MPM veut des cantonniers du privé en centre-ville

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le 23 Oct 2015
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La communauté urbaine souhaite transférer au privé le nettoiement du 1er arrondissement. C'est ce que décrit un document que Marsactu s'est procuré.

MPM veut des cantonniers du privé en centre-ville
MPM veut des cantonniers du privé en centre-ville

© Clémentine Vaysse

La propreté de la “vitrine de Marseille” sera désormais confiée au privé. C’est selon les éléments recueillis par Marsactu la principale orientation que Guy Teissier, le président de la communauté urbaine Marseille Provence métropole (MPM), entend donner aux futurs marchés de la propreté. Le 1er arrondissement et la totalité du 2e seront désormais gérés par des entreprises.

L’automne 2016 verra en effet se renouveler l’ensemble des marchés de la gestion des ordures (les éboueurs) et celle de la propreté (les cantonniers). L’événement est très attendu après la trouble passation desdits marchés en 2010 qui constitue depuis un des volets de l’affaire Guérini (voir infra). Depuis lors, les cantonniers et éboueurs du privé interviennent sur les 2e, 3e, 14e, 15e et 16e arrondissements. D’après nos informations, MPM juge aujourd’hui que ces marchés “n’ont pas été bien négociés” et évoque “des sureffectifs, des surcoûts”. Elle entend donc gagner en efficacité et économiser d’un même mouvement.

Mais toute progression symbolique du privé reste un sujet sensible. Marseille Provence métropole a déjà engagé les discussions avec les organisations syndicales à ce sujet. Le 29 juin dernier, la communauté urbaine a présenté son plan en comité technique, l’organe officiel de discussion avec les représentants des salariés. Dans le compte-rendu de cette réunion que Marsactu s’est procuré, le directeur général adjoint de MPM en charge de la propreté Michel Poggetti expose le choix de la collectivité.

Nous avons défini un arrondissement, le premier, sur lequel nous pensons que compte tenu des caractéristiques particulières de cet arrondissement, compte tenu de ses difficultés, il existe des marges de progression importantes.

Pourquoi le premier arrondissement ? Parce que c’est l’hyper-centre, c’est une zone très dense, qui concentre des activités d’hôtellerie, de restauration, de tourisme. C’est une zone fréquentée 24 heures sur 24. C’est une zone sur laquelle se déroule un certain nombre de manifestations importantes et très fréquentes.
Aujourd’hui, nous pensons que le privé peut apporter sur ce secteur une expertise particulière issue d’expériences menées dans des collectivités et des périmètres identiques et peut apporter une réactivité que nous n’avons pas pu encore mettre en œuvre au niveau de la régie. C’est pour cette raison que le passage de la propreté au privé peut être un facteur d’amélioration des prestations offertes aux Marseillais, aux touristes et d’une manière générale à tous ceux qui fréquentent l’hyper-centre de Marseille.

Toutefois, le fonctionnaire prend soin de ne pas froisser les syndicats en expliquant que le rapport privé/public va rester stable autour de 80 % de public et 20 % de privé à l’échelle de la Ville. En effet, en compensation, les coûteuses “prestations complémentaires” confiées à des sociétés privées vont être arrêtées. Ces renforts permettent de combler les manques dans le maillage des arrondissements gérés par le service public. Dans le même mouvement, la collecte sélective assurée par des éboueurs du privés des quartiers Nord reviendra à la régie municipale. Dans cette nouvelle répartition, 180 agents vont devoir changer d’affectation. Une partie prendra la place des renforts privés, l’autre poursuivra le travail dans d’autres arrondissements et pourrait – si besoin est – venir compléter les équipes de collecte.

La FSU est contre, FO s’abstient

Le statu quo dans la répartition public/privé n’a pas été un argument jugé suffisant par le SDU-FSU, seul syndicat à avoir voté contre le projet lors de ce comité technique. “Malgré les chiffres qui nous ont été donnés, on ne nous fera pas croire qu’on ne perd pas des arrondissements, estime Roger Aymard, le secrétaire général dans le compte-rendu de la réunion. […] Nous demandons pour l’équité, la récupération a minima d’un arrondissement en propreté. […] C’est un choix de modifier le périmètre privé/public […] qui est fait.”

Force ouvrière qui rappelle son attachement “au 100 % public” s’est abstenu et épouse volontiers le discours de la direction : “Nous ne sommes pas opposés à un retour au privé du 1er arrondissement, explique Patrick Rué. Cela a déjà été le cas dans le passé. La propreté de la ville est jugée à partir du centre-ville mais il faut bien reconnaître qu’on n’y arrive pas. Donc c’est plus logique de laisser au privé en sachant qu’en compensation, nous avons obtenu que les arrondissements nettoyés par le public le soient intégralement.” Le syndicat s’est abstenu.

Le débat se poursuivra entre les élus à la communauté urbaine ou demain dans une des instances de la métropole. Mais d’ici là quelques points pourraient encore bouger. Le principe d’un passage au privé du nettoiement du premier est acté. Ça devait être voté en juin mais j’ai souhaité attendre, confirme Monique Cordier, la conseillère communautaire déléguée à la propreté. Le premier est un secteur complexe. Nous avons déjà connu des expériences dans le passé, notamment dans le 13e, où la collecte et le nettoiement étaient répartis entre le privé et le public et ça ne s’est pas bien passé. Donc je prends le temps de la réflexion et le président aussi.” Il n’est donc pas à exclure que le privé grignote encore un peu de terrain lors du vote des élus qui devrait avoir lieu avant la fin de l’année.

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Commentaires

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  1. Trésorier Trésorier

    Je pense de plus en plus que l’ensemble de nos collectivités devraient être mises sous tutelle.

    Nos citoyens ne sont pas républicains mais totalement clientélistes, à plus ou moins gr

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