Martine Vassal affiche ses soutiens pour assurer sa réélection à la métropole

Reportage
le 9 Juil 2020
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Ce mercredi 8 juillet, veille du conseil d'installation de la métropole, Martine Vassal s'est présentée à Pélissanne en compagnie d'importants soutiens. Au premiers rangs desquels on dénombre Maryse Joissains, maire d'Aix, Nicolas Isnard, maire de Salon et François Bernardini, maire d'Istres, présidents sortants de leur conseil de territoire respectif.

Martine Vassal a bien vite tourné la page de sa défaite aux municipales de Marseille. La voici repartie en campagne pour se succéder à elle-même à la présidence de la métropole. Le vote se tient ce jeudi comme un dernier tour de cette longue séquence électorale de 2020. La veille, Martine Vassal s’affichait à Pélissanne avec le soutien d’élus de poids, dont trois présidents de conseil de territoire sortants. Une façon de se présenter en position de force avant d’entrer dans l’hémicycle métropolitain.

Martine Vassal se place en cheffe de file d’une “métropole de projets”, qui ferait la part belle aux enjeux structurants tout en déconcentrant les pouvoirs vers les maires et les conseils de territoire. “Il faut que l’on arrive à une complémentarité, à avoir une certaine souplesse, c’est dans l’intérêt de nos habitants”, plaide la présidente sortante d’une institution qui concentre des compétences centrales (voir notre tuto sur la répartition avec les mairies). En contrepartie de ce soutien nouveau à une métropole des maires, Martine Vassal plaiderait auprès du gouvernement pour une refonte de la loi. Aujourd’hui, les conseils de territoire n’ont pas d’identité juridique et donc pas de compétences propres. Que celui-ci intervienne ou pas, elle s’engage pour “une gouvernance élargie” avec les présidents des six territoires qui composent la métropole.

Un soutien conditionnel de Maryse Joissains

“Notre détermination, c’est de tirer des leçons de ce qu’il s’est passé : supprimer toutes ces entraves que nous avons sur la gestion de la métropole”, affirme Martine Vassal. Ce qui résonne comme une façon de répondre à la critique de nombreux maires qui considèrent l’institution comme trop centralisée, les privant de pouvoir, sans pour autant amener de capacité à répondre aux soucis du quotidien sur des compétences telles que la voirie ou encore les déchets. Jusqu’en 2020, la loi les attribuait par défaut aux territoires. Il faudra désormais un vote du conseil pour confirmer cette gestion plus locale. Martine Vassal veut des conventions de gestion qui délégueraient certaines compétences à l’échelon territorial ou communal. C’est déjà le cas sur l’éclairage public ou la voirie.

De quoi satisfaire la maire (LR) d’Aix et présidente sortante du pays d’Aix. Maryse Joissains n’a pas toujours eu que des mots tendres pour la métropole. Longtemps, elle a fait campagne pour que le Pays d’Aix ait sa propre métropole. Celle-ci s’affiche cette fois-ci en soutien presque inconditionnel de “Martine qui est une femme déterminée, courageuse et intelligente”. “Mais le vote n’est pas acquis indéfiniment”, prévient l’édile d’Aix avant de reprendre ses fondamentaux. “Nous avons affaire à une dette qui n’est pas la nôtre, qui est celle de Marseille. Cela va limiter à terme notre retour financier aux communes. Dans le Pays d’Aix nous avons l’habitude d’en faire un important”, affirme Maryse Joissains. Comme ses collègues présents ce jour-là, elle fait confiance à Martine Vassal pour donner plus d’autonomie aux territoires et aux maires. Mais si l’exercice ne lui donne pas satisfaction dans l’avenir, “le territoire d’Aix cherchera à sortir”, assure-t-elle.

Aix est la deuxième commune qui pèse le plus à la métropole, avec ses 17 conseillers, dont 13 colistiers LR (loin des 102 élus marseillais). Et dans son sillage, Maryse Joissains amène avec elle une majorité de maires du Pays d’Aix. Le 29 juin, elle avait envoyé aux maires de son territoire une lettre en guise de feuille de route de sa vision métropolitaine. Martine Vassal semble avoir accepté le contrat.

“Sans difficulté, en l’honneur du passé et en prévision de l’avenir”, le maire d’Istres divers gauche François Bernardini tient aussi le haut de l’affiche pour appuyer Martine Vassal. Le président du territoire Ouest Provence considère comme centrale l’absence de considération de l’État, tenu pour seul responsable de l’échec d’une “métropole structurante”. “On est toujours les derniers, les plus au Sud de la classe. Notre région est toujours le parent pauvre du financement public”, argue-t-il. Un discours qui déclenche des mouvements de têtes approbateurs chez ses collègues rassemblés autour de Martine Vassal.

Avantage à la droite

Avec ses soutiens, la présidente sortante prend de l’avance pour s’assurer la victoire. Sur le papier, la droite a l’avantage (voir notre comptage plus détaillé). Notamment auprès des maires de petites communes, souvent classés sans étiquette, qui devraient pour beaucoup adhérer à la “métropole des maires” exposée à Pélissanne.

Ce n’est pas parce qu’elle est LR que je soutiens Martine Vassal. C’est parce que j’ai les réponses que je vQoulais.

