans la qualité de vie du centre paupérisé, dans le logement social pour les familles face aux copropriétés dégradées, dans les quartiers privés de services et d’aménités… les piscines et bibliothèques fermées …

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    • Reuze Reuze

      Benoît Gilles a bien insisté sur le fait que la situation actuelle résultait de choix politiques et budgétaires, dans son intervention hier soir à 21h11 sur France Info.
      Je m’attendais également à trouver cet angle plus présent dans son papier du jour. Peut-être cet angle semblait-il trop partisan, alors que la couverture de la rénovation de la Plaine fait déjà beaucoup débat ?

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  3. François Mouren-Provensal François Mouren-Provensal

    Euroméditerrannée d’un côté, avec une attention toute particulière, de l’autre côté l’habitat populaire avec une certaine forme de mépris pour ce qui est l’âme de Marseille….

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    • CAT13 CAT13

      Euroméditerranée est une opération d’intérêt national initiée par l’Etat sous Balladur et sous l’influence de Vigouroux à l’époque, la municipalité actuelle n’y est strictement pour rien…d’ailleurs dès qu’il y a quelque chose de bien dans cette ville c’est rare qu’elle y soit mêlée…

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  4. Nathalie Correze Nathalie Correze

    Là où on préfère engloutir de l’argent pour construire un téléphérique…

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  5. corsaire vert corsaire vert

    Ils veulent donner le centre ville aux promoteurs (hôtel 3 étoiles à Noailles ) alors les pauvres out !!!!
    Fi des rénovations promises et urgentes, la seule chose qu’ils savent faire ce sont des murs de la honte .
    Ces victimes ne les feront pas pleurer, ce sont des pauvres ….
    Combien de ruines dans le centre ville? combien de procédures engagées par des propriétaires sans scrupules pour obtenir le maximum en dédommagement ?
    Si une ville n’est pas capable de prendre rapidement les mesures adéquates pour remédier à cet état de fait , elle n’est pas capable de grand chose …on l’avait déjà remarqué .

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  6. Otox Otox

    Déclaration de Jean-Claude Gaudin en 2001 au quotidien la Tribune :
     » Le Marseille populaire, ce n’est pas le Marseille maghrébin, ce n’est pas le Marseille comorien. Le centre a été envahi par la population étrangère, les Marseillais sont partis. »
    Voilà, tout est dit.
    Cette phrase qui illustre sans équivoque le positionnement de notre maire, mériterait d’être peinte sur les murs de la rue d’Aubagne.
    Ça évitera au au seul « nuisible » de cette ville, de revenir faire le guignol devant les caméras de BFM TV pour dire qu’il pleure, qu’il est triste, tralala et charabia!

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  7. Tarama Tarama

    Peut-on imaginer qu’à un moment, enfin, la démission des responsables politiques soit mise sur la table ?

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    • leravidemilo leravidemilo

      Il nous faut attendre l’enquête :  » Fructus ou Chénoz, l’enquête dira peut être lequel des deux a entrainé la maison Gaudin dans sa chute ». (ce qui est d’ailleurs fort injuste pour Casanova et autres Miron… Liste non limitative!).

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  8. Electeur du 8e Electeur du 8e

    On peut remarquer que, parmi les prétendants au trône municipal, Bruno Gilles a attendu plus de 24 h pour enfin dire son « effroi » et sa « tristesse ».

    Il y a en effet de quoi être saisi d’effroi et de tristesse devant ce triste bilan d’une municipalité qui laissera la ville en ruine, au propre comme au figuré. Mais je suppose que ce n’est pas de cela que Bruno Gilles voulait parler.

    Je ferais partie de la majorité municipale, je me préoccuperais peut-être de sauver les apparences en poussant le patriarche vers la sortie, et en faisant au moins semblant de reprendre en main la gestion de cette ville qui va à vau-l’eau.

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  9. michele42 michele42

    La mesure de mise en péril date de 2008 , le maire doit agir suivant la loi en un mois ,
    dix ans après , l’immeuble tombe , si le procureur fait son boulot , il met tout ce beau monde au trou . Quand à l’expert qui a assuré il y a deux mois que c’était bon , il mérite une publicité conséquente .
    C’est la pluie dit le maire  » la maison est en carton , pirouette , caquaouette ….;
    Michèle 42

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  10. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    A Marseille le Mistral chasse la pollution atmosphérique, la pluie fait s’effondrer les immeubles et la Ville regardes les chiens crevés passer au fil de l’eau…

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  11. martine Colombani martine Colombani

    il est plus urgent de refaire la place de la Plaine ? derrière des projets de plus-value immobilière ?

