Logement, achat de l’hôpital Salvator : les dossiers chauds métropolitains du 16 mai

Actualité
Rédaction de Marsactu
16 Mai 2019 3

Ce jeudi après-midi, la métropole tient une nouvelle séance plénière. Même si Martine Vassal a repoussé le vote du très attendu programme local de l'habitat, le logement devrait tout de même faire débat. Marsactu décrypte les principaux points à l'ordre du jour.

Prestement, la présidente Martine Vassal a fait retirer de l’ordre du jour le programme local de l’habitat (PLH) dont les maires du Pays d’Aix ne veulent pas. Prévu à 13 h 30 ce jeudi, le conseil métropolitain se passera donc de ce pavé de mille pages qui doit orienter la politique intercommunale du logement pour les sept prochaines années. Celui-ci est pourtant particulièrement attendu sur la lutte contre l’habitat indigne et la construction de logements sociaux, objet de la colère de certains édiles qui ne veulent pas annoncer la construction de nouveaux HLM avant les municipales.

Mais cette absence du PLH ne devrait pas complètement écarter du conseil la question du logement. Dans La Marseillaise, qui a révélé le report de ce vote, l’élu d’opposition Marc Poggiale (PCF) a déjà marqué son désaccord : « Après le drame de la rue d’Aubagne il est d’une brûlante actualité car les attentes sont immenses et urgentes. » Martine Vassal devra donc sûrement s’exprimer pour la première fois sur un nouveau calendrier d’adoption de ce document structurant. Elle défendra aussi une soixantaine de rapports dont voici une sélection :

Copropriétés dégradées : 210 appartements à racheter

Une brique de plus dans la politique d’intervention dans les grandes copropriétés dégradées. La métropole missionne CDC Habitat social, filiale de la caisse des dépôts, pour racheter un à un des appartements dans six ensembles immobiliers où elle « ne dispose pas encore d’outils de maîtrise foncière et de gestion ». Autrement dit là où elle n’est pas en train d’en prendre le contrôle, via de longues procédures, comme pour deux bâtiments de Kallisté en vue d’une démolition. Il s’agit, dans l’ordre d’importance, des cités et résidences Corot (13e), Bellevue (3e), La Maurelette (15e), le Grand Mail (14e), Est marseillais (Pont-de-Vivaux, 10e) et La Mariélie (Berre). Un total de 210 logements sont visés.

Il s’agit de remplacer « des copropriétaires qui ne s’acquittent plus de leurs charges, que ce soit par manque de ressources pour certains copropriétaires occupants très modestes ou par choix de rentabilité pour d’autres » par un bailleur social, meilleur payeur. Et ainsi de renflouer, du moins en partie, les comptes des immeubles pour « réaliser des travaux de sécurité ».

La délibération précise que « les occupants des lots acquis seront aussi souvent que possible et en fonction de leur souhait maintenus dans les lieux à un loyer de niveau conventionné social ». Les appartements pourront parfois être confiés à d’autres bailleurs sociaux ou bien « remis sur le marché ».

Dans le centre-ville, rénover aussi les bureaux

“Marseille manque de bureaux pour accueillir des entreprises internationales”. Objet d’un récent décryptage de Marsactu, cette affirmation du président de la chambre de commerce et d’industrie Jean-Luc Chauvin est à nouveau en lumière avec une « stratégie métropolitaine de l’immobilier de bureau ». Le document de huit pages reprend l’idée d’un retard de 70 000 mètres carrés par an à combler afin d’« être plus visible sur les marchés nationaux et internationaux, plus attractif pour les investisseurs et les entreprises ».

Mais cette stratégie élaborée par les agences d’urbanisme pose surtout trois axes en forme d’alerte. D’une part, on a trop concentré sur deux zones – Euroméditerranée et le pôle d’activités d’Aix – nuisant à la diversité de l’offre, en terme de type mais aussi de tarifs. A contrario, les centres-villes ont vu « très peu d’opérations neuves » et la réhabilitation y « a été anecdotique ». Avec 30 % des bureaux « en situation d’obsolescence technique », le document plaide pour encourager ces réhabilitations.