Nicolas Isnard, maire de Salon

Le maire LR de Salon, Nicolas Isnard ne manque pas rappeler l’enjeu. “Pour recadrer les raisons de notre rencontre, nous sommes en campagne électorale, dit-il. C’est le moment du débat. La question c’est quelle métropole nous voulons. Jusqu’à présent c’était un métropole d’obstacles. Nous nous voulons une métropole d’accompagnement à nos projets et à nos ambitions qui sont les nôtres.”

Le nom du président sortant du Pays salonais circulait parmi les maires de petites communes comme le meilleur candidat. “J’ai des collègues qui ont eu la gentillesse de me solliciter, reconnaît Nicolas Isnard auprès de Marsactu. Ils m’ont surtout fait part de leur colère concernant l’évolution de la métropole que nous ne supportons plus. Modestement, je me fais le porte-voix de ce message. Ce n’est pas parce qu’elle est LR que je soutiens Martine Vassal. C’est parce que j’ai les réponses que je voulais”, affirme-t-il pour justifier son choix.

La droite se présente donc unie pour briguer la métropole face à trois autres candidatures déclarées du maire PCF de Martigues, Gaby Charroux, et du maire LREM de La Roque d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus et du sénateur RN Stéphane Ravier. Forte de ses soutiens, Martine Vassal espère prolonger son séjour dans le fauteuil de présidente, élue à la majorité absolue. À moins que le secret du vote ne réserve quelques surprises.

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Commentaires

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  1. MPB MPB

    Martine bouge encore…
    A se demander si le cocu du feuilleton n’est pas Bruno Gilles (à moi la maire de Marseille, à Martine la métropole voulait-il dealer).
    Va-t-elle profiter de sa puissance financière et de ce rapport de force pour imposer un cordon sanitaire autour du “Cuba” marseillais occupé depuis 5 jours par les “chars russes” ?!
    Elle en est capable vu sa hauteur d’åme…
    JTiens, je vais écouter “Martine boude” de Bashung. Voilà qui est plus heureux

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  2. leb leb

    La métropole de jossains et vassal, c’est une balkanisation du territoire où chaque édile conserve son pré carré, car ne l’oublions pas, en politique le plus important c’est le pouvoir, ausi minime soit-il. Quand la maire d’aix évoque une métropole aixoise, on se dit qu’avec des gens pareils on est vraiment pas sorti de l’auberge et qu’on en a encore pour quelques années de sclérose institutionelle.

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  3. Zumbi Zumbi

    Vassal est soutenue par Bernardini, soutenu par le PCF, contre son voisin Charroux, candidat PCF. À Marseille Bacchi se désiste pour Vassal au nom du “tout sauf le RN” tandis que son voisin Coppola tempête que “tout sauf le RN” ce n’est pas un programme pour la ville.
    Quand Marsactu pourra faire une vraie enquête fouillée sur ce qui se déchire et se combine au sein du PCF 13, on y verra — peut-être — plus clair. Entretemps certains membres du parti votent avec leurs pieds, discrètement, et l’effritement continue. Triste centenaire pour le plus grand parti ouvrier de l’histoire de France…

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  4. Massilia fai avans Massilia fai avans

    Jouassain Bernardin… Belle brochette de repris de justice pour soutenir celle qui a perdu dans un secteur imperdable pour LR. C’est moi ou il y a quelque chose qui ne va pas dans la démocratie des Bouches-du-Rhône

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  5. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Déléguer la compétence voirie à l’échelon territorial ou communal, c’est la garantie qu’aucune ambition en matière de transport collectif ne soit réalisée : un réseau de transport, ce n’est pas seulement un plan coloré sur un papier, mais d’abord des travaux de voirie pour le rendre efficace.

    Mais on avait déjà compris : la métropole est “trop pauvre” pour lancer quelque projet que ce soit en matière de mobilité collective. Créer des réseaux de bus ou de BHNS efficaces, ce n’est pas cher, mais on préfère renvoyer le fric aux communes.

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  6. Mistral Mistral

    A l’occasion des municipales nous avons élus les conseillers métropolitains sans que ceux-ci n’aient présenté de projet pour la Métropole.
    Si on veut que les électeurs retournent aux urnes il est urgent de rendre les élections plus démocratiques, en supprimant la loi PLM et en passant au suffrage universel pour l’élection des conseillers métropolitains, pour qu’enfin on puisse avoir un vrai projet métropolitain et non des négociations de soutiens des maires assorties de financement réservés aux communes.

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  7. Tachi Tachi

    L’équation budgétaire est posée et la solution ne serait pas favorable à la nouvelle équipe, pour dépasser la difficulté ne faut il pas que le soutien des Marseillais-ses s’exprime et se concrétise pour en changer les termes ?
    Quelles propositions du PM pour permettre cette expression et ce soutien ?

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  8. Richard Mouren Richard Mouren

    En fait, au nom de qui se présente Vassal? Qui représente-t-elle encore? Après avoir présidé cette assemblée en essayant de lui donner ses prérogatives, elle veut la présider en essayant de la vider de ses pouvoirs? Joissains, Isnard et Bernardini sont des adversaires de cette métropole et ne cherchent qu’à l’affaiblir. Ah, la souplesse de Vassal…..

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  9. PierreLP PierreLP

    Joissains, pour une Métropole au rabais, et Bernardini (sans commentaires) pour soutenir Vassal et ses affaires de procurations…quelle honte…

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