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    • Un électeur du 9 ème Un électeur du 9 ème

      Dans ce contexte les travaux de La Plaine devrait être arrêtés immédiatement, même si cette place mérite une rénovation concerté dans le cadre d’un plan de circulation intelligent donnant aux piétons toute la place qui leur est due.

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  12. julguetre julguetre

    Merci pour votre travail d’investigation. Il est indispensable de faire connaître ces éléments de fait au plus grand nombre de marseillais (en le mettant en accés libre ?) et que ce pouvoir corrompu soit enfin jugé dans un tribunal !!!

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  13. chabby chic chabby chic

    oui mettez ces articles en accès libre pour les non abonnés c’est important si nous partageons ce qui est mon cas; bravo pour votre travail très pointu, du vrai journalisme très appréciable merci

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    • Nicolas Georges Nicolas Georges

      Bonjour,

      Nous comprenons votre demande et en avons débattu. Néanmoins, comme Marsactu ne diffuse pas de publicité, ne reçoit pas de subventions et ne vit que de ses abonnements, il ne nous semble pas logique de rendre gratuits des articles qui résultent d’un travail au long cours. Notre travail a une valeur, produire l’information a un coût. Nous sommes soucieux sur les réseaux sociaux comme dans les nombreuses interviews que nous donnons pour d’autres médias (France info, BFM, Radio Classique…) de donner à entendre/lire la situation telle que nous l’analysons.

      Les Brefs, qui donnent des infos brutes, mais aussi cet article de 2016 évoquant déjà le sujet de l’habitat à Noailles sont eux aussi à disposition de tou-te-s.

      https://marsactu.fr/vivre-a-noailles-la-lutte-sans-fin-contre-lhabitat-indigne/

      Enfin vous avez aussi la possibilité de partager ou d’offrir nos articles par mail à la personne de votre choix. Par ailleurs, nous préparons en ce moment même un dossier thématique qui regroupera tous nos articles sur le sujet.

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  14. Jusurmars Jusurmars

    Sujet difficile. Je pense sérieusement à une mise sous tutelle de Marseille (ou de certaines prérogatives tout du moins) le temps de repartir sur de bonnes bases. Comme après l’incendie des Nouvelles Galeries dans les années 30.
    D’ailleurs la Mairie, ou métropole, pourrait reconnaitre d’elle même qu’elle n’est pas en mesure de faire face à cette situation au regard des chiffres qu’on peut lire concernant l’habitat dégradé. Il faut peut être aussi des mesures juridiques exceptionnelles permettant d’accélérer le traitement qui il est vrai est bien trop long. Je suis moi même syndic de copropriété et je sais la difficulté de gérer de nombreux dossiers… alors gérer 500 immeubles avec des syndics pas toujours dilligents, des copropriétaires je m’en foutiste ne doit pas être chose aisée.

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    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      Il ne faut pas trop rêver à la mise sous-tutelle parce que celle-ci ne fait pas l’économie du Politique.

      Le Préfet ne lance pas de nouvelles politiques publiques, il exécute le budget par 12eme, il paie les fournisseurs et permet au fonctionnement de continuer a minima, en attendant de remettre la Ville à la gestion d’une nouvelle administration municipale désignée par les électeurs.

      Il agit un peu comme d’administrateur judiciaire fait tourner une entreprise en faillite en attendant un repreneur ou une liquidation…

      Dans le cas d’une ville, il ne peut pas y avoir de liquidation (pas en France, en tout cas), sauf si les habitants la désertent, ce qui est le cas pour ceux qui peuvent seulement…

      Donc il faut un « bon repreneur » : une classe politique courageuse et compétente avec des projet au long cours et des citoyens mobilisés qui lui donnent une majorité, la soutiennent et la contrôlent…

      Ben… on est mal, non ?

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Au point où nous en sommes, et devant les problèmes insurmontables que la Ville comme la métropole doivent traiter (la résorption d’une masse considérable d’habitat indigne, la création d’un vrai réseau de transport collectif), c’est une sorte de « plan Marshall » qu’il faudrait mettre en oeuvre ici. A défaut, pourrons-nous nous en sortir ?