Cette focale sur les centres-villes colle avec le dernier axe, celui de rapprocher les bureaux des transports en commun (actuellement seulement « 50 % de la production » est située « en zone de bonne desserte »). Ce qui n’empêche pas qu’« il est essentiel d’améliorer la desserte des espaces plus périphériques » comme les Paluds à Aubagne, l’aéroport et le pôle d’activités d’Aix (lire notre article sur les transports à la Duranne).

L’hôpital Salvator va devenir « un village santé »

Sommée de remettre ses finances à l’équilibre, l’Assistance publique – hôpitaux de Marseille a décidé de vendre une partie de ses bâtiments. L’hôpital Salvator est le premier concerné. La métropole s’apprête à y racheter 4000 mètres carrés de terrain pour implanter un « village santé qui regroupe sur un site unique des activités de recherche, d’incubation et d’accélération de start-ups de la santé et des biotechs pour créer un terreau fertile à l’innovation ». Le montant, qui sera fixé par un service spécialisé de l’État, n’est pour l’heure pas connu.

La métropole gèrera elle-même l’aire de gens du voyage de Saint-Menet

Marseille présente un fort déficit de places pour accueillir les gens du voyage et ne compte que deux aires. L’une située à Saint-Menet (12e) et l’autre à Mazargues, où vivent principalement des familles sédentarisées de longue date. Manque toujours une aire de grand passage que la mairie a toujours remise à plus tard. Ces équipements sont passés aux mains de la métropole à sa création en 2016. Jusqu’ici gérées par une société privée, Vago, via une délégation de service public, les deux aires d’accueil sont passées en régie publique le 1er avril dernier.

« Le contrat arrivant à terme le 30 mars 2019, la métropole a fait le choix d’une reprise en gestion directe de l’activité des deux aires au regard des aménagements à réaliser”, explique le rapport soumis au vote ce jeudi. Selon nos informations, pour le cas de Saint-Menet, malgré quelques travaux effectués entre 2017 et 2018, occasionnant une fermeture de plusieurs mois, d’importantes améliorations restent nécessaires pour remettre l’aire en état. La métropole a donc décidé de la reprendre en main directement le temps de réaliser des études et de mener des travaux. Cinq anciens salariés de Vago sont transférés au sein des effectifs de la métropole à cette occasion.

Une redevance juteuse pour le parking du cours d’Estienne-d’Orves

La construction du parking du cours d’Estienne d’Orves est remboursée et celui-ci va commencer à rapporter plus gros à la métropole. Pendant sept ans, le nouveau gestionnaire Indigo (qui remplace Q-Oark) ne devra y investir qu’1,5 million d’euros pour les travaux d’entretien et lui reversera une part bien plus importante des recettes. Il versera en effet 16,6 millions d’euros de redevances à la collectivité, soit environ 2,3 millions d’euros par an contre 15 000 auparavant. « Le soumissionnaire propose une redevance fixe importante (1,98 millions d’euros par an), nettement supérieure à la demande du cahier des charges et très attractive. La redevance variable est également très attractive car versée dès le premier euro », peut-on lire dans le rapport du conseil.

Une manne financière bienvenue mais qui mérite une nuance : la volonté de la métropole de baisser les tarifs dans les parkings du centre-ville aura indéniablement une conséquence sur ce montant. Les résidents ne paieront plus qu’un euro par jour, soit 365 euros par an, a annoncé la présidente Martine Vassal en mars dernier. Le parking du cours d’Estienne d’Orves sera le premier a appliquer ces tarifs, dès le mois de juillet. Actuellement, les abonnements s’élèvent à 170 euros par mois, soit 2040 euros par an.

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