Martine Vassal lance sa campagne métropolitaine en pensant très fort aux municipales

Actualité
Rémi Baldy
13 Mar 2019 7

La présidente LR de la métropole et du département a lancé un comité d’experts composé de 300 personnes issues de la société civile pour lui souffler des propositions. Martine Vassal assure que cette démarche de pré-programme s’inscrit dans la perspective de l’élection à la métropole, mais les thèmes abordés concernent aussi les compétences municipales. Et pour garder la métropole, il faudra gagner la ville.

La tendance est à la consultation. Quelques mois après le comité de 90 experts lancé par Bruno Gilles, seul candidat LR déclaré pour la mairie de Marseille, c’est au tour de Martine Vassal de présenter le sien avec “Marseille métropole audacieuse” devant une assemblée d’un peu plus de 200 personnes. L’événement auquel aucun élu n’était convié est organisé par les Amis de Martine Vassal, association récemment transformée en micro-parti. 

La présidente LR de la métropole et du département a choisi le salon du fort Ganteaume, avec vue sur le Vieux-Port au coucher du soleil, pour lancer son comité d’experts. Les 300 personnalités de la société civile qui le composent pour le moment doivent être “source d’informations, de propositions et d’inspirations” selon le vœu de Martine Vassal. Elle appelle par ailleurs les personnes intéressées à venir se greffer à ce comité.

“En plaisantant, je disais que l’on ne copiait que sur les bons. La démarche participative et demain, un site internet participatif je me dis que c’est un joli copier-coller”, estime Bruno Gilles auprès de Marsactu. Un moyen de rappeler le mantra que le candidat déclaré veut voir se réaliser : un ticket dans lequel il serait le candidat à la mairie et Martine Vassal à la métropole. Avec chacun son comité d’experts…

“Tant mieux qu’il le fasse aussi”, répond Martine Vassal rappelant avoir “déjà réalisé ce type de démarche avec le département pour les États généraux de Provence”. À la nuance près que cette phase de consultation était réalisée par l’institution alors qu’elle était déjà élue présidente. Et non pas dans le cadre d’une campagne électorale. Dans un communiqué, le sénateur a “salué l’initiative” de sa collègue de parti appelant tout de même chacun à rester “à sa place” et “dans ses compétences”. Ce que n’entend pas vraiment Martine Vassal. “Nous ne pouvons plus scinder les compétences”, estime-t-elle pour sa part, esquissant ainsi un programme loin de se limiter aux seules attributions de la métropole mais embrassant largement, de la ville au département.

Un pique aux politiques précédentes

Une idée que l’on retrouve dans le projet de “Marseille métropole audacieuse”. Le comité s’articule en cinq catégories chacune pilotée par une personnalité : les transports et l’espace public par l’ancien gendarme David Galtier qui ne cache pas son intérêt pour les questions sécuritaires, le handicap et la solidarité par la présidente de l’association pour parents d’enfants handicapés “les Amis d’Emilie” Caroline Battilana, l’économie et l’attractivité par le président de l’union patronale des entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13) Johan Bencivenga, la culture et l’environnement par la directrice générale du château de la Buzine Valérie Fédèle et enfin la gouvernance et la fiscalité par l’un des fondateurs de l’IMPGT d’Aix-en-Provence Robert Fouchet.

Chacun devra organiser des ateliers dans des conditions dont les modalités ne sont pas encore établies, pour rendre des travaux fin juin. Un travail similaire sera réalisé en parallèle avec les élus. C’est en septembre qu’est prévue une présentation des résultats… et d’une candidature ? “Je n’ai jamais caché que j’étais candidate à la métropole”, répond Martine Vassal, les deux mains levées. Reprenant un discours de campagne, la présidente de la métropole et du département s’est fendue d’une tirade appelant au “changement”, insistant sur le fait que “Marseille et la métropole” sont “à la croisée des chemins”. Avec une fusion du département et de la métropole probablement repoussée à 2021, la présidente sait que son camp va devoir l’emporter à Marseille pour espérer rester dans son siège métropolitain.

Pour la première fois, elle s’est montrée critique envers les politiques menées par les équipes précédentes, dont elle faisait tout de même partie depuis 2001. “Nous avons assez perdu de temps”, lance-t-elle en assurant que “nous ne raterons pas ce train”. Martine Vassal prend soin de ne nommer personne et surtout pas Jean-Claude Gaudin, toujours maire et ancien président de la métropole qui lui a cédé son siège. “Ce n’est pas une personne, la municipalité a fait ce qu’elle a pu avec ce qu’elle avait”, tempère-t-elle.

La droite reste prudente

Une vision que partage Lionel Royer-Perreaut, le maire des 9e et 10e qui ne cache pas ses propres ambitions électorales. “Je défends un projet de rupture pour un souffle nouveau qui fera respirer Marseille”, explique le binôme de Martine Vassal dans le canton 10. Mais il se garde de voir dans cet acte inaugural un pas franchi vers les municipales et refuse de dire si Martine Vassal serait la candidate idoine. “Je me prononcerai quand je saurai qui est candidat”, balaie-t-il. Dans de précédentes déclarations à Marsactu en décembre, il s’était toutefois félicité que Martine Vassal ait “émergé naturellement”.

Est-ce qu’elle fait partie des personnalités qui peuvent être candidates ? Bien entendu”, commente Yves Moraine, maire des 6e et 8e arrondissement et président du groupe de la majorité LR au conseil municipal. Prudent, il plaide pour “une ouverture sur la société marseillaise avec des personnes qui ont des positions différentes des Républicains sur des sujets nationaux mais qui peuvent nous rejoindre sur une liste”. Une façon de viser des personnalités proches d’En marche avec qui une alliance est évoquée depuis des mois. Un déjeuner avec le doyen de la faculté de droit Jean-Philippe Agresti, ce mercredi, a opportunément fuité dans La Provence en même temps que l’annonce de son lancement de campagne. Yves Moraine n’y va pas par quatre chemins : “Je ne partage pas l’ensemble de ses engagements mais je suis sûr que l’on pourrait diriger Marseille ensemble”

(Avec Jean-Marie Leforestier)

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