      La contrepartie de ce plan pourrait être une forme de tutelle temporaire, afin d’éviter que le copinage et le clientélisme tiennent lieu de poli

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      [Fausse manoeuvre]

      … tiennent lieu de politique. On ne va tout de même pas faire confiance au personnel politique qui a enfoncé cette ville pour faire, tout seul, des choix plus pertinents et pour pratiquer une gestion plus rigoureuse demain…

      Évidemment, ce personnel politique, il a été élu et réélu. Mais faut-il punir tous les Marseillais parce que 90 000 électeurs sur 500 000 inscrits ont donné les clés de la ville à des incompétents ? Je persiste : sans aide extérieure, quelle est la capacité de Marseille de résoudre ses problèmes structurels ?

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    • Assedix Assedix

      Merci Félix Weygand pour ce rappel intéressant concernant la mise sous tutelle. Cette comparaison avec un liquidateur judiciaire est très parlante.
      Dans l’hypothèse d’une mise sous tutelle, l’administrateur ne ferait donc que gérer les affaires courantes, sans faire d’investissements, ce qui, bien sûr, n’est pas la panacée. Je me demande néanmoins si cela ne pourrait pas nous sortir de deux ornières:
      –d’une part ces PPP qui, si j’en crois Benoît Payan, vont lier les mains des équipes municipales à venir.
      — d’autre part, peut-être qu’un directeur non élu pourrait mettre au pas les services, régies, et autres sociétés d’aménagement municipales qui, en l’occurrence, n’ont pas jugé nécessaire de signaler en rouge un immeuble qui s’est pourtant effondré sur ses habitants.

      Voilà… en espérant que les responsables — politiques bien sûr, mais aussi publics — paieront.

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    • CAT13 CAT13

      Effectivement une mise sous tutelle de la ville serait peut être judicieuse vu le niveau de nos élus et où le clientélisme est roi, Gaudin a laissé Marseille aux promoteurs sans véritables projets d’urbanisme, les aberrations à ce niveau sont criantes, un bon coup de balai ne ferait pas de mal à tous les échelons.

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  15. Cuitcuit594 Cuitcuit594

    A Mme Artaud et M. Gilles. Dans Mediapart, votre article est titré « A Marseille, l’effondrement de trois immeubles symbolise l’incurie des pouvoirs publics ». Incurie (jugement de valeur) n’est pas inefficacité (constat). Par ailleurs, factuellement, ce sont deux immeubles qui se sont effondrés (seuls -pourquoi en rajouter?). Êtes-vous responsables du titre sur Mediapart pour s’adapter à son lectorat ????? Si oui, cela me pose un petit problème. Sinon, ce détail montre bien combien deux journaux peuvent dire « à peu près » la même chose, quand l’un me donne des éléments d’analyse et l’autre, une opinion. Et pour cela je préfère de très loin Marsactu.

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    • Alain M Alain M

      Incurie n’est pas un jugement de valeur. Ici, c’est un constat. L’état de l’immeuble du 63 était connu depuis 2006. Qu’ont-ils fait ? Rien!  » INCURIE ; du lat. incuria « défaut de soin, négligence, insouciance », dit Le Robert. Le mot est donc juste et approprié. Qu’essayez-vous de faire avec votre maladroite manœuvre lexicale ? Exonérer la Municipalité de ses responsabilités de propriétaire et de sa responsabilité de la sécurité publique?

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  16. Cuitcuit594 Cuitcuit594

    ……….mais je précise mon post précédent: si « incurie » n’est pas un terme attendu dans un journal qui ne se veut pas partisan (Mactu), il reste quand même celui qui me semble le plus adapté. Grosses pensées et gros respects au passage à tous les grouillots en charge de ces problèmes de rénovation urbaine, habitat insalubre, etc.. qui aujourd’hui plus que jamais doivent avoir la haine de n’avoir pas pu se faire entendre par leurs élus et leur hiérarchie.

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    • Alain M Alain M

      Je n’avais pas lu ce commentaire qui invalide le mien ci-dessus.
      Dont acte…

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  17. corsaire vert corsaire vert

    Rien à ajouter à tous ces commentaires judicieux et intelligents qui donnent chaud au cœur, sinon le silence du recueillement …